Journées d'étude

 
 
L’inconscient au pied de la lettre chinoise
Le Samedi 12 Janvier 2019 (14:00 à 17:30) à Paris
A.L.I.
© Chun Kwang Young
Président de séance : Marc Darmon
Discutant : Luc Faucher
 
Didier De Brouwer : « D’un usage de la lettre qui ne soit pas à lire ».
Wenyi Xiang  : « L’équivoque à l’épreuve de la traduction - 何为授人 »
Thierry Florentin : « Là où le singulier écrase l’universel ».
Dan Xu : « Au bout de la langue ».
Charles Melman : Conclusion de l'après-midi

Que Lacan n’eût pas été lacanien s’il n’avait fait du chinois fait maintenant ritournelle. La théorie du signifiant doit autant à la linguistique qu’à l’écriture chinoise longtemps pratiquée par Lacan dans cette langue dite graphique (Léon Vandermersch) des lettrés. La lettre n’est cependant pas le signifiant, elle l’arrête, le localise dans un espace qui fait fi de la linéarité de la parole. Sans cette attache au réel d’une écriture c’est toute l’interprétation analytique du symptôme qui part à la dérive. Si une langue affirme par sa nature même qu’il y aura eu de l’écrit dans la parole au moment même de son surgissement c’est bien le Chinois. Faire parler l’Autre implique de le lire, non pas à travers UN Livre mais à travers ces signes proliférant d’un langage graphique dont le sens reste toujours à renouveler. On sent obscurément que chaque mot a valeur d’emblème ou de nom propre, suscite une identification possible. Le « un » de la lettre s’y trouve agent à part entière, libre d’une obédience trop dévote à la linéarité de la parole.

Comme la formule de « la propyle, propylène…acide propionique…triméthylamine » dans la découverte majeure de la Traumedeutung relevée par Lacan, de l’écrit surgit sur l’écran du rêve et c’est aux balbutiements de la parole d’y lire les linéaments du désir du rêveur.

Il reviendra à cet après-midi de travail de se pencher sur les Hanzi 漢字, pluriel d’une écriture presque aussi proliférante que ce réel qui nous déborde, en évitant un discours qui ne se soucierait que de la fascination esthétique ou poétique qu’ils ne manquent à juste titre de susciter, ou encore de les réduire à une irréductible et exotique différence culturelle. L’écriture chinoise intéresse la psychanalyse depuis ses premiers vagissements. À l’heure où la Chine éprouve un formidable appétit d’absorber toutes les découvertes fondamentales de l’Occident dont la psychanalyse, il est essentiel de se familiariser avec cette langue-pensée si étroitement construite dans sa continuelle interaction avec la logique graphique qu’elle s’est forgée, au point d’y être identifiée.


 
 
Lieu de l'évenement
A.L.I.
25 rue de Lille
75007 Paris (France)
 
 
 
Responsables
JESUINO Angela
 
 
 
Modalités d'inscription
 
 
 

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