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Psychoses. De quoi parlons-nous ?
Journée de L'Association Lacanienne Internationale Bretagne
à Brest
Auberge de jeunesse
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Illustration : Séraphine de Senlis, L’arbre de Paradis (détail),1928.

En 1894, Freud étudie « Les psychonévroses de défense » et constate que nos préoccupations cliniques tournent autour d’une « représentation » qui fait irruption dans notre vie et se dévoile comme inconciliable avec notre Moi. De quelle nature serait-elle, cette « représentation » ? De quoi s’agit-il quand il parle de cet affect pénible qui l’accompagne ? Le patient vise à s’en défendre et tente de pousser cette « chose » ailleurs, de la supprimer. Seulement, cela rate, en général, et conduit finalement à des réactions pathologiques : hystéries de conversion, névroses obsessionnelles et psychoses hallucinatoires. Ainsi nomme-t-il déjà l’existence de trois modalités de jouissance.

Si d’un côté le Moi tente de traiter cette « chose » comme « non arrivée », l’affect s’en libère et se fixe ailleurs en constituant des symptômes névrotiques hystériques ou obsessionnels grâce au refoulement. Si, par contre, le Moi forclot (« verwirft ») l’insupportable représentation attachée à son affect, et s’il n’y a donc pas cet espace tierce du clivage et de la séparation, tout se passe comme si la représentation n’avait jamais présenté de mouvement à l’adresse du Moi. Seulement dans ce moment, dans cette constellation particulière, la personne se trouve dans la psychose. Nous sommes en 1894 et Freud parle de la psychose en opposant le mécanisme de la « Verwerfung », traduit par « forclusion », à celui de la « Verdrängung », du refoulement.

Peu après, en 1903, Daniel Paul Schreber publie « Mémoires d’un névropathe », une écriture témoignant d’une clinique paranoïaque d’une extraordinaire finesse et justesse, comme jamais personne, ni avant ni après lui, n’a su en produire.

Cet écrit servira à Lacan dans sa lecture de la psychose, une lecture avec les trois étapes du signifiant, de la signification et du discours. La question des psychoses se pose dès lors dans un rapport entre le sujet et quelque chose qui touche au fonctionnement du langage et du discours.

Cependant, nos temps sont irréparablement postmodernes. Notre société en mutation, engloutie dans le numérique et caractérisée par une constante accélération, est marquée par le refus de toute contrainte et l’affaiblissement des autorités. Ses nouvelles formes de malaises psychiques ne témoignent plus nécessairement du refoulement et s’accompagnent d’une sorte « d’égalitarisation des jouissances ». Dans ce contexte, nous sommes contraints de requestionner nos lectures des psychoses. Peuvent-elles encore se nourrir des textes de Freud, de l’expérience de Schreber et d’une lecture lacanienne ?

Patricia Le Coat Kreissig


PROGRAMME

9:30 - Mot d’accueil du Président de l’Association Paul Bothorel

9:45 - Patricia Le Coat Kreissig : « Qui était le président Schreber ? »

10:15 - Lectures croisées de la première leçon du séminaire III « Les structures freudiennes des psychoses » de Jacques Lacan, sous forme d’une table-ronde sur le thème : « Dans cette écriture, qu’est-ce que, moi, j’entends ? ». Animée par Josiane Hejduk, avec la participation de Pierre-Christophe Cathelineau

Pause café

11:30 -  Viviane Le Pichon : Cas clinique de psychose chez l’enfant : « Je vois pas grand chose, mais j’entends plein d’trucs... ».

Repas sur place

14:30 - Marie Westphale : « La psychose : mémoire vive et regard sur l’avenir ».

15:15 - Michel Jeanvoine : « Quelques remarques sur l’actualité de la clinique des psychoses ».

 


 
 
Lieu de l'évenement
Auberge de jeunesse
5 Rue de Kerbriant
29200 Brest (France)
 
 
 
 
 
 
Modalités d'inscription
Tarif étudiant : 25 € (repas inclus)
Déjeuner inclus
Le chèque, libellé à l’ordre de "L’Association Lacanienne Internationale Bretagne », est à adresser à : Françoise Angelini 51 Goarem Dro 29000 Quimper Tél : 06 88 33 35 89 accompagné d’un mot indiquant votre nom, prénom, mail et numéro de téléphone.
 
 
 

Espace personnel