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Freud, un indispensable étranger. Still lost in translation 1

SCHOTTE Jean-Claude
Date publication : 08/04/2016
Dossier : Parutions des membres chez d'autres éditeurs

 

Méditations, cartésiennes et anticartésiennes. Still lost in translation 2
L’Œdipe de Freud n’a pas convaincu les hellénistes, même s’il reste pertinent pour les cliniciens psychanalystes, par-delà toutes les critiques plus ou moins légitimes. Comment expliquer que Freud n’ait pas pu lire ce qui crève pourtant les yeux dans l’Œdipe tyran de Sophocle, traversé de part en part par la question du pouvoir que des mortels se disputent et partagent dans la cité ?
Pour répondre à cette question, ce livre, le volume 2 d’une série inti- tulée Still lost in translation, se propose d’examiner la position paradoxale que Freud occupe par rapport à l’héritage cartésien. En cherchant à établir des évidences apodictiques, Descartes initie une seconde vague de la modernité, en nette rupture par rapport à la première, humaniste. En délimitant le con- tour de nouvelles disciplines chargées d’étudier les substances cogitante et étendue, il rejette la tradition aristotélicienne, et il écarte la praxis des mortels vivant dans la cité de ses réflexions sur l’homme. Freud n’est pas Descartes, bien sûr. Les phénomènes qui l’intéressent, sont grevés d’une incertitude con- tradictoire qui peut virer à la folie. Son sujet clivé, habité par plusieurs vo- lontés irrémédiablement en conflit, est une des figures majeures de la pensée anthropologique récente. Mais cela n’empêche pas que Freud se trouve en un rapport de contre-dépendance à l’égard du même Descartes. Il le contredit, sans toutefois réintroduire ce que le philosophe a évacué : la question du pouvoir à (re)distribuer, celle qui occupe justement la pensée antique.
Le présent livre se termine par quelques réflexions d’ordre métho- dologique et épistémologique, juste ce qu’il faut pour faire comprendre à partir d’où l’auteur du présent livre parle, l’anthropologie clinique de Jean Gagnepain.
Prix : 16,99 euros
ISBN 9782322036097
D’un Œdipe à l’autre, de Freud à Sophocle. Still lost in translation 3
Œdipe roi ? Non, Œdipe tyran. Expliquer cela, voilà le but du volume 3 de Still lost in translation, le dialogue critique d’un clinicien avec l’œuvre de
Freud.
La pièce de Sophocle est célèbre, grâce à Freud notamment, qui l’a pourtant mal lue selon les hellénistes. Et ils ont raison. L’Œdipe de Sophocle est un héros légendaire, réactualisé dans le contexte d’une fiction dionysiaque représentée dans la cité démocratique. « Tyrannos » au sens historique du mot, il est investi d’un pouvoir d’exception dont il n’a pas hérité, qui lui est prêté par le peuple au nom des services qu’il rend à leur cité en danger de mort. En s’appuyant sur son savoir, il joue son rôle dans un système d’obliga- tions et compte transmettre son pouvoir. Et il devrait en tant que tel intéress- er non seulement l’helléniste mais aussi le sociologue clinicien qui essaiera de comprendre à la manière de Jean Gagnepain, par le biais des psychoses, non pas l’institution de l’alliance qu’éclairent les perversions, mais celle du métier.
Par ailleurs, ce héros ne manque pas de construire une identité sex- uelle par principe incomplète, transformée par une défaillance. Il est capable de renoncer à une part de plaisir sexuel, incestueux. Sa vérité est du côté de la mort, pas du sexe. Et elle est tragique. Œdipe rétablit la justice exigée par Apollon, mais il se perd, malgré lui, et tout autant à cause de lui-même, in- sensible à la mesure d’autrui jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Il réalise l’inceste et le parricide qu’il a voulu éviter. Et il paie cher sa poursuite passionnelle et méthodique de la vérité qui apparaît enfin, catastrophique. L’« hybris », es- time le chœur, engendre le « tyrannos ». Voilà de quoi intéresser à l’avenir un autre clinicien, l’axiologue, qui veut comprendre, par le biais des névroses et des psychopathies, comment tout plaisir et déplaisir s’humanisent.
Prix : 26,99 euros
ISBN 9782322043224

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