La bonne année

MELMAN Charles
Date publication : 06/01/2022

 

La bonne année

Quarante ans après il apparaît clairement que ceux qui prirent Lacan pour référent n’ont pas mieux réussi que lui à faire valoir la mutation culturelle décisive impliquée par son enseignement.

De la sorte cette mutation se produit sur le mode sauvage et sous nos yeux clignotants déroule les conséquences d’un rapport au signifiant qui, libéré de la tutelle paternelle, fait du sujet l’aboyeur d’un impératif absolu qui ne signifie rien que cet impératif même. Je gueule donc je suis.

Il est inévitable que dans ce contexte le savoir n’ait plus sa place et que, en guise d’Autre, une opinion publique à géométrie variable soit l’émettrice des messages incohérents qui se proposent en guise de sagesse.

Cet état a un nom : il s’appelle barbarie c’est-à-dire un usage du verbe réservé, pour la gloire du narcissisme, à l’annulation du semblable si tant est que la dimension même n’en ait pas disparu.

Les psychanalystes sont-ils convoqués dans cette affaire ?

Certes pas par les médias rendus pathétiques par leur invocation de termes tels, fondateurs, ceux de liberté, égalité, fraternité dont le sens leur échappe. Mais il semble que, malgré cet ostracisme, le divan n’ait jamais été aussi demandé.

L’année à venir permettra de voir si le compte rendu du nouvel état psychique, que nous annoncions il y a 20 ans est au rendez-vous.

Charles Melman
Le 06 janvier 2022

P.S. Il y a longtemps déjà que Lacan a pu dire que l’Œdipe ne tiendrait pas toujours le haut de l’affiche.

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