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Hommage de Michel Jeanvoine

Date publication : 17/09/2020

 

Ce dimanche 13 septembre 2020, par un beau soleil, s’éteignait doucement notre ami et collègue, le Dr Jean GARRABE. Celui-ci, avec quelques autres, avait participé à la fondation du « Collège de Psychiatrie » en 2004 et assumé son engagement de façon indéfectible et constante, non seulement en consentant, pendant toutes ces années, à le présider, mais surtout en y poursuivant son travail sur la clinique psychiatrique et son histoire. Manifestement il y trouvait les conditions indispensables à son travail.

Il était le témoin vivant, non seulement au niveau national mais pour les collègues étrangers, d’une psychiatrie vivante et humaniste, de tradition française. Il en contait l’histoire, une histoire. Et sa curiosité naturelle était au service d’une multitude d’anecdotes précieuses qu’il aimait faire partager.

Mais au-delà de son érudition qui faisait de lui un des derniers maîtres de notre discipline, je voudrais évoquer – et je pense que ceci est partagé par mes collègues – son style, homogène à ce qu’il défendait par ailleurs. En effet il insistait toujours sur ce point essentiel, qu’il mentionnait dans ses derniers travaux, que les idées, voire la clinique même, s’inventent dans un champ relationnel, dans un contexte qui a sa spécificité et qui participent de cette invention. Il prenait souvent comme exemple le travail de J. Lacan et aurait aimé, s’il en avait eu la possibilité, examiner plus attentivement le moment de sa participation à L'Évolution Psychiatrique pour montrer comment les avancées de J. Lacan, pendant ce temps, ne trouvent leur véritable statut que dans le jeu d’une interaction avec d’autres collègues, dans l’accord ou le discord. Qu’importe ! Les idées ne descendent pas du ciel et ne sont que le produit d’une rencontre, toujours manquée comme les vraies rencontres. Son style venait témoigner, tranquillement, de cette conception du travail qui signe, d’ailleurs, une des caractéristiques du travail au Collège.  

Vous allez certainement nous manquer, cher Jean, mais nous allons poursuivre ce travail de la clinique, avec vous, d’une certaine manière, avec ce que vous aurez su nous transmettre dans ces multiples « rencontres ».  

                                                Michel JEANVOINE            

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