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LE COLLÈGE DE L'ALI

LANDMAN Claude
Date publication : 12/06/2020
Dossier : Le collège de l'ALI

 

Le Collège pour les psychanalystes en formation, créé en 2001 à l’initiative de Charles Melman, est un lieu original d’enseignement de la psychanalyse qui complète le travail acquis par chacun au cours de sa cure. Il est ouvert, sans aucune exclusive, à tous ceux qui en font la demande motivée par écrit auprès du secrétariat.
Parmi les quelques centaines d’élèves qui ont participé activement au Collège depuis sa mise en place, nombre d’entre eux, pas tous membres de l’ALI, pratiquent aujourd’hui la psychanalyse à Paris et en province. Plusieurs de ces jeunes collègues ont fait part sur le site de l’ALI de ce que leur a apporté cette expérience.
Le Collège, mais dans quel but ?
Offrir la possibilité à ceux qui le souhaitent de s’initier à la lecture, et au plaisir qu’elle procure, des textes fondamentaux de notre discipline, ceux de Lacan en particulier. Les élèves se retrouveront pendant deux ans, chaque lundi de la semaine afin de travailler au déchiffrage et au commentaire d’un texte choisi à l’avance.
Le Collège, sous quelle forme ? 
La lecture de chaque leçon du séminaire de Lacan se fait en petits groupes (8 à 10 personnes au maximum), sous la responsabilité d’un analyste membre de l’ALI. En alternance, la semaine suivante, un analyste ayant l’expérience de l’enseignement de la psychanalyse reprend la leçon étudiée dans un groupe élargi (30 personnes maximum).
Dans le cadre de cette pratique de la lecture, les élèves participeront régulièrement à des présentations cliniques dans les différents lieux hospitaliers où elles se pratiquent.
 
C’est le séminaire L’Angoisse que le Collège des psychanalystes en formation de l’ALI met à l’étude pour sa session 2020-2022.
 
L'Angoisse (1962–1963) marque un temps d'exceptionnelle fécondité dans l'enseignement de Lacan, et de la psychanalyse tout court :
 
- par son programme d’abord : c'est ici l'affect que Lacan interroge, et le plus remarquable d'entre eux, celui qui atteste de la prise de l'animal humain dans le langage et le désir de l'Autre. À partir d'une relecture de l'Unheimlich de Freud sont précisés tout au long de ce séminaire les éléments d'une topologie de notre rapport au réel : l'espace n'est pas ce que suggère une illusion de maîtrise du champ visuel, mais beaucoup plus radicalement ce que structurent la castration (le phallus), et l'incidence de l'objet ici isolé sous le terme d'objet a, dont l'angoisse justement donne l'indice et le signal.
 
C'est aussi pour Lacan le moment d'une référence attentive et critique aux philosophies de l'existence (chez Kierkegaard, Heidegger, Sartre notamment).
 
- séminaire exceptionnel par son contexte aussi : l'angoisse vient juste après L’'identification, c’est-à-dire la mise en place du trait unaire, et la série des grands séminaires restituant pas à pas toute sa portée à l'œuvre de Freud. Et il précède juste un important changement de lieu et d'adresse de Lacan l'année suivante, devant un public élargi, à l'École Normale Supérieure. 
C'est aussi l'année où Lacan, marchandé et trahi par de proches élèves, sera exclu de l'IPA. Ironie sans doute que ce soit au moment même où il isolait l'objet dont la psychanalyse a à répondre, qu'il ait été purement et simplement mis à l’index par ses instances officielles.

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