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Hubris interruptus Post scriptum

BON Norbert
Date publication : 30/03/2020

 

Hubris interruptus Post scriptum
Norbert Bon
Plusieurs m’ont fait remarquer que dans ma précédente livraison l’affirmation que le covid 19 frappait tous sans distinction de classe, de sexe ou d’âge n’était pas exacte. Si ! Elle l’est théoriquement mais, comme l’écrit Jules Renard quelque part dans son journal 1 : « Les hommes naissent égaux . Dès le lendemain ils ne le sont plus ! ». Le virus frappe aveuglément mais il est certain que le risque d’y être exposé n’est pas le même selon que l’on est « au front » comme les soignants ou à « l’arrière » comme ... les autres. Et qu’il vaut mieux être jeune et en bonne santé que vieux et malade. (Quoique ! Une jeune fille de 16 ans, a priori sans risque particulier est morte récemment...) Et que l’on est plus à l’abri si l’on a pu se retirer dans sa maison de campagne que dans la promiscuité d’habitats vétustes ou d’un camp de réfugiés... Comme le chantait autrefois Christine Sèvres, ou Jean Arnulf : « Moi j’dis qu’l’hiver à pas l’même goût/ A Megève ou sous l’pont de Saint Cloud. » (Quoique ! Les anticipateurs précoces qui se sont précipités dans leur résidence secondaire des îles de l’Atlantique, où les commerces sont fermés hors période estivale, la plage interdite et les trafics maritimes restreints, sont sans doute bien malheureux...). Et que dire à ces « affranchis », comme les nomme Thierry Roth3, ces addictés et leurs livreurs, fort embarrassés aujourd’hui que la crise est venue : « Eh bien, pensez maintenant ! » ? 
Et j’en dirais et j’en dirais de natura hominis4 mais c’est un autre chapitre...

 


1 Jules Renard, 1887-1919, Journal, Pléiade/Gallimard, 1965.
2 « Points de vue », Paroles, Martine Merri, Musique Jean Arnulf, Polydor, 1963,
3 Thierry Roth, 2020, Les affranchis. Addictions et clinique contemporaine, érès.
4 Nemesios, vers 400, De la nature de l’homme, Hachette, 1844.

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