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Joyeux (se) Noël (le)

MELMAN Charles
Date publication : 16/12/2019

 

Joyeux (se) Noël (le)

Une prof. de psycho me faisait remarquer qu’il y avait aujourd’hui deux sortes d’enfants : ceux que leurs parents névrosés trouvaient surdoués, et ceux à la traîne parce que, disaient toujours les parents, ils avaient été victimes d’attouchements sexuels. 
Belle division et qui a le mérite de situer le problème : ou bien tu préfères l’écran au sexe et tu es super, ou bien tu sexualises, en victime bien sûr, et tu ne vaux rien, pauvre loque.
Je prends moi aussi le risque de l’excès en disant que l’expurgation actuelle du sexe dans la culture vise l’élimination du dernier carré résistant au maître, l’impossible, opposé au totalitarisme spécifique de l’économie de marché. A celui qui était auparavant politique, elle substitue l’addiction à l’objet, manifestation supposée invisible et indolore de la dépendance, absolue toutefois puisque exempte de rébellion ou à peu près : les écologistes n’arrivent pas encore à faire le poids. 
Le sexe était le dernier abri d’une subjectivité rendue ferme par l’autonomie du désir et le caprice de ses choix : le voilà rendu archaïque, une histoire à la papa, pas progressiste pour un sou. 
Penchée avec bienveillance sur la ville, l’image géante de la mère toute puissante berce entre ses bras l’objet salvateur dont elle illumine les métamorphoses prête à répondre à toutes les demandes, pourquoi pas un enfant à l’occasion et pour lui, joyeux Noël !, la nouvelle poupée Barbie de sexe neutre, ni de l’un ni de d’autre. De qui alors ? Réponse : du Un uniforme. Ça vous rappelle quelque chose ?  
 
Charles Melman
14 décembre 2019

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