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La cause antipsychanalytique

Charles MELMAN
Date publication : 31/10/2019

 

La cause antipsychanalytique

 

Une tribune publiée par quelques magazines attaque violemment la psychanalyse. Non scientifique son enseignement devrait être interdit à l’Université, signe une brochette de Professeurs, de quidams, de psychologues, d’ex-psychanalystes enfin guéris, etc. Une militante passionnée – «  il faut que ça cesse ! »  écrit-elle – est à l’origine de cette campagne qu’elle a commencée il y a plusieurs années à propos des enfants autistes et qu’elle voit récompensée par sa nomination au grade de chevalier de la légion d’Honneur.

On ne peut pas dire que ce manifeste apporte quelque chose de neuf par rapport à ce qui s’est régulièrement manifesté depuis la Vienne impériale et on pourrait se féliciter que la discipline fasse toujours scandale dans une société fondamentalement bourgeoise, le boboïsme en étant la dernière version.

Il y a pourtant dans ce texte un style qui, lui, parle de notre époque. Au nom de la science, une collection d’injures faite pour sortir de la scène ceux qui contrarient votre entreprise. Trump est le grand maître de cette technique, fondée sur le culot de l’utilisateur, au mépris de l’intelligence de l’auditeur et de la vérité des faits, mais qui marche. Venue des U.S. elle fait comme d’habitude des émules dans notre bien fragile pays.

Si nous devions interroger les signataires de ce libelle nous leur poserions une seule question : un seul d’entre eux peut-il démontrer que sa pratique relève de la science ? Voilà au moins un débat qui n’abêtirait pas l’auditoire ni ne perturberait les cabinets ministériels.

Charles Melman

30 octobre 2019 

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