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Le familicide

Nazir HAMAD
Date publication : 09/10/2019

 

Le familicide

 

Nous ne dénonçons jamais assez les nombreux meurtres de femmes qui ont lieu régulièrement en France, 75 meurtres depuis le mois de janvier, et à travers le monde. Ces meurtres sont souvent passionnels et c’est pour cela que cet acte prend un caractère particulier en relation avec les éléments culturels qui varient d’un pays à l’autre. Il y a des cultures où ce meurtre est considéré comme une réaction ultime pour sauver l’honneur d’un homme. En France, on a connu des époques où la justice était moins sévère avec l’homme quand le meurtre  qu’il avait commis était jugé passionnel. 

Si on s ‘arrête sur un plan purement statistique, nous comptons en France depuis de le depuis de l’année 2019, 75 femmes tuées par un conjoint, une quinzaine d’hommes et un enfant tué tous les cinq jours. Ces chiffres tendent à baisser d’une année à l’autre : Le chiffre est tombé de 121 femmes en 2013 à 109 en 2017, de 24 à 16 pour les hommes tandis que le nombre d’enfants reste plus ou moins constant atteignant le chiffre de 72 victimes par an.

On ne dénonce jamais assez ces meurtres, ai-je dit au début de cet article. Le meurtre est un meurtre et on n’a pas à dénoncer un meurtrier homme plus qu’une meurtrière femme, sans oublier bien évidemment que les victimes sont plus souvent femmes ou enfants. 

Dans ces meurtres, il y a une catégorie  oubliée : le familicide. Citons à titre d’exemple la violence conjugale, l’instabilité des couples qui fait que des enfants voient leurs parents se séparer à plusieurs reprises. Des enfants entrent dans leurs vies et puis disparaissent au bout de quelque temps sans que personne ne prenne en compte la valeur de l’attachement que ces enfants ont aux autres adultes et aux autres enfants disparus aussi soudainement qu’ils étaient apparus. Les mères seules, les pères seuls, ou encore les couples qui travaillent partant tôt et rentrant tard font que les enfants sont souvent pris en charge par une multitude de personnes comme les nourrices, les baby-sitters.  Ces personnes changent souvent et qui fragilisent de ce fait le lien affectif que l’enfant noue normalement avec son entourage. Enfin, plus la sexualité se détache du désir d’enfant plus on a recours à un donneur homme ou femme pour fabriquer un enfant. Il y a des hommes et des femmes qui choisissent d’avoir une sexualité stérile dans la mesure où elle se pratique avec un partenaire  du même sexe, et qui  ne renoncent pas pour autant à l’enfant. Le droit à l’enfant devient un droit légalement reconnu. 

Personne n’a à rendre compte de sa préférence sexuelle pourvu que sa vie intime se vive en accord avec un partenaire consentant. La vie intime de quelqu’un n’est pas une cause publique à défendre ou un mal à dénoncer. Une vie intime se respecte  et personne n’a à s’en mêler sous un prétexte ou un autre. La violence homophobe exercée par des spectateurs déchainés lors des épreuves sportives comme dans les rues nous révèle l’ampleur de la bêtise que les hommes sont capables de manifester.

L’autre figure de cette même bêtise est la façon dont chacun se laisse porter par un discours. Le cinéma, la télévision, la publicités, les couvertures des magazines et les photographies des journaux nous abreuvent d’images et des scènes homosexuelles jusqu’à la saoule. C’est l’époque dit on et c’est mode, bref, ça rapporte. Mais il y a encore des pratiques qui nous paraissent plus dangereuse. Voici des petits exemples que notre clinique avec les enfants nous permet d’examiner. Une mère fière de ce qu’elle fait, achète à son fils de deux ans, une poussette rose avec une poupée que l’enfant materne conseillé par sa mère. Une autre a décidé que son fils sera homosexuel parce qu’il aime dessiner des femmes qu’il habille comme des princesses. Elle sait que son fils allait devenir styliste et comme c’est évidemment clair pour elle, les stylistes sont homosexuels. 

Ce n’est pas nécessaire de multiplier les exemples pour convaincre, en tout cas, des nos jours il y en a beaucoup. Ces femmes se présentaient comme tolérantes et respectueuses de la sensibilité de leurs enfants et n’hésitaient pas à les pousser à devenir homosexuels. C’est vrai aussi pour les filles. Des femmes comme des hommes d’ailleurs, se laissent porter par les discours de tolérance à l’égard des homosexuels au point de devenir les agents de ce discours dans l’éducation de leurs enfants. Chacun à sa manière, fait du discours social le modèle selon lequel il éduque ses enfants. Le discours social porte certes, mais comme une vague.  On ne sait pas vers quelle terre cela nous mène.

J’ai rencontré des pères qui étaient tellement jaloux des autres hommes au point de pousser leurs jeunes filles à opérer des choix homosexuels. Il y en a qui ont manifesté leur satisfaction quand ils ont appris que leur fille avait une petite copine. Ils n’étaient pas incestueux certes, mais s’ils s’excluaient  en tant que partenaire sexuel de leur fille, ils excluaient aussi tous les autres hommes.

Charles Melman a parlé de féminicide commis par des femmes, mais quand on analyse les nombreux éléments cliniques qui sont à notre disposition, comme à la disposition de nombreux cliniciens, on peut dire que homme et femme s’acharnent parfois contre les références sexuelles au point de devenir des feminicides ou des masculinicides, et en dernière analyse des familicides. 

                                                           Nazir Hamad

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