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Le mal de Lacan

Charles MELMAN
Date publication : 08/10/2019

 

Le mal de Lacan

 

Chacun a mal à un endroit différent, c’est bien ce qui nous distingue les uns des autres. Lacan, par exemple, avait mal à son semblable. C’est une localisation  essentielle puisqu’elle commande votre dire, châtré par ce qu’il consent à entendre, et faute de quoi vous passez pour fou. Aussi a-t-il usé un temps à essayer de former des semblables disposés à partager avec lui un dire inédit, complètement.

D’où parlait-il en effet ? D’un lieu évidé, bien sûr, des diverses instances et conneries dont on le charge habituellement pour se protéger contre l’angoisse. Sa justification dès lors ne pouvait tenir qu’à l’organisation logique de son dit, afin de donner accès au réel vide dont on voudra faire une origine, puisque nous en cherchons toujours une. 

Mais j’exagère. Il avait d’abord mal à lui-même, à l’imbécillité de ce qui vient de l’inconscient, ce machin qui ignore le Un, mais s’il arrive à l’imaginer en fait un dieu. C’est ainsi qu’avec la lettre on arrivera à faire Un livre, avec le numérique on jouera du 0 au 1, avec le quantique on les empilera, etc.

Où est-ce que je veux en venir ? L’égoïsme étant volontiers prévalant, sans doute au fait de savoir si moi-même je fais Un ? Pourtant je connais la réponse : pas plus ni mieux que Lacan.

Charles Melman
3 octobre 2019

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