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Morticoles et marginaux

MELMAN Charles
Date publication : 12/04/2019

 

Morticoles et marginaux 

La question que l’on posait autrefois était de savoir quelle formation était la moins mauvaise pour devenir psychanalyste : médicale ou philosophique ?

La  médicale était jugée fallacieuse du fait de substituer l’observation à l’écoute et surtout de positiver le phallus pris pour gardien de la vie et non pas, une fois négativé, du désir.

La philosophie s’égarait du fait d’être guidée par le sens qui, aurait-il été le bon, négligeait trop le non-sens, fondateur de notre humanité.

Quant au médecin lettré, celui capable de retenir la primauté du signifiant sur le signe, il y a belle lurette qu’il avait disparu.

Restait le linguiste, genevois ou américain, qui à peu près jamais, ne prit la peine, tel Jakobson, de citer Lacan ou d’engager une discussion publique.

Alors quoi ? Sinon la déformation du névrosé par ses petits malheurs qui pourrait mener loin si la névrose précisément ne l’en empêchait. Ce qui définit le névrosé c’est la subjectivité malheureuse : le maître empêche le pauvre chéri de désirer comme il voudrait. Alibi pour se vivre comme le Un magnifique qu’il aurait pu être si le Un au pouvoir ne bridait un potentiel qui jamais n’aurait vu le jour.

La formation psychanalytique a toujours été, comme celle de l’Église, grande pourvoyeuse de marginaux. Façon de privilégier l’anal sur la lyse, césure médiocre et facile à faire, ce qui ne l’empêche pas d’être vraie.

Ch. Melman (10/04/2019)

 

 

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