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La victoire est-elle promise aux imbéciles ?

MELMAN Charles
Date publication : 08/04/2019

 

La victoire est-elle promise aux imbéciles ?

 Vous savez ce qu’est un imbécile. C’est celui qui ne sait pas compter jusqu’à 1. Il y en a forcément beaucoup puisqu’il suffit d’occuper le champ de l’Autre pour être mangé par un système qui est à l’égal des nombres réels, compris donc entre 0 et 1 sans pouvoir atteindre les limites et donc rester ignare sur ce qu’est le 1. Ce qui permet de réclamer à cris et battements héroïques de la poitrine le 1 autre, celui qui fonderait enfin la société des frères. Ce dispositif mental existe depuis toujours et n’a cessé d’échouer, ce qui ne l’empêche pas de persévérer. Car on aime la dramaturgie de la révolte, qui serait définitivement comique si elle ne faisait couler le sang ou n’envoyait au goulag et à la déprime les valeureux. La contestation est toujours sœur de toute affirmation et il ne suffit pas que celle-ci soit conne pour que la contestation le soit moins. Facilement même elle se donne la pose, puisqu’elle est contestataire, puisqu’elle ne vaut rien, pas plus que les gueules ouvertes pour la faire sonner.

Heureusement les psychanalystes sont à l’abri de ces méprises et jamais n’endosseraient ce scénario grotesque, sauf évidemment s’ils sont à la périphérie de Freud ou de Lacan. C’est vrai, il y a tout de même la tentation de se faire reconnaître comme 1 contestataire alors qu’être un élève, c’est plus calé, il faut travailler au lieu de se mailer. Ou bien aller chercher de la bouillie ailleurs.

Alors sont-ce les maileurs qui gagneront ? Car il arrive que les meilleurs, pour notre malheur, soient discrets. Il est vrai qu’ils ne sont pas poussés comme moi – fondateur paraît-il – à faire des brasses au fond de la fosse. 

Et quand, sali, j’émerge, c’est pour entendre : « Pas de pensée unique ! » par celui même qui se veut l’unique, faute de savoir ce que au-moins-un veut dire.

Charles Melman

3 avril 2019

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