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LACAN ET LA GENS DOUBLE

MELMAN Charles
Date publication : 01/02/2019

 

Lacan et la gens double

 
Lacan avait sur les juifs un de ces jugements que l’on dit complexes, comme le sont ceux qui oscillent entre la saisie du semblant ou du réel.
 
C’est ainsi qu’il regrettait de n’être pas né juif, dans ce peuple dont la fatalité est d’être lettré, puisque c’est de la lettre qu’il passe son temps à célébrer le culte.
 
Il pensait ensuite que dans la société civile, le juif est conduit à fonctionner comme un agent double, au service secret de son Dieu quand on le croit à celui, public, de la Cité.
Ça a commencé très tôt, avec Joseph, puis Moïse, Esther ensuite, etc.
 
Dans la cure freudienne ce serait la mise en ordre avec cette instance paternelle dans l’Autre et la bienveillance supposée de ses interprétations qui, à terme, donneraient un plein accès à la jouissance, sexuelle nommément. D’où l’impasse qu’il y a vouloir s’y arrêter, notera Lacan, quand c’est elle qui avec l’impossibilité du rapport fait le symptôme. Autrement dit la fin de cure freudienne serait le retour au point de départ de ce qui a causé la névrose, mais maintenant accepté, avec ce qu’il y a de mal foutu dans la sexualité, enfin exhibé.
 
Si l’histoire du mouvement analytique est peuplée de figures d’agents doubles c’est sans doute à cause de cette tentative de sauver le Père qui serait dans l’Autre en montrant qu’il ne manque pas de moyens ou de recettes, de trucs quoi, pour réparer la castration, et nous endormir.
 
Ch. Melman
30 janvier 2019

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