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Le désir et son interprétation (1958-1959)

LANDMAN Claude
Date publication : 20/07/2018

 

Nous aurons la chance, dans le cadre du Collège, d’étudier et de commenter pour les deux années à venir ce grand séminaire de Lacan qui retentit comme un véritable coup de tonnerre dans le milieu analytique à l’époque où il fut prononcé.

Pourquoi ? Dans la mesure où il est entièrement consacré à ce qui fonderait une pratique proprement lacanienne de la direction de la cure, en tant qu’elle repose sur une conception absolument inédite et subversive de l’interprétation psychanalytique. Cette dernière n’est plus en effet à situer, pour Lacan, en référence à ce qui, dans le transfert, se manifesterait d’une relation à l’objet qu’il s’agirait de normaliser dans la réalité en fonction du préjugé d’un amour génital idéalisé, mais à partir du lien de cohérence interne, de la véritable connexion que l’interprétation entretient avec la place du désir, c’est-à-dire là où un sujet, tel qu’il s’inscrit dans l’articulation de la chaîne signifiante, est susceptible de se faire entendre.

Il convient donc, dans l’interprétation lacanienne, de s’en tenir strictement à ce que dit le sujet, aux signifiants qu’il articule. L’exemple paradigmatique d’une telle interprétation serait ainsi : « Je ne vous le fais pas dire. »

Lacan, tout au long du séminaire, prendra appui, pour déplier le lien organique qui existe entre le désir et son interprétation, sur une figure topologique qu’il a introduite lors de son séminaire précédent. Il la reprend en en détaillant la construction : le graphe. Dans le texte des Écrits, datant de 1960 et qui est issu du travail du séminaire étudié : Subversion du sujet et dialectique du désir dans l’inconscient freudien, cette figure topologique sera nommée précisément le graphe du désir.

Le support que constitue le graphe permettra à Lacan d’appliquer la problématique du désir et de son interprétation, en partant d’exemples précis, à la structure du rêve, aux symptômes tels qu’ils se présentent dans les différentes structures cliniques et en particulier dans la névrose et la perversion, ainsi qu’à la sublimation.

Le graphe l’autorisera également à nous donner une analyse du personnage d’Hamlet distincte de celles de Freud et de Jones trop exclusivement orientées par la référence à l’Œdipe. Pour Lacan, Hamlet incarne la tragédie du désir, l’égarement de l’homme moderne dans son rapport au désir tel que Shakespeare l’a anticipé.

Enfin, nous aurons à nous interroger sur la question des rapports du désir à la politique, puisque Lacan ira jusqu’à formuler cette proposition qui méritera de nous arrêter : Il n’y a pas d’autre Malaise dans la culture que le malaise du désir.

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