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Ami ou élève ?

MELMAN Charles
Date publication : 02/07/2018

 

La dédicace des « Écrits » que m’envoya Lacan en son temps me qualifiait « son ami ».

Je protestai lourdement, estimant qu’au vague de l’amitié j’eusse préféré le statut ferme d’élève.

Mais où trouve-t-on la définition de ce que serait un élève dans le champ de notre discipline ?

On peut certes à ce titre répéter indéfiniment l’enseignement du maître, cela ne garantit en rien l’application de ce qui est enseigné.

On peut aussi, c’est fréquent, divisé par des signifiants tenus pour maîtres, prendre le statut d’opposant : une façon de rendre la liquidation du transfert impossible, d’être un non-élève en quelque sorte, élève tout de même mais négativé, à perpétuité.

Avançons que l’élève serait celui qui, une fois reconnue dans l’Autre l’absence que venait pallier l’objet de son fantasme, en ferait le domicile d’une subjectivation nouvelle soucieuse de tenter de résoudre, s’il se peut, le symptôme qui fait le malaise dans la culture.

Pour Lacan c’était donc l’absence du rapport sexuel, sa conceptualisation elle-même étant agencée par ce projet.

Je n’ai malheureusement jamais rencontré un autre projet, et qu’on aurait dit meilleur, ni une conceptualisation qui eut été différente parce qu’elle lui aurait été adaptée.

En revanche j’ai parfois vu pour fin de cure une légitimation de la névrose, affranchie d’avoir expérimenté le silence de l’Autre.

Ch. Melman - 20 juin 2018

AMIGO OU ALUNO? - ΦΊΛΟΣ Ή ΜΑΘΗΤΉΣ; - FREUND ODER SCHÜLER ?

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