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Témoignages d'anciens élèves du Collège

COLLECTIF
Date publication : 04/06/2018
Dossier : Le collège de l'ALI

 

Comme je cherchais depuis longtemps un tel lieu de formation, ce fut à l’époque l’intuition d’une chance que de pouvoir rejoindre le Collège pour les psychanalystes en formation à l’association freudienne - bientôt lacanienne -internationale. J’avais dû pour cela survivre aux concours médicaux des examens obtenus par le remplissage de la bonne case. J’avais dû attendre la fin d’une formation d’internat en psychiatrie pauvre mais néanmoins accaparante. J’avais dû traverser la désillusion du rêve d’une psychiatrie s’appuyant sur la psychanalyse. Quand enfin je découvris l’existence du collège, c’était en plein milieu de son premier cycle de deux ans déjà entamé et encore une année il me fallut attendre. Et puis j’y accédais. Que dire de la richesse du guidage par le choix de ce fantastique programme de lecture de grands textes psychanalytiques qui me permettait de tailler ma route dans une masse aussi impressionnante qu’apparemment infranchissable ? Que dire de cet encouragement à une mise au travail sans cela si inhibée ? Que dire de mon admiration des lecteurs engagés qui nous tiraient en avant comme élèves ? Que dire du groupe que Rebecca Majster si habilement animait soutenant les premiers pas d’une parole analytique hors divan encore si difficile à articuler ? Que dire de cette poussée hors de la solitude du lecteur, grâce aux liens établis avec les quelques autres tissant ici ensemble ce travail de recherche ? Dire que les faits ont bien dépassé ma demande dans la rencontre de chacun au travail en ce lieu. Dire qu’au delà de l’expérience de ma propre cure analytique, cette autre formation m’a fondé et m’a permis de devenir analyste. Dire comment elle a inscrit pour moi la nécessité du travail en cartel. Dire que grâce à sa formation ce collège m’a transmis le courage de parfois pouvoir parler publiquement de ma pratique et d’en assumer les recherches théoriques. Dire que j’éprouve chaque jour dans mon expérience les solides cordes de rappel produites en ce lieu où l’on a su m’accueillir et favoriser ma propre mise à l’ouvrage. Alors oui, aujourd'hui, une quinzaine d’années plus tard, je peux dire qu’il s’agissait bien d’une chance.

Pierre Coërchon 


« Qu’apprend-on au Collège ?

Il s’agit d’ouvrir l’expérience de la cure à l’apprentissage de la lecture – pratique qui ne s’exerce pas seul. Le petit groupe, qui préfigure le cartel, me révèle qu’une phrase, un mot qui ne m’ont pas arrêté lors de la lecture solitaire, constituent une difficulté pour un autre. Y entendrais-je mon j’n’en veux rien savoir ? Ou bien qu’un point du texte qui me laisse vide d’association, butant contre la non-compréhension est repris, développé, explicité par un collégien. S’éprouve-là le cadre qui limite mon fantasme. Dans la conquête d’un savoir qui s’élabore dans sa pratique, se découvre le plaisir de mise en continuité de l’acquisition et de l’exercice. C’est bien là toute la valeur du Collège : un enseignement qui ne s’enferme pas dans le discours universitaire. C’est ce que j’y ai découvert ; ce que je m’applique à maintenir vif chaque jour. »

Cyrille Noirjean


« Il y a 17 ans l’ALI mettait en place le Collège pour les psychanalystes en formation. À cette époque j’étais déjà bien engagée dans mon analyse. C’était le début d’une deuxième tranche voir d’une deuxième langue. Le premier tour avait eu lieu au Brésil pendant mes études de Psychologie et se posait déjà alors cette question du choix de la langue en psychanalyse. En tout cas, pour moi c’était ça: finir mes études et venir à Paris pour lire Lacan en français et faire une analyse avec Charles Melman. Je n’étais pas encore inscrite aux enseignements de l’ALI quand la proposition du Collège s'est faite jour, alors ce fut sans hésitation, ça allait de soi.. J’entendais « pour les jeunes analystes en formation » .. Or, il faut dire que le Collège était lui aussi « en formation ».. C’était sa première année.. Il y avait là un enthousiasme, une envie de travailler, de faire travailler.. Ce que je peux dire aujourd’hui c’est que cela a été pour moi une porte d’entrée, une ouverture. Ça m’a inscrit dans ce lieu, dans cet Association, ça m’appris une autre façon de lire Lacan.. Autrement dit, ça tombait comme une bague au doigt ! Dix-sept ans après que dire d’autre? Si ce n’est qu’aujourd’hui de ce lieu je fais partie, que mon enthousiasme d’apprendre et de travailler à l’ALI est toujours vivant et d’actualité. »

Thatyana Pitavy


« Ma participation au Collège de l’A.L.I a été un moment important pour ma formation d’analyste. C’est en effet durant ces deux années que j’y ai conforté mon désir de devenir analyste, ce pour plusieurs raisons.

La lecture personnelle de quelques textes de Freud, Lacan et Melman avait attisé ma curiosité. L’envie d’en savoir un peu plus m’a conduit au Groupe d’Introduction à la Psychanalyse (G.I.P) puis au Collège. Cet enseignement permet de les aborder de façon plus fine et détaillée, dans leur la complexité, pour les éclairer.

Surtout, l’abord de la théorie, qui est indispensable pour se repérer, est articulé à la clinique par le biais de participation à des présentations de malade. Ce point est essentiel, car si la lecture des textes est intellectuellement très stimulante et donne un cadre de réflexion, c’est bien la clinique qui est au cœur de la psychanalyse, car cette discipline est avant tout une pratique.

Ce sont ainsi les premiers contacts passionnants avec la clinique qui m’ont fait franchir un pas décisif et choisir de devenir analyste.

Le Collège est aussi le lieu où j’ai appris à lire les textes, en articulant les concepts qui y sont développés - et mis à l’épreuve par les situations cliniques - et les discussions et échanges en groupes et lors des séances plénières. J’y ai repéré que chaque lecture est une lecture singulière et que l’apport de chacun permet d’affiner sa lecture personnelle et son questionnement.

C’est donc un enseignement qui ne s’appuie pas sur un savoir constitué, mais au cours duquel chacun peut apporter à partir de son désir singulier et peut s’autoriser une prise de parole en déployant sa pensée et sa lecture. »

David Glaserman

Espace personnel

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