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Avant-Propos

MELMAN Charles
Date publication : 12/02/2018

 

De la bassine où se touillent les concepts de sorte que la meilleure cuisinière n'y retrouverait pas ses ingrédients, essayons d'en extraire deux ou trois avant qu'ils ne se dissolvent.

Disons que l'exil est une place, hors de la communauté, où l'on se retrouve seul, une punition ou bien un choix, tel celui de l'ermite ou du psychanalyste.

La peine consiste en ce qu'on y perd son identité sans en trouver une autre, dans ce désert, ainsi réduit à être le déchet de sa communauté d'origine.

Ce qui ne justifie pas la conduite du psychanalyste dès lors qu'il est averti de la menace : il n'est pas obligé, tels les élèves de Freud, d'être bête ou salaud.

L'immigrant est tout autre, puisque venu d'une communauté, il cherche à s'installer dans une qui est différente. Paradoxalement, il peut ne pas perdre son identité qui sera renforcée de devenir réelle. Mais aurait-il accès au Symbolique ? C'est la question.

Un effet subjectif commun se produit néanmoins dans les deux cas : l'idée qu'il y aurait un "chez soi", idéal qui ne vient que parce que c'est l'Autre qui héberge.

Si donc le sol qui héberge le sujet est l'Autre, on conçoit qu'il n'a la nostalgie d'un Heim que parce que définitivement il est locataire. Il n'y a que le paranoïaque pour s'estimer propriétaire.

L'errance enfin est une autre affaire, c'est-à-dire celle de chacun puisque personne ne peut être certain ni de sa place ni du chemin.

Bonne chance aux voyageurs.

PS : Quelques aphorismes relevés de la bouche d'une noble dame de Fez :

L'exil c'est non pas partir mais ne jamais arriver, et sachant que le retour n'est pas possible.

De toute façon, on ne se retrouve dans aucune langue, ce qui développe l'oreille.

L'une rectifiant l'autre, la loi devient une imposture.

Exilé et immigré ne sont pas les mêmes, puisque le premier est pris par l'errance.

Il n'a ni dessus, ni dessous, coincé entre surexposition et clandestinité.

Ch. M.
7 février 2018

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