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Ex-il

MELMAN Charles
Date publication : 14/12/2017

 

Comme le nom de son statut l'indique, l'immigré autrefois fut un homme.

Dans le pays d'accueil il se retrouve – sauf si celui-ci accepte le communautarisme – Autre ou étranger.

À titre d'Autre le voilà féminisé, la pire trahison qu'on puisse faire à son père ; étranger, c'est l'histoire ou la mode en cours dans le pays d'accueil qui en font un interlocuteur acceptable ou un paria.

Ainsi dans mon enfance, polaks, macaronis, espagnols et bicots étaient là réputés manger le pain des français. Les juifs, eux, n'avaient de goût que pour leur sang. Ces nutriments ont servi de fait à nourrir de bons petits qui hier ou aujourd'hui ont chanté la Marseillaise sur les champs de bataille ou sur les terrains de foot.

Maintenant il reste les arabes. Ne nous y trompons pas, le plus grand nombre contribuera au génie français, y ajoutant une intelligence de plus. Mais il y en a parmi eux qui se trouvent frustrés quand le pays d'accueil cesse de proposer un idéal, effacé au profit d'une abstraite construction européenne.

L'Europe reste un corps mal limité – quel citoyen en a la représentation ? – et sans âme – on a même effacé des billets de banque l'effigie de ses grands hommes – alors qu'il faut au moins une forme habitée par un esprit pour faire un citoyen.

Il y en a ainsi que cette carence – qui duplique celle de l'origine – rend enragés. Ils ont droit à l'erreur puisque les servants de la laïcité sont infoutus – faute de se référer à Freud – de leur enseigner ce que serait un juste rapport au père.

Ch. Melman - 28 novembre 2017  


Ex-il (version grecque) - Exilio/ex-él - Ex-il (EX-he) - Esu-l(u)i - هو_سابقًا (أو من_فى) - Exílio

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