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Les proies de la réalisatrice : Sophia Coppola

Critique de Danièle Weiss
WEISS Danièle
Date publication : 13/11/2017

 

Seconde adaptation du roman de Thomas Cullinan, après le film de Don Spiegel (1971) .

Sophia Coppola continue dans ce film à explorer la relation des femmes avec la figure du masculin dans notre société contemporaine ou dans le passé.

Nous sommes en 1858 aux Etats-Unis pendant la guerre de Sécession, quelque part dans le Sud. Il y a unité de lieux : la forêt, près de la pension de jeunes filles et la pension elle-même. Unité de temps également comme dans la tragédie classique.

Dans la pension, il ne reste plus que cinq jeunes filles, la directrice et une professeure.  Cet univers sera bouleversé, quand l’une d’entre elles, spécialiste du ramassage des champignons comestibles, ramène à la pension, un soldat nordiste blessé. Cette jeune fille, qui dès la première image du film, apparaît comme un petit chaperon rouge,  fait confiance au loup.

Le bruit du  canon se fait entendre tout au long du film : violence de la guerre, un arrière-fond de ce que peut être la violence du non rapport sexuel entre homme et femme à la fin du film. Au début du film, tout se passe  progressivement et en douceur dans les relations entre cet homme, les pensionnaires et les adultes, filmées avec des  couleurs en teintes douces et tendres.

Chacune d’entre elles, peut développer sa différence d’approche de l’homme pour le séduire ou tenter de se faire aimer. Lui, déclare très vite sa flamme à la femme  professeure, qui petit à petit y consent jusqu’au moment du drame, attisée par une des  jeunes filles à l’attitude perverse. La directrice elle-même tombe sous le charme de cet homme. Elle est veuve d’un mari tombé au front. Elle impose la prière après le repas, pour sauver les âmes par l’amour pour Dieu. Elle associe une prière pour le blessé qui dès qu’il le peut offre des services de jardinage à cette petite communauté.

Le soldat est devenu violent suite à une chute dans l’escalier dans une lutte avec Edwina qui l’a attendu en vain pour une première nuit d’amour lors d’un soir où une pensionnaire l’a attiré dans ses filets. Le nordiste aurait préféré mourir plutôt que d’être castré comme il le dit, estropié pour la vie. Edwina, devenue ange maudite, par le fatum, se donne à lui la nuit suivante. Edwina ne s’opposera pas à la sentence de la condamnation à mort quand l’ensemble du groupe de femmes décide de se débarrasser du soldat, pourtant qui paraît apaisé par sa nuit d’amour avec Edwina… On va lui faire manger des champignons vénéneux, le poison féminin par excellence ! Le soldat meurt de gourmandise, un  préalable à la luxure.

C’est aussi le loup qui est dévoré et non le  petit chaperon rouge. Un homme, proie des femmes.

La morale de la guerre est sauve : on n’a fait que son devoir, son corps sera remis aux autorités, signalé par un chiffon bleu aux grilles du pensionnat.

 

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