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La tête dans le nuage

MELMAN Charles
Date publication : 10/07/2017

 

 

Il est logique que la mise à disposition de la totalité des savoirs au porteur d’un simple smartphone modifie son rapport à l’instance cause du transfert. Le voilà dans la poche, à disposition à tout moment, corvéable à merci, comme si le maître de jadis était maintenant un serviteur sans congés.

On a ainsi une idée de l’incompréhension de l’élève à qui l’on reproche le copier-coller, ce qui relève pourtant du service légitime qu’il pourrait en attendre, comme le thé servi à 5 heures.

Au moins deux conséquences apparaissent. La première est que le savoir prend la qualité d’être étranger et non plus Autre. La seconde est que son appropriation comporterait le risque d’une désubjectivation dans le rapport au père.

Enfin, c’est un plus, la dimension Autre subsiste-t-elle encore sinon par la présentification dans l’environnement d’éléments positifs propres à susciter et à satisfaire le désir ?

On objectera que nous jouons d’une confusion entre savoir (inconscient) et connaissances (acquises). Mais en fait il n’y a pas d’appétit pour les connaissances s’il n’y a de transfert pour le savoir. Et l’actualité technologique, de le laïciser, le prive de toute finalité pour n’y voir qu’un moyen.

Comment nous débrouillons-nous avec ça ?

Charles Melman

Head in the cloud

La cabeza en las nubes

La testa fra le nuvole

Το κεφάλι στο σύννεφο

A Cabeça nas nuvens

 

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