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03/01/2017 (LM) Leçons 7,8,9 B. Vandermersch /(TT) Leçons 7,8, P-C. Cathelineau

CATHELINEAU Pierre-Christophe, VANDERMERSCH Bernard
Date publication : 29/06/2017
Dossier : Séminaire d'été 2017
Sous dossier : Dossier de préparation

 

Séance 5 du 03 janvier 2017


Le Moi dans la théorie freudienne et dans la technique de la psychanalyse, Leçons VII, VIII et IX, Bernard Vandermersch

B. Vandermersch – Je vais vous parler des leçons VII, VIII et IX je tiens d’abord à remercier Pierre-Christophe Cathelineau pour l’amitié et l’estime dans laquelle il me tient pour m’avoir confié cette tâche qui relève de l’impossible, 66 pages en une demie heure, j’espère que vous avez l’estomac solide après… Ça commence par « la bonne forme ».

C’est à propos de Merleau-Ponty. Merleau-Ponty, moi, il y a cinquante ans, je me baladais avec La Phénoménologie de la perception, mais vraiment, on dit que Lacan, c’est difficile mais La Phénoménologie de la perception, pour qui n’est pas philosophe, franchement, c’est in…, 0n sait pas où il est, on comprend rien.

H. Ricard – C’est moins difficile que Lacan.

B. Vandermersch – Alors oui, peut-être pour l’avoir travaillé davantage… Lacan évoque les questions de bonne forme. C’est une question de la Gestalttheorie, dont la loi principale c’est la loi de la bonne forme, c’est-à-dire qu’un ensemble de parties informes, comme des groupements aléatoires de points, tend à être perçu automatiquement comme une forme, une forme simple, généralement symétrique, stable, une bonne forme. Après, il y a toute une série de points qui découle de celle-là, mais en gros, c’est ça l’idée. Ça va revenir dans les leçons suivantes, une sorte de préadaptation entre ce qu’on perçoit et le système… Vous savez que le stade du miroir a quelque chose à voir avec ça quand même. Bon, ça existe mais enfin, ça ne rend pas compte de la richesse de l’expérience. Lacan dit que Merleau-Ponty, c’est un beau travail mais enfin quand même, il reste au niveau de la conscience et malgré son intérêt pour Freud, il y a quelque chose au niveau de l’inconscient qui n’est pas passé chez Merleau-Ponty. Alors y a-t-il dans la phénoménologie, ce que j’ai essayé de comprendre, une critique de Lacan, une sorte de resucée du vitalisme, une tendance à un progrès vital, à la réalisation toujours plus grande de l’harmonie des organismes ? Pour Lacan, en tout cas, la découverte de Freud est un progrès historique dans ce sens justement contraire à toute espèce de vitalisme, d’harmonie du monde. Pour Freud, la bonne forme comme explication du monde est à rejeter, parce que, à l’opposé, de ce qu’il voit se rejouer dans l’être humain un conflit essentiel qui le dépasse. « Éros, Thanatos » Hyppolyte ! Oui, non ! Éros quand même, fait état d’une sorte de tendance à se mettre ensemble pour faire de belles choses, de bonne forme, l’amour. « S’il y a Thanatos, il y a aussi Éros » oui, dit Lacan, mais quand même. Lacan ensuite va s’affronter ensuite à l’ambigüité du principe de plaisir. Comment distinguer la tendance restitutive à l’équilibre par le principe de plaisir, tendance d’un organisme conçu comme une sorte de machine thermodynamique ? Ce qui sort doit équivaloir à ce qui rentre pour que ça reste stable. De la tendance répétitive du Todestrieb que Lacan dit « instinct de mort » comme on disait à l’époque, apportée comme nouveauté par Freud. Est-ce que Freud apporte une nouveauté ou bien c’est pareil, cet instinct de mort n’est-il pas une autre mouture du principe de plaisir, ramener la tension au plus bas ? Si c’était le cas, le principe de plaisir comme principe régulateur ne pourrait pas ramener la tension au plus bas. Alors Lacan fait un petit lapsus là, page 117 dans mon (édition), il dit :

« Cette implication qui est faite du principe de plaisir, ce qu’il vise est ceci distinct du principe de plaisir et qui tend à ramener tout l’animé à l’inanimé – », il faut dire « cette implication qui est faite de la pulsion de mort, ce qu’elle vise c’est… » Cet instinct de mort, Freud y est amené par ce qui se passe chez l’homme, chez l’être parlant et pas seulement chez les êtres vivants. C’est Lacan qui le dit. L’important c’est que ce Todestrieb ramène la libido à la mort mais pas par les voies les plus courtes, par les voies de la vie. Pour introduire l’ordre symbolique, Lacan va reprendre le support théorique de Freud : la thermodynamique. La thermodynamique, c’est l’état… pas le plus avancé mais c’est là que Freud prend les choses, c’est Brücke etc., c’est quand même le paradigme scientifique le plus en vigueur, le premier principe de la thermodynamique, c’est la conservation de l’énergie. Ça veut dire quoi ? Dans un milieu isolé, c’est fictif évidemment parce qu’aucun milieu n’est isolé mais enfin, dans un milieu idéalement isolé, rien ne se perd, rien ne se crée, du point de vue de l’énergie. Oui, mais deuxième principe, c’est l’entropie, c’est-à-dire que l’énergie se conserve, mais dans un sens irrémédiable, sa forme va se dégrader vers des formes moins nobles. Quand on produit un travail pour déplacer une masse, par exemple, il y a toujours une partie de l’énergie qui est perdue pour le travail et qui va se dépenser en chaleur, c’est ce qu’on appelle le rendement. Le rendement, ça se calcule ; pour une machine à vapeur, c’est pas terrible, c’est de l’ordre de quinze pour cent. Il y a beaucoup de perte. Dans les machines à explosion aussi, c’est un peu meilleur mais enfin. C’est ce qu’on appelle le rendement énergétique. Avec une quantité d’énergie, sous forme de chaleur, on ne peut pas produire la quantité équivalente de travail. L’idée, c’est qu’il y a des formes d’énergie nobles et d’autres moins nobles.

Freud a été autant inspiré par la conservation de l’énergie dans L’Esquisse où il est question des neurones phi, c’est une question de conservation d’énergie et aussi par la notion d’entropie. Dans Au-delà du principe de plaisir, il y a quelque chose de l’idée d’entropie. Lacan ose dire à ce moment-là que l’entropie, c’est un symbole : « une chose qui s’écrit au tableau, et vous auriez bien tort de croire qu’elle existe ». C’est un peu surprenant. Il dira que c’est lié au placage sur le monde physique d’un appareil signifiant sur le Réel. Il va dire ça en 1970, le 14 janvier. Lacan donne une origine paradoxale de l’entropie parce qu’elle serait produite par l’articulation signifiante, c’est-à-dire le savoir, un certain savoir. Un certain savoir qui produit non-pas de l’information mais son contraire, de l’entropie. « L’articulation signifiante – c’est comme ça qu’il définit le savoir à ce moment-là – réduite à l’articulation signifiante, ça produit non-pas de l’information mais son contraire, de l’entropie. Du plus probable, donc du moins original. » Cette perte, c’est ce qui nous donnerait accès à ce qu’il en est de la jouissance, c’est l’objet a, qui est produit justement par l’articulation S1-S2, c’est l’articulation signifiante. Cette perte, à mon avis, ne porte pas sur la fonction informative du signifiant mais sur sa fonction de représenter le sujet. L’entropie, en gros, c’est la dégradation du signifiant en signe. C’est la honte, entropia en grec, ça veut dire aussi la honte. Je vais citer [Charles] Melman :

« Spontanément, l’effet de sens, l’évocation dans l’intervalle signifiant de l’objet a, ça s’use, le principe de plaisir, c’est l’entropie, l’égalisation S1-S2. Nous ne demandons qu’à nous satisfaire de la jouissance acquise. Pour remonter cette pente entropique, nous faire honte – [J’ajouterais et cesser cette honte] – il ne faut pas moins que le coup de fouet du signifiant-maître. ».

L’entropie ne porte pas sur le contraire de l’information, elle porte, à mon avis, sur la fonction de représentation du signifiant, et qui me semble le contraire. Le signifiant en temps qu’il représente le sujet, c’est au prix de la perte de sens, une perte d’information, si on peut le dire comme ça.

Freud sentait bien que l’instinct de mort avait rapport avec l’entropie mais il lui manquait ce que Lacan appelle justement l’information. La notion d’information ou néguentropie. Vous savez, c’est le travail du démon de Maxwell qui, par son savoir, par son information, va séparer dans un récipient contenant un gaz, les molécules les plus rapides des molécules les plus lentes et va donc créer une différence de lieux, de température à partir d’un chaos originel, autrement dit, il va produire un ordre moins probable. L’entropie, c’est l’évolution vers le plus probable, le moins informatif. Quand on parle, si par exemple, ce que je dis, c’est extrêmement probable, ça veut dire que je n’informe rien. Si j’informe quelque chose, c’est que je vous aurais dit quelque chose qui vous aura paru improbable. Retour à la différence entre le principe de plaisir et la Todstrieb, avec cette définition paradoxale que Lacan nous donne : « le principe de plaisir, c’est que le plaisir cesse », oui puisque, en fin de compte, le plaisir serait une sorte de déplacement et il faut donc que ça revienne à l’état initial. Quant au principe de réalité, ce serait que le plaisir dure un peu quand même, que le plaisir se renouvelle, qu’il ne cesse pas trop vite. Je dois dire que j’articule mal cette définition paradoxale avec l’ensemble de ce qu’il nous dit par ailleurs. Mais il nous dit quelque chose d’important là :

« Le seul fait d’introduire la notion qu’il y a un plaisir propre à l’activité, plaisir ludique par exemple, ça flanque par terre toutes les catégories de la pensée analytique. Ça, ça la ferait rentrer dans des techniques pédagogiques qui tendent à ramener l’homme dans un heureux fonctionnement naturel grâce à un apprentissage adapté à cet heureux fonctionnement. » Or, il n’y a pas de doute que l’apprentissage, ça existe et peut être même dans le métier de psychanalyste. Mais ce que l’expérience analytique nous apprend, c’est que c’est toujours l’apprentissage de Gribouille selon l’expression de Lacan, c’est-à-dire la répétition d’une réponse inadaptée et si on arrive en analyse, c’est bien pour ça, c’est qu’on refait toujours la même connerie qu’on ne voudrait pas. Reste la question, qu’est-ce que c’est que ce besoin de répétition qui nous amène toujours à une réponse ratée ? Lacan nous dit : « ça vient de l’intrusion du symbolique.» Ça se manifeste concrètement par des conduites de reproductions parfaitement inadaptées d’un comportement passé voire transgénérationnel, ce n’est pas le mot qu’il emploie, mais l’exemple qu’il donne, c’est ça. Celui de mon père, comme dans la névrose de l’Homme aux rats, mon père a fait des fautes que je suis condamné à reproduire. On n’y pense pas toujours à cette dimension du symptôme comme répétition. Pourtant, c’est bien dans Freud. Et Lacan se demande : « Comment ce Wiederholungszwang, cette compulsion de répétition a pu être littéralement projetée par Freud sur un plan en apparence biologique ? » C’est ça qu’il trouve bizarre, pourquoi cette chose qui est manifestement liée au langage, pour nous, pour Lacan, comment il a pu projeter ça sur une affaire biologique.

Leçon VIII du 26 janvier 1955. Lacan va évoquer la question des troubles aux phénomènes psychosomatiques. Quand le signifiant informe le corps mais alors sans représenter le sujet, on va dire, et en passant par la nécessité de conceptualiser, il cite une version, on n’a pas un minimum d’appareil conceptuel alors pour ce qui est des troubles psychosomatiques, on est dans Groddeck, et encore il a un appareil conceptuel minimal. Freud nous dit dans « Pulsions et destin des pulsions » qu’on en a besoin du concept. Il dit pas « les concepts », il dit, je sais plus comment, c’est un féminin puisqu’il dit :

« Elles ont donc, à proprement parler, le caractère de conventions ; » et on les modifiera s’il le faut. « Le progrès de la connaissance n’admet non plus aucune rigidité des définitions. Ainsi que le montre brillamment l’exemple de la physique. » Lacan dit :

« C’est écrit en 1915…

Mannoni : après Galilée quand même.

J. Lacan : Mais avant Einstein. »

Grosse erreur, Einstein avait commencé en 1905 ses cinq conférences essentielles.

H. Ricard - Cela dit, c’est le meilleur passage épistémologique de Freud, c’est absolument génial. Il dit toute l’épistémologie en quinze lignes.

B. Vandermersch – Dans « Pulsions et destin des pulsions »

H. Ricard – Mais ça n’a pas de rapport avec le reste.

B. Vandermersch – Ça n’a pas de rapport avec ça mais c’est quand même une chose que Lacan va toujours reprendre ; le concept, bien sûr c’est pas le fin du fin mais sans concept vous ne pouvez pas arriver à quoi que ce soit.

V. Nusinovici – Le terme de « concepts fondamentaux » est là.

B. Vandermersch – Il est là, dans Les Quatre concepts fondamentaux. L’important, enfin c’est ce qui permet à Lacan de faire la distinction en tout cas, dans ces histoires psychosomatiques entre les phénomènes névrotiques et les phénomènes psychosomatiques. Et cette différence repose sur l’existence ou non de la relation narcissique ; d’un côté, c’est la relation narcissique dans les névroses, de l’autre côté, l’autoérotisme pour les phénomènes psychosomatiques. C’est comme ça qu’il fait ce clivage, qui garde une certaine pertinence. « L’autoérotisme, ce sont des investissements intra-organiques, la névrose est toujours encadrée par la structure narcissique. La ligne de partage entre les deux, c’est le narcissisme. Les réactions psychosomatiques sont en dehors des constructions névrotiques, ça n’est pas une relation à l’objet. Toujours à la limite de nos élaborations conceptuelles, elles sont au niveau du Réel ». Encore que, je pense plutôt que si on prend le dernier sens du mot Réel chez Lacan, ce serait plutôt au niveau d’une défaillance du Réel puisqu’il y a quelque chose d’impossible qui vient se lever et manifestement une jonction qui se fait là où elle ne devrait pas se faire. Que le signifiant se mette à fonctionner comme signe, qui fait signal pour une fonction organique, il y a là quelque chose duquel on est protégé normalement. Et peut être protégé par la relation narcissique. Pour Lacan, dans les phénomènes psychosomatiques, il n’y a plus de distinction entre la source de la pulsion et l’objet de la pulsion. Ce n’est plus une courbe qui démarre de la source, qui tourne autour de l’objet et qui revient sur elle-même, c’est que la source et l’objet sont les mêmes, c’est un investissement sur l’organe même, une sorte de court-circuit, pas de détour par l’Autre. Perrier dit – bien sûr il disait des choses très bien – et Lacan lui dit quand même ceci : « Mais au niveau du réel, [la distinction extérieur-intérieur] n’est pas maintenable, le réel est sans fissure ». Il va le répéter deux fois. Le réel est sans fissure, et en même temps, il y a des bouts de Réel. Ces bouts-là sont peut-être sans fissure. Il ne faut pas mélanger le début et la fin de l’enseignement.

H. Ricard – Les interlocuteurs n’entendent pas ce qu’il dit avec le Réel, ils le confondent avec la réalité,

B. Vandermersch – C’est pour ça qu’il met les choses autrement. Pour lui, la bonne distinction, « c’est en tant qu’inclus dans la relation narcissique » ou non-inclus. « C’est au joint de l’imaginaire et du Réel que se place la différenciation ». En fait il faudrait dire : « de l’imaginaire narcissique » puisque là, c’est bien de l’imaginaire narcissique dont il est question, parce que c’est plutôt de savoir si c’est au joint de l’imaginaire narcissique ou non-narcissique, par exemple, l’imaginaire mimétique. Je dirais de l’implication de l’imaginaire dans le sujet par le miroir ou de sa non-implication, car Lacan reconnaîtra par la suite que la psychosomatique est fortement enracinée dans l’imaginaire mais pas l’imaginaire narcissique ! C’est assez complexe et enfin, on peut voir une sorte d’imaginarisation par le corps d’un signifiant. J’avais des exemples que j’avais cités dans le topo que j’avais fait il y a bien longtemps et dont j’ai gardé de bons souvenirs d’ailleurs d’un travail avec [Jean] Bergès, Valentin [Nusinovici].

Retour à la répétition laissée à la fin de la leçon VII que Lacan dit liée à l’intrusion du Symbolique.

« La répétition c’est quelque chose qu’il nous faut concevoir comme lié à un processus circulaire de l’échange de la parole, à un circuit symbolique extérieur au sujet. » Autrement dit, c’est quelque chose qui fait appel à l’Autre, au grand Autre. Il ne le dit pas comme tel mais c’est quand même de ça dont il parle. L’analyse, c’est fait pour quoi ? L’analyse s’est fait pour que le sujet « entende, [c’est à dire qu’il] comprenne dans quel rond du discours [le sujet] est pris et, du même coup, dans quel autre rond il est incité à [rentrer]. » Ici, le rond ce n’est pas la bonne forme, sphérique, circulaire dont il parlait dans la Gestalt, c’est plutôt …

V. Nusinovici – Les anneaux de la chaîne signifiante.

B. Vandermersch – Peut-être les anneaux de la chaîne signifiante, le circuit fermé en tout cas, un cercle logique. Maintenant est-ce que le rond de ficelle qu’on va retrouver à la fin ? Il y a trois types de rond : le rond de la Gestalt, de la bonne forme, le rond du circuit symbolique qui est, pour le sujet, un double rond en fin de compte, et puis le rond de ficelle qui va donner cette consistance à chacune de ces dimensions, .

Là-dessus, il invite Anzieu à parler de l’Esquisse ou Entwurf, Projet. Ce que Freud se propose de faire dans ce projet :

« Cette esquisse se propose de fournir une psychologie scientifique, c'est-à-dire de présenter les processus psychiques comme des états quantitativement déterminés – le terme important c’est quantitativement déterminés – de parties matérielles détectables, et de les rendre ainsi patents et irréfutables. L’esquisse contient deux idées principales :

De concevoir ce qui distingue l’activité du repos comme quantité, laquelle est soumise à la loi du mouvement.

D’admettre comme particules matérielles les neurones. N et Qή »

N et Qή (Qêta) sont les quantités d’énergie qui arrivent dans les neurones. Ce que remarquent déjà Lacan et Anzieu, c’est que Freud anticipe – enfin, surtout Lacan – sur la synapse Sherrington (1897). Il anticipe. En tout cas, c’était à l’époque, des gens qui pensaient que le système nerveux était fait de cellules séparées les unes des autres et d’autres qui pensaient que c’était un syncytium, que c’était une matière continue. Freud prend parti pour des neurones séparés, joints par des synapses. Je ne peux pas vous lire l’Esquisse ! Je le regrette parce que c’est passionnant – ça, je le dis parce qu’il faut le dire mais, en fait, ça m’ennuie. Quoiqu’il y a des choses intéressantes…

C’est sûr que Marc [Darmon] trouve ça très bien. Mais Marc [Darmon] c’est un résistant. Les choses difficiles, théoriquement ardues, tu y trouves ton miel ! C’est quand même intéressant En tout cas qu’est-ce que je vais en dire ? Freud propose un appareil neuronique. « Les processus psychiques sont des états quantitativement déterminés de particules matérielles spécifiques ». Alors, il y a la fonction primaire du neurone qui obéit au principe d’inertie, c'est-à-dire retour à zéro dont Anzieu va dire, en gros, que c’est le principe de nirvâna à ce niveau-là. C’est la fonction de décharge. Qu’est-ce qui se passe ? L’énergie qui rentre doit être évacuée comme telle. C’est le schéma de l’arc réflexe à ce moment-là, il y a un stimulus qui rentre, il faut que ça sorte par une réponse. C’est un neurone perméable, ça passe, ça doit sortir avec une équivalence énergétique. On est dans la thermodynamique.

Mais il y a une autre sorte de neurones, ce sont les ψ. Vous les connaissez ! Ils ont une barrière de contact et cette barrière de contact empêche l’écoulement total de l’énergie, c'est-à-dire qu’il va leur en rester quelque chose à eux. Enfin, je ne me fais pas trop d’illusions pour ce soir, sur ce qu’il va leur en rester mais enfin on peut rêver ! Pour Freud, ce sont les mêmes neurones, ça dépend de la quantité qui va leur être administrée. S’il y en a beaucoup alors ils vont la décharger, ils vont se conduire comme des φ. Si ce n’est pas trop, ils vont se conduire comme des ψ avec la fonction secondaire, la fonction secondaire qui est de maintenir constant un certain niveau de pression, pas d’éjecter tout, d’en garder un peu de façon constante. Vous voyez bien la différence entre la question du principe de plaisir et la Todestrieb aussi.

Il y a un troisième système de neurones que Freud va être obligé d’inventer, ce sont les ω. Pas les oméga 3, mais le troisième système de neurones. On pourrait en avoir besoin. Parce que la thermodynamique ne rend pas bien compte de la qualité de la variété de nos perceptions. Si on veut rester uniquement dans l’énergie, on ne va pas distinguer le rouge du vert, du bleu, tout ça n’est pas du même ordre et alors Freud va dire : oui, ben il y a autre chose que la pure énergie ! Il y a ce qu’il appelle la période ! C’est le mot qu’il emploie, que j’entends, moi, comme étant la fréquence …

Marc Darmon – La fréquence ondulatoire.

B. Vandermersch La fréquence ondulatoire par exemple qui n’est pas une pure question d’énergie. Bien sûr qu’il y a aussi une question d’énergie dans les fréquences mais la fréquence c’est autre chose. Seulement le problème, c’est comment faire rentrer ce système informatif dans un système purement thermodynamique ? Lacan le pointe – on touche, là, les limites de la thermodynamique. Pour Lacan, ce système ω est nécessité pour expliquer la conscience parce que, jusque-là, tout fonctionne très bien dans l’inconscience la plus totale ! La transmission de la qualité n’est pas de l’énergie ou très peu mais une qualité de période dit Freud. Du coup, ce système va devoir échapper aux lois d’équivalence énergétique. Pourquoi ce système ω existe ? Parce qu’il est utile, notamment à la douleur, ω préfigure le système perception-conscience. Tout ce qui va se passer, si on est satisfait, si on n’est pas satisfait … c’est un peu long à tout sortir mais disons qu’une expérience de satisfaction … D’abord pour que les neurones ω soient informés, il faut quand même qu’on leur balance très peu d’énergie et on verra que plus tard c’est la question du Moi qui va intervenir là-dedans. Freud parle de κάθεξις (cathexis) et je ne sais pas pourquoi… – d’abord c’est mal écrit en grec, là – …mais pourquoi Anzieu a tellement de mal à traduire ce terme de cathexis ? Cathexis ça veut dire action d’arrêter, de conserver, de retenir.

Hubert Ricard – Est-ce que le substantif existe en grec ?

B. VandermerschIch weiß nicht !

H. Ricard – Enfin il y a un [catheko] certainement mais cathexis, je ne l’ai pas trouvé dans le Bailly.

B. Vandermersch – Ah, si, si, cathexis, il s’y trouve !

H. Ricard – Alors, attention ! C’est un xi (ξ) ou un khi (χ) ? C’est ça le problème !

B. Vandermersch – D’abord c’est un thêta (θ). C’est un kappa (κ), alpha (α), thêta (θ), epsilon (ε), xi (ξ)…

H. Ricard – Ah, non ! C’est un χ dans le, c'est-à-dire un khi, je ne vais pas … on ne va pas…

B. Vandermersch – Non, non ! C’est un xi (ξ), ce n’est pas un khi (χ).

H. Ricard – Mais c’est écrit comme un khi (χ) !

B. Vandermersch – Oui, mais c’est mal écrit…

Pierre-Christophe Cathelineau – C’est une erreur, cathexis ça existe.

B. Vandermersch – Ça s’écrit avec un ξ (xi)…avec un x quoi !

P.-C. Cathelineau Vous êtes doublé.

B. Vandermersch – Oui, il vaudrait mieux l’écrire avec des lettres latines. C’est à l’époque où on se piquait de parler le grec.

P.-C. Cathelineau – Ils ont confondu le khi (χ) et le xi (ξ).

H. Ricard – Voilà !

B. Vandermersch – Oui, et puis il y a le thêta (θ) aussi, ils ont mis un tau (τ) à la place.

P.-C. Cathelineau Mais ça existe.

Là, c’est plus compliqué… quand il y a la satisfaction, il y a une certaine partie de l’énergie qui va être liée, qui va être retenue. Une petite partie. Elle va entraîner deux liens à la satisfaction. D’une part, un lien à la perception de l’objet désiré et deuxièmement à l’image du mouvement qui a provoqué la décharge, qui a entraîné la sensation de plaisir. La satisfaction, autrement dit, ça laisse des traces ! Ça laisse des traces mais qui ne sont pas quantitatives mais qualitatives, mais associatives. C’est donc la question du souvenir qui va être réactivé par le besoin, avec le danger de la satisfaction hallucinatoire. Pareille pour la douleur.

Lacan nous dit voilà, ce qui va se passer, c’est qu’il n’y aura qu’un recouvrement partiel entre ce qui est proposé et ce qui est attendu et c’est ça l’origine de la répétition : retrouver l’objet, Wieder zu finden ! En effet, ça ne coïncide que partiellement et donc il s’oppose, là, à la réminiscence platonicienne qui serait qu’on retrouve, peut-être qu’il y a là quelque chose, on ne fait que retrouver exactement ce qui est là de tout temps dans la réminiscence platonicienne, alors que, là, l’objet, … non ?

H. Ricard – Si, si !

B. Vandermersch – L’objet, on ne le retrouve jamais et en tout cas pas avec le poinçon de cette fois-là. Comme vous le savez, quand on revoit le film la deuxième fois, ça peut être bien aussi mais… et je ne parle pas pour les autres satisfactions.

Quatrième point donc : l’arrivée du Moi. Le Moi, pour Freud – c’est une définition extrêmement objective – c’est la totalité des investissements des neurones ψ à un moment donné. L’investissement des ψ, à un moment donné, c’est le Moi, la cathexis du moment, c'est-à-dire ce qui a été retenu momentanément, l’investissement constant nécessaire pour cette fonction secondaire qui consiste donc à écarter les stimuli dangereux et à rechercher les stimuli satisfaisants. Le Moi est constitué par une quantité d’énergie constante dans les ψ. Sa fonction est d’inhibition. Il intervient sur l’ensemble du système, sur la répétition. Il intervient sur les barrières de contact pour empêcher l’énergie de s’écouler selon la moindre résistance conformément au principe d’inertie. Il empêche que ça s’écoule trop vite ou il empêche aussi que les ψ soient envahis parce que, par un système de cathexis latéral, le courant est détourné, il va dans d’autres voies – il y a une métaphore électrique, là : quand il y a plusieurs voies, du coup il y a moins d’intensité dans chacune des voies, c’est divisé par le nombre de voies et le calibre des voies.

Ensuite, il y a une fonction de mise à l’épreuve de la réalité et Lacan nous dit : c’est dans la mesure où la décharge ne passe pas – qu’il y a donc cathexis – qu’il y a une comparaison possible avec des énergies réduites. L’important est que Freud élude ici, nous dit Lacan, le rapport à l’autre. C’est un système solipsiste, un système autiste en fin de compte et il faut attendre la découverte du narcissisme, bien plus tard, pour échapper à une théorie qui ressemble à la statue de Condillac. Mais quand même, il y a le rêve ! Parce que Freud va faire tout un développement, par la suite, sur le rêve et puis le phénomène hystérique, le symptôme hystérique.

M. Darmon – Il ne parle pas de la Chose à ce moment-là… parce que, quand même, l’autre est bien présent.

B. Vandermersch – Oui ! Tu parles dans le phénomène hystérique ?

M. Darmon – Non, non. Dans l’Esquisse.

B. Vandermersch – Dans l’Esquisse ?

Valentin Nusinovici – Dans le Nebenmensch !

B. Vandermersch – Ah, le Nebenmensch, oui. À ce moment-là, oui !

V. Nusinovici – Il n’y a ni la Chose, ni le Nebenmensch… des choses qui seront après les plus… celles qui resteront en boucle… Ce n’est pas sa question, là ! Comme il veut absolument montrer qu’il n’y a pas de narcissisme, il ne prend pas ce qui pourrait y avoir… Ce n’est pas tout à fait narcissique le Nebenmensch mais c’est bien quand même…

B. Vandermersch – Non, ce n’est pas narcissique !

V. Nusinovici – Ça part plutôt des mouvements du sujet vers l’autre mais il y a quand même quelque chose…

B. Vandermersch – Il y a quand même de l’autre !

V. Nusinovici – Mais il ne veut pas le discuter ça…

B. Vandermersch – Mais il n’y a pas d’autre, là. Il n’y a pas d’autre parce qu’il veut réduire…

V. Nusinovici – Non, non, ce n’est pas l’autre du miroir…

B. Vandermersch – Non, mais il veut réduire… Ni l’autre du miroir, ni l’Autre au sens du langage, du grand Autre !

M. Darmon – Il veut introduire un certain [inaudible]

B. Vandermersch – D’ailleurs on ne sait pas trop ce qu’il vient faire cet autre secourable ?

En tout cas, le rêve, pour Freud, c’est du processus primaire, hallucination et donc, du coup, cette affirmation : le rêve est l’accomplissement de désirs ! C’est quand même de là que ça sort ! Or, ce n’est pas tout à fait exact que l’on puisse dire aujourd’hui que le rêve est l’accomplissement de désirs. Bon, manifestement les rêves de Freud, quand il veut absolument prouver que le rêve est un accomplissement de désirs, les rêves accomplissent son désir en accomplissant ses désirs mais… En tout cas, Freud nous dit que c’est pour ça aussi qu’il n’y a pas de mémoire du rêve parce que, à ce moment-là, il y a une facilité de déplacement de l’énergie, il n’y a pas cette cathexis je crois.

Leçon IX, du 2 février 1955. D’abord quelques mots sur la psychose de l’enfant parce que c’est toujours aussi en rapport avec ce qui s’est passé dans la semaine. Monsieur Lang qui a fait un très beau travail auquel rend hommage Lacan, notamment de situer la régression dans la psychose comme une régression symptomatique et non pas réelle. Ce n’est pas un mécanisme. C’est une régression sur le plan de la signification et chez l’enfant d’autant plus. D’ailleurs, il y a aussi quelque chose qui parle du rêve et, à partir de cette citation de John Hughlings Jackson qui est un anglais et qui dit – qui a vécu entre 1835 et 1911 – qui dit quelque part : « Trouvez la nature du rêve, et vous aurez trouvé tout ce que l’on peut savoir about insanity, sur la démence et sur la folie ». Lacan dit : « C’est faux, cela n’a rien à faire […] le problème du rêve laisse entièrement ouverts tous les problèmes économiques de la psychose ». La psychose et le rêve ce n’est pas la même chose.

Julien Maucade – Ce n’est pas une hallucination.

B. Vandermersch – Le rêve n’est pas du tout du même ordre que… Cela dit, Jackson a une grosse influence en France, plus qu’en Angleterre, et notamment sur Henry Ey : la théorie organo-dynamique avec une série de hiérarchie de l’appareil neurologique chez Jackson et des appareils psychiques chez Henry Ey.

V. Nusinovici – Tout ce que Lacan a critiqué !

B. Vandermersch – Tout ce que Lacan a critiqué.

Lacan nous fait quatre schémas au tableau qui ne sont pas reproduits. L’un serait celui de L’Esquisse, l’autre de la Traumdeutung, l’autre de la théorie de la libido et le quatrième de l’Au-delà du Principe de Plaisir. Je vais vous citer quelques phrases de Lacan : « …tout progrès scientifique [va] dans le sens de […] faire évanouir l’objet comme tel ». Ça, c’est très intéressant parce qu’effectivement… Autrement dit, ça veut dire quoi ? Que ça va au-delà du spéculaire, au-delà de l’identification possible à l’objet et, quand vous lisez des théories de la physique contemporaine, il n’y a rien de moins narcissique j’allais dire que ces cordes et ces machins et… quand ça ne se réduit pas à de pures…

H. Ricard – Il dit, l’objet de la physique c’est un trou dans l’objet de la psychanalyse. Ce n’est pas du tout un objet au sens…

B. Vandermersch – « …l’être et l’objet ce n’est […] pas du tout la même chose ». L’homme n’est pas un objet mais un être en train de se réaliser. Autrement dit, c’est un manque à la réalisation de l’être.

H. Ricard – C’est du début,

B. Vandermersch – Ce n’est pas terrible !

H. Ricard – Ça changera un peu quand même.

B. Vandermersch – Oui.

H. Ricard – Ça veut dire qu’il emploie le mot être sans la référence explicite au contexte de Heidegger parce que spontanément il en parle, de l’être, dans un texte comme ça… Je ne sais pas s’il avait…

B. Vandermersch – S’il avait l’idée de l’être ? Ben, écoute… ce n’est pas un être…

H. Ricard – C’est l’être des philosophes quand même !

B. Vandermersch – Oui, oui ! Ce n’est pas lui qui a inventé le mot être…

On est des êtres humains voyons.

H.Ricard Je crois pas que c'est un peu plus que ça.

B.Vandermersch ‒ Notre objet, dit il, ce n'est pas l'individu qui l'incarne. Ce que Freud situe dans l'ombilic du rêve : ce point insaisissable, point de surgissement de ce rapport au symbolique qu'il y a dans cet objet particulier qu'est notre partenaire dans l'analyse, c'est ce que moi, Lacan, j'appelle l'être. Ça a des conséquences.

H.Ricard C'est de la métaphysique.

B. Vandermersch ‒ Voir à quel point nous devons nous situer dans le rapport à notre partenaire. Ce qui a toujours tracassé Lacan jusqu'à l'analyse comme objet a, il continue, il y a deux dimensions qui s'unifient dans le phénomène du rapport inter humain, celle de l'imaginaire, celle du symbolique, elles s'entrecroisent en quelque sorte. Il faut toujours que nous sachions quelle fonction nous occupons là dedans, c'est-à-dire dans quelle dimension, nous nous opposons au sujet soit d'une façon qui réalise une opposition, soit dans une façon qui réalise une médiation ? Imaginaire, Symbolique. Se repérer dans un transfert et surtout de quelle place nous croyons parler pour l'analysant et de quelle place lui parvient notre message, ou lui est parvenu parce que c'est dans l'après coup qu'on s'en aperçoit.

Le retour sur l'Esquisse par Valabrega Ce qui est important c'est que le critère distinctif entre la perception et la réalité ou la perception et le souvenir et la réalité et l'image, Freud la trouve dans l'information, c'est comme ça qu'il dit, dans le système qualité. Et dans l'inhibition. L'information c'est une forme d'anachronisme, je crois qu'il doit y avoir une version anglaise parce qu'il parle de report.

Si j'ai bien compris, c'est que le système oméga informe le système psy de sa propre décharge et il y a une chose un peu compliquée là, si vous avez compris tant mieux. Bon, l'énergie intervient au moment du passage au psy, psy a affaire au besoin, différent du désir, il y a une notion de constante énergétique, mais ça semble ne servir à rien et Freud doit inventer un autre système oméga : système de la perception comme je vous l'avais dit tout à l'heure. Pour qu'un frayage soit efficace, il faut introduire la notion de Gestalt : la prédisposition du sujet vivant à une forme typique, mais ça n'apparaît pas dans le schéma de Freud nous dit Lacan. Le principe de fondement de psy c'est toujours l'hallucination, d'où le problème du rapport de l'hallucination avec la réalité. Il faut supposer un autre mode d'information et il faut donc un système autonome, c'est ça la nécessité d'oméga chez Freud. Si je comprends bien Lacan, il a l'air de dire que ça ne fonctionne quand même pas très bien cette affaire. Je passe sur Valabrega.

M. Darmon La mémoire.

B. Vandermersch ‒ La mémoire ! Je sais plus si j'ai été jusque là. Lacan coupe Valabrega, il ré insiste sur le problème de Freud, comment à partir d'une conception fondée sur l'énergie, la thermodynamique de son temps, aborder le qualitatif la zone de perception du monde extérieur qui ne répond à aucun besoin, parce qu'il y a aussi une information neutre qui ne déclenche pas d'énergie spécialement ? Réponse de Freud par une astuce, le système oméga qui n'enregistre pas les énergies massives du monde extérieur, grâce à des appareils spécialisés qui enregistrent les périodes, les fréquences, et Lacan fait remarquer par exemple...

Je conclus, je vais conclure par... pour Lacan critique L'Esquisse, tout ceci n'est pas très élaboré, grossier et ambigu. Pour Lacan il n'y a pas évolution de la pensée de Freud, contrairement à ce que disait l'autre là, d'une pensée mécaniste à une pensée psychologique, toujours la même pensée qui se continue, sa métaphysique ne change pas, il élabore et complète le schéma.

Il va y faire entrer tout à fait autre chose qui est justement la notion d'information.

J'ai déjà critiqué cette idée-là, à mon avis c'est pas de ça, bon cette notion permet de résoudre les dernières questions de Freud dans L'Au delà du Principe de Plaisir, mais il va y avoir un long chemin à parcourir, et Lacan nous dit : « Il faut que vous en ayez conscience et soyez ici pas seulement pour trouver les choses dont on parle et être satisfait parce que ça va contre vos habitudes, mais que vous sachiez suspendre votre pensée sur des moments qui sont ingrats intéressants, parce que moments d'une pensée créatrice qui a montré par la suite un développement qui par porte bien au delà de ce premier abord de la quantité. »

Il manque 40 pages mais bon !

H. Ricard ‒ Juste un mot, il fait des réserves sur L'Esquisse mais il fait un éloge de Freud extraordinaire parce qu'il dit : « C'est du Freud et ça continue, voilà il lit Freud, on pourrait essayer de faire la même chose avec lui.

B. Vandermersch ‒ Ce que Lacan veut nous dire c'est que s'il avait disposé de l'ordre symbolique, il aurait eu... pour la mémoire, pour tous ces machins-là,

M. Darmon ‒ Il aurait pu prendre appui sur la biologie pour l'instinct de mort, il veut absolument faire quelque chose de biologique. Y a un passage où il décrit « la mort, la mort est au-delà de la dispersion du corps. »

B. Vandermersch ‒ Oui, c'est pas seulement la mort c'est le retour : « Memento quia pulvis es et in pulverem reverteris. » « Souviens toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».

H. Ricard ‒ Il est génial ce texte de Lacan et il leur fout tout ça en pleine gueule, ils sont

complètement sonnés.

B.Vandermersch Moi aussi je te dirais.

V. Nusinovici Ils n'ont parlé que de la première partie, c'est-à-dire le langage, il n'en est pas encore question,

B. Vandermersch ‒ Il n'en est pas encore question,

V. Nusinovici ‒ Dans L'Esquisse, ça s'enrichit beaucoup après, y a beaucoup plus de choses à problématiser donc évident de dire qu'y a pas d'ordre symbolique, bien sûr, on est pas encore dans la question du langage ?

B. Vandermersch – Il y a des choses que j'ai ratées sur la mémoire, le jugement, y avait quelques idées principales qu'il fallait retenir.


La Topologie et le Temps, Leçons VII et VIII.

P.-Ch. Cathelineau – Je vais vous parler de quelque chose que j'ai déjà dit il y a 5 ans et que j'espère vous faire entendre à nouveau parce que ça n'a pas été entendu en son temps et ça devrait être entendu cette fois ci avec un peu de détermination.

Il s'agit du nœud borroméen généralisé, au sens où l'entend Lacan et à mon sens c'est ce sens là qu'il faut l'entendre, au sens où le nœud borroméen peut être généralisé. Il s'agit du nœud à 4, du nœud à 3, donc ça ne signifie rien, concernant la forme, même si ici la forme est tout à fait fondamentale, il dit simplement qu'on peut le généraliser.

B. Vandermersch ‒ Généraliser ? C'est-à-dire ?

P.-Ch. Cathelineau – Le généraliser, c'est-à-dire considérer que c'est la façon d'aborder le Réel la plus générale, c'est ça le nœud borroméen généralisé.

H. Ricard ‒ Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.

P.-Ch. Cathelineau – Ça veut dire que le nœud borroméen généralisé est dit généralisé parce que c'est une façon d'aborder la question du Réel, c'est la façon la plus générale d'aborder la structure, la plus générale, en ce sens il est généralisé.

V. Nusinovici ‒ Généralisant.

P-Ch. Cathelineau – Il est généralisé aussi, en tout cas c'est l'hypothèse que je fais, mais on ne va pas s'arrêter là.

H. Ricard ‒ Que seraient des façons particulières ? Excusez-moi : que seraient les façons particulières d'aborder le Réel ?

P.-Ch. Cathelineau – Justement les façons particulières d'aborder le Réel, c'est ce qui découle du nœud borroméen généralisé, mais je vais le montrer plus loin.

Martine Bercovici ‒ Je crois que vous avez fait une erreur de croisement.

P.-Ch. Cathelineau – Alors attendez s'il vous plaît, je vous montre où est l'erreur et ensuite on en parle. On va faire la transformation très simple : je le fais avec vous, je fais la transformation, c'est celle qui est proposée par Lacan dans le séminaire leçon VIII, vous voyez les 2 boucles et vous les voyez dans le texte, hop, et là c'est pas borroméen, raté !

M. Bercovici ‒ Oui parce qu'il y a une erreur de croisement au départ.

P.-Ch. Cathelineau – L'erreur de croisement elle est dans le texte de Lacan. Je vais rectifier l'erreur, elle est dans le texte de Lacan, vérifiez, vous verrez, je vous garantis qu'elle est dans le texte de Lacan.

Donc on va faire la rectification : il y avait une erreur là, on voit que c'est pas borroméen, alors : on va passer à la deuxième erreur et là on va rectifier l'erreur, hop ! ça passe en-dessous, et là, en faisant que ça passe en-dessous on s'aperçoit, ô miracle, c'est borroméen. Schéma corrigé, donc on va corriger le schéma, et on a ce schéma là ! L'homotopie! C'est là l'homotopie, entre ce temps-là et ce temps-là.

Donc là, on a un nœud à 4, on est passé du nœud à 3 à un nœud à 4 et d'un nœud qui est borroméen.

Vous verrez, y a sur le bord du nœud, là je fais une petite acrobatie, je continue l'acrobatie, hop ! Allons y ! Et là le nœud réel qui se met en place.

Donc ce que je voulais vous montrer c'était que ce support est un support extrêmement puissant sur le plan de la logique de transformation, puisqu'on passe, vous voyez, du nœud à 3 au nœud à 4 ; vous avez vu et donc y a des déformations. C'est comme si on faisait la manipulation nous mêmes.

Renvoi aux travaux de Stéphane Dugowson, A.L.I., 7 mai 2011, « Homotopie et anneaux chinois (à propos du geste de Lacan) ». En ligne sur le site.

B. Vandermersch ‒ Sans chirurgie ?

P.-Ch. Cathelineau – Sans chirurgie

Virginia Hasenbalg Corabianu ‒ Pourquoi sans chirurgie ?

B.Vandermersch ‒ Il y a un moment où il faut,

M. Bercovici ‒ Il y a a eu une opération,

P.-Ch. Cathelineau – Vous permettez que je fasse mon exposé ou pas ?

Il s'agit de montrer que le nœud IRS était borroméen et une première erreur qui a été constatée et qui a disparu et on a un certain nombre de transformations, je les ai mises là au tableau, qui sont possibles par pivotement, avec une chose qui est assez particulière, c'est que les faux trous engendrés par la transformation du 3 au 4, les faux trous sont des faux trous qui supposent d'un côté, le Symbolique ou la nomination symbolique, l'Imaginaire et la nomination imaginaire, le Réel et la nomination réelle. J'ai supposé, ça n'est pas dans le texte de Lacan que ces faux trous étaient engendrés de telle sorte que la consistance initiale et sa nomination faisaient faux trou par rapport au reste de la structure.

Donc on a un engendrement qui est un engendrement continu grâce à ce que Lacan appelle l'homotopie, c'est-à-dire, vous le vérifierez dans le texte, une transgression de la figure et toute la question est de savoir quel statut on accorde à cette homotopie ? Et c'est là que se situe le problème et on va essayer de le traiter de façon mathématique.

Qu'est-ce une homotopie ? Alors une homotopie c'est une transformation continue, c'est la définition de l'homotopie. Alors vous allez me dire : « mais une transformation continue c'est un oxymore », un oxymore parce qu'on va dire : que d'un côté il y a transformation, c'est à dire discontinuité, et qu'on est dans l'ordre du continu. Donc on est dans quelque chose, dans sa formulation paradoxale, c'est un quasi oxymore. Continuer du côté du même, transformation est du côté autre chose. Alors ce quasi oxymore, vous en avez une démonstration par exemple, si vous imaginez une ligne, imaginez vous une ligne avec 2 points aux bouts de cette ligne, vous réduisez progressivement la ligne jusqu'au point central : ça ne fait plus qu'un point, donc les 2 points qui sont aux bouts de la ligne ont disparu, et sont devenus un point central. Ça, ça peut être une application de l'intervalle AB sur R, sur l'ensemble des nombres réels et vous passez de façon continue à quelque chose qui est infini entre les 2 points puisqu'on est dans le grand R à 1 ; vous passez de l'infini à 1 : ça c'est typiquement une homotopie, et c'est typiquement une transformation continue.

Alors vous allez me dire : « qu'est ce qui s'est passé ? ». Ce qu'on peut dire c'est que l'homotopie est un processus continu, qui donne éventuellement prise à de la discontinuité, ça c'est un point qui est très important, et vous le voyez dans le schéma que je vous ai montré. C'est un processus continu qui donne prise à la discontinuité.

B.Vandermersch ‒ J'avoue que le passage là…

P.-Ch. Cathelineau – Je finis ma démonstration si vous me permettez. Je vais poser les problèmes, il faut me laisser le dire. Alors vous allez me dire : « alors cette opération continue homotopique fait apparaître 2 points là où initialement on en aurait vu qu'un, et ce qui est bizarre c'est que ces transformations, on peut dire c'est que ces transformations sont de nature contractiles, on voit bien que c'est contractile : on passe de 2 extrêmes à 1 point, on a là quelque chose de contractile dans le registre de l'homotopie. Alors la question qui va se poser, c'est pour ça que vous faites l'objection depuis le début de mon exposé, c'est : est ce que la loi de l'homotopie telle que Lacan semble la concevoir, relève de « tout est permis » ? Est-ce qu'on a le droit de contracter n'importe quelle structure vers n'importe quelle structure ? Alors pour répondre à cette question, on peut dire simplement qu'il y a, on peut prendre un détour qui est plus intéressant, qui est plus significatif en mathématiques que la notion d'homotopie, c'est la notion d'isotopie. Alors vous avez par exemple une forme d'isotopie que vous connaissez très bien, c'est par exemple, les mouvements de Reidemeister ce sont des isotopies, vous avez des transformations qui n'impliquent pas de discontinuité dans les isotopies, vous transformez l'objet sans introduire de coupure, de rupture. Alors, vous allez me dire : mais ce que fait Lacan, Lacan dit quelque chose d'important, il parle d'homotopie, alors à quoi fait-il référence ? Il semble faire référence à quelqu'un dont on a déjà parlé ici, peut être un peu, qui est quelqu'un qui a écrit un texte en 1954 sur cette question, qui s'appelle Milnor Alors il a parlé Milnor, d'homotopie d'entrelacs. Et dans ces homotopies d'entrelacs, Milnor autorise chaque composante d'entrelacs, prenez par exemple un 8, prenez un 8 à se traverser elle-même, le 8 se traverse lui même, pour le dire simplement, ce jeu rend tout nœud trivial, on le voit bien, donc un seul rond de ficelle, prenez par exemple un nœud de trèfle, si vous autorisez les auto-traversées du nœud de trèfle vous avez un nœud trivial, c'est-à-dire un rond, c'est logique. Tandis que certains entrelacs seront trivialisés, défaits, et d'autres, non.

Donc ce que je peux vous dire là mais je ne vais pas vous le démontrer parce que c'est pas l'objet de mon exposé, c'est que l'opération de Milnor a des vertus classifiantes : vous pouvez classer les nœuds en fonction de ceux qui se défont et ceux qui ne se défont pas, de ceux qui sont triviaux et de ceux qui ne le sont pas.

Alors à partir de là, vous allez dire mais qu’est-ce que Lacan a pu tirer de ce qu’a dit Milnor parce qu’il semble s’inspirer de Milnor. L’appellation « homotopie » est plus naturelle chez Milnor que chez Lacan parce que pour faire entrer le geste de Lacan dans l’homotopie, il faut avoir une forme de discontinuité en amont, on l’a vu ! Alors, donc, on va essayer de voir qu’est-ce que Lacan en fait de cette homotopie. Il y a quelque chose qui, une parenté entre ce que fait Milnor et ce que fait Lacan, c’est l’idée que un nombre de points singuliers change de façon soudaine lorsqu’une composante se traverse elle-même. C’est le nombre de point qui en quelque sorte se réduit ou augmente au moment où la composante se traverse. Alors, ça n’a aucun rapport avec les mouvements de Reidemeister, puisque ces questions-là ne sont pas traitées dans les mouvements de Reidemeister. Alors vous allez me dire, quel est le sens de l’homotopie de Lacan au sens où je dirai mathématique ? Lacan dit que, et il le fait par référence à Milnor, je ne vois pas à quoi d’autre il fait référence, il dit que c’est une transgression de la figure, vous vous souvenez dans le texte, il parle de transgression de la figure, alors qu’elle est le sens de cette transgression de la figure si ce n’est pas exactement Milnor qui est visé ? Et bien le sens de cette transgression de la figure, c’est simplement pour dire que Lacan s’autorise un fonctionnement axiomatique nouveau, c’est-à-dire qu’il n’est plus dans l’auto-traversée mais dans quelque chose d’autre qui est présenté là, et qu’il appelle transgression de la figure, c’est-à-dire le passage d’une continuité à une discontinuité ou d’une discontinuité à une continuité. Et alors vous allez me dire, ça, ce n’est pas de l’homotopie, d’ailleurs c’est ce que vous avez dit, ça n’a rien à voir avec ce que dit Milnor etc., il introduit, j’insiste la dessus, une autre axiomatique, c’est-à-dire on n’est plus dans l’axiomatique milnoréenne, on est dans une autre axiomatique. Et c’est pourquoi il utilise le terme de transgression de la figure. Comment ? Vous voulez le revoir ? Revoyons-le.

B. Vandermersch – C’est ce mouvement-là qui est difficile à percevoir,

[Inaudible]

P.-Ch. Cathelineau – Mais c’est une homotopie parce que là où il y a une proximité avec l’homotopie, c’est que les deux qui vont se rencontrer, vont se rencontrer à partir d’une discontinuité et vont faire continuité (V. Hasenbalg Corabianu – il va y avoir une continuité,) et ça ne sera pas une coupure. On ne part pas d’une coupure pour arriver à une continuité, mais on part de quelque chose qui s’infléchit d’une discontinuité vers une continuité et ce qui est intéressant et je me permets de vous le dire, le processus, et vous le voyez là, le processus est parfaitement réversible, c’est-à-dire qu’on passe du trois au quatre comme on passe du quatre au trois. Vous êtes d’accord ? C’est-à-dire que le processus est parfaitement réversible. Alors je sais que ces hypothèses vous paraissent fumeuses, elles vous ont paru fumeuses il y a cinq ans et elles continuent à paraître fumeuses… fumantes… et elles fument et moi aussi et donc, ce que je voulais simplement vous dire, c’est que l’outil est quand même extrêmement performant et extrêmement puissant. Parce que sur le plan clinique, vous avez la présentation de ce que signifie sur le plan topologique la transformation d’une structure à quatre en structure à trois, qui n’est pas une transformation chirurgicale mais qui est une transformation continue. Vous allez me dire mais à quoi ça sert ? (Virginia Hasenbalg Corabianu – Pourquoi pas chirurgical ? Pourquoi tu dis ce n’est pas chirurgical ?) Ce n’est pas chirurgical parce qu’il n’y a pas de coupure !

B. Vandermersch – Mais si, il y a une coupure !

V. Nusinovici – Comment on les raboute alors ?

B. Vandermersch – Un fois que tu as fusionné, il faut bien les couper après !

Virginia Hasenbalg Corabianu – C’est difficile de sortir de cette idée qu’il y a pas de coupure puisque tu en as trois et tu passes à quatre et tu en as quatre, et tu passes à trois.

P.-Ch. Cathelineau – En tout cas, pour le dire de façon plus nuancée, je dirais que la coupure est intégrée à un processus continu.

B. Vandermersch – On l’appelle autrement, quoi ! C’est de la « continure ».

P.-Ch. Cathelineau – Une fois que vous aurez admis que la coupure est intégrée dans une logique du continu. (Virginia Hasenbalg Corabianu – Du continu avec tous ces paradoxes, c’est-à-dire là il faut ouvrir, là il faut)

H. Ricard – Nous l’admettons, nous l’admettons

P.-Ch. Cathelineau – Merci, donc, une fois que vous aurez admis ça, avec Lacan en tout cas, ce qu’on peut dire c’est que l’opération que nous montre Lacan, c’est qu’on a la transformation du nœud à trois en nœud à quatre et du nœud à quatre en nœud à trois. Alors vous allez me dire quelle est l’illustration clinique de cette transformation du nœud à trois en nœud à quatre et du nœud à quatre en nœud à trois. Ce que j’avance et qui va être l’objet d’un article dans La Revue Lacanienne, c’est que typiquement ce à quoi, dans le lien social, nous assistons au niveau de la clinique de l’adolescence et de la jeunesse. Parce que le type de description supposée partie du nœud à quatre, c’est-à-dire avec la référence au symptôme, et à la nomination symbolique se trouve transformée pour aboutir à une clinique où la question de l’autorité, du symptôme et de la nomination symbolique se trouve littéralement absente, et ça on l’observe dans la clinique la plus courante. Je veux dire que là, je n’invente rien. Vous avez dans la clinique des adolescents et des jeunes aujourd’hui, ce type de phénomène. Ce type de phénomène qui s’est produit précisément par passage d’une génération à l’autre par transformation structurale du nœud à quatre en nœud à trois et une transformation qui n’a pas été traumatique mais qui s’est faite sur le mode de la continuité par élision en quelque sorte de la dimension de la nomination symbolique. Alors vous allez me dire mais prouvez-le moi, en tout cas tout votre clinique le prouve et toute la difficulté dans laquelle nous sommes avec la question du symptôme et du nœud à quatre aujourd’hui le montre, c’est-à-dire qu’on est bien dans cette difficulté socio-politique de l’inscription d’une référence symbolique sous forme de nomination symbolique et sous forme d’autorité dans un champ social qui ne l’inscrit plus ou qui trouve des difficultés à l’inscrire et donc on a, je dirais, coexistence de structures qui sont des structures fondées sur le nœud à quatre, c’est-à-dire sur le symptôme et sur le symbolique et de structures qui fonctionnent à trois. Et évidemment la confrontation d’un analyste qui fonctionne à quatre avec une structure qui fonctionne à trois, ça peut parfois poser quelques problèmes et donc je pense que ça rend compte me semble-t-il d’une partie de la clinique et des difficultés dans lesquelles nous sommes aujourd’hui.

Autre chose, vous avez vu que ce schéma peut aboutir à la transformation des différentes structures, c’est-à-dire qu’on peut passer de la nomination symbolique à la nomination réelle, vous l’avez vu ? Je vous l’ai montré, je vous remontrerai le tableau si vous voulez tout à l’heure. L’hypothèse que je fais, c’est que les moments critiques propres au nœud à trois, c’est-à-dire ce qu’on observe : addiction, jouissance sans limite, c’est-à-dire les moments critiques qui sont spécifiques d’une pathologie du nœud à trois, ont ceci de particulier de provoquer un type de transformation qui est soit un acte qui stabilise le nœud à trois dans une dimension qui est une dimension, je dirais, où la question du rapport au quatre n’est plus nécessaire, soit revient à une forme de nomination qui n’est pas une nomination symbolique mais qui peut être une nomination imaginaire ou une nomination réelle. Et là je sais que je vais choquer un certain nombre d’entre vous mais il me semble que l’ancrage sur la nomination réelle ou la nomination imaginaire dans le champ du fanatisme par exemple est un ancrage qui est, je dirais, explique une forme de radicalisation. Donc, on a, vous le voyez, avec l’outil que nous donne Lacan un type d’outil opératoire qui est très puissant pour interpréter à la fois la clinique contemporaine et les dérives de cette clinique. Voilà ! Alors peut-être que vous avez des objections par rapport à la question de l’homotopie, allez-y mais c’est des objections qu’il faut faire à Lacan.

M. Bercovici – Ce n’est pas ce qu’on lit dans le texte de la leçon par exemple Par rapport au texte de Lacan,

P.-Ch. Cathelineau – Vous ne lisez pas l’homotopie ?

M. Bercovici – Non ! D’abord première opération, il y a deux opérations que fait Lacan dans cette leçon : première opération, mise en continuité, ça nous donne un nœud à trois composantes, sur ce nœud à trois composantes il va faire une deuxième opération qui est l’homotopie, c’est bien dit, il le dit bien (P.-Ch. Cathelineau – oui !) et l’homotopie ça consiste à ce que une même consistance s’auto-traverse et là donc, c’est ce qu’on a ici, une fois qu’on a fait la mise en continuité, on a ça et en travaillant avec l’homotopie, c’est-à-dire en modifiant trois croisements, le nœud se défait tout seul. Voilà ce qui est dit dans la leçon.

P.-Ch. Cathelineau – Ecoutez, je n’ai pas la même leçon que vous, donc…

J. Maucade – Ce n’est pas la même lecture.

H. Ricard – Ce n’est pas la même lecture, peut-être ?

V. Nusinovici – La même lection

H. Ricard – La même lection, c’est pas mal…il y a la diction aussi…

M. Darmon – Ca ne change pas grand-chose la mise en continuité et strictement parlant, on ne peut pas parler classiquement d’homotopie mais Pierre-Christophe [Cathelineau] a dit que c’était un axiome de Lacan.

P.-Ch. Cathelineau – C’est un nouvel axiome,

H. Ricard – Un axiome mathématique,

M. Darmon – Effectivement, il parle de mise en continuité dans cette leçon.

M. Bercovici – Ce n’est pas l’homotopie, la mise en continuité.

M. Darmon – Dans la leçon il en parle de…

M. Bercovici – Après, oui, il dit on va parler de l’homotopie, c’est ce deuxième temps. Ça c’est une homotopie.

M. Darmon – On n’a pas le séminaire ici ? Personne n’a le séminaire ?

B. Vandermersch – Quelle est la différence, Pierre-Christophe [Cathelineau] si ça se passe en un temps ou en deux temps.

P.-Ch. Cathelineau – Mais la différence c’est que vous avez là, là où c’est très puissant comme fonctionnement, malgré les objections qui me sont faites mais au moins il y a des objections, c’est bien, on peut mettre les choses sur la table, vous avez,

M. Bercovici – Il y a plusieurs personnes qui ont sur internet cette version de la leçon ; elles sont toutes pareils. (M. Darmon – oui ce n’est pas très). L’homotopie, c’est une opération qui ne se fait que dans la continuité, il n’y a aucune discontinuité dans l’homotopie, jamais.

P.-Ch. Cathelineau – Ecoutez, ce n’est pas la définition que j’ai vue dans Milnor par exemple. Non, ce n’est pas du tout cette définition là qu’il y avait. Il y a un problème de définition probablement.

M. Bercovici – Une homotopie, c’est une transformation continue sans déchirure ni coupure

M. Darmon – On n’a pas le séminaire, on ne peut pas travailler.

M. Bercovici – On n’a pas le séminaire mais c’est absolument continu…

B. Vandermersch – Non mais je crois que de toute façon ce que tu souhaites, c’est qu’il y a, appelons-là comme on voudra, une transformation, tu insistes pour qu’elle soit continue, qu’elle ne passe pas par une coupure

J. Maucade – Ce n’est pas une chirurgie

P.-Ch. Cathelineau – En tout cas c’est une coupure qui s’inscrit dans la continuité

B. Vandermersch – Oui avec des effets

M. Darmon – Il y a page 33 : « une autre façon de la résoudre ce serait de mettre en continuité ce que j’ai dessiné d’abord en jaune et en rouge », c’est-à-dire il parle de mise en continuité et après il parle de l’homotopie. (M. Bercovici – Voilà !) Bon ! Mais ça ne change pas grand-chose à la démonstration de Pierre-Christophe [Cathelineau] parce que, effectivement cette façon de combiner la mise en continuité et l’homotopie,

M. Bercovici – Cette mise en continuité ne peut pas être une homotopie (M. Darmon – Non ! non)

P.-Ch. Cathelineau – C’est ce que j’ai dit, c’est que j’ai dit ! Mais tu vas le dire.

M. Darmon – Pierre-Christophe [Cathelineau] a dit que ce n’était pas une homotopie au sens de Milnor.

P.-Ch. Cathelineau – Je l’ai dit. Ce n’est pas milnoréen.

M. Darmon – On appelle plus ça homotopie, on appelle ça mise en continuité.

P.-Ch. Cathelineau – En tout cas ce que Lacan a repris ce terme d’homotopie en faisant référence à Milnor mais en posant une axiomatique qui est nouvelle.

J. Maucade – Il redéfinit l’homotopie par rapport à Milnor.

M. Bercovici – C’est la deuxième opération, l’homotopie. C’est la deuxième opération qui est là, l’homotopie.

J. Maucade – Il montre ça en deux temps mais ce n’est une deuxième opération.

B. Vandermersch – Non, ce que je voudrais savoir c’est quel est l’enjeu de la chose. Pourquoi tu insistes beaucoup, Pierre-Christophe [Cathelineau] sur cette histoire de continuité plutôt que quelque chose qui se ferait par une coupure parce que ce que tu décris de la clinique, tu voudrais qu’elle passe inaperçue, qu’elle se fasse de façon continue ?

P.-Ch. Cathelineau – Elle passe inaperçue, c’est-à-dire que d’une génération à l’autre on se pose la question de savoir pourquoi le symptôme a opéré pour le père et n’opère plus pour le fils. Pourquoi ?

J. Maucade – C’est important parce que ça répond à la clinique,

B. Vandermersch – Oui, cela dit entre le père et le fils, il y a une discontinuité quand même.

P.-Ch. Cathelineau – Il y a une discontinuité mais cette discontinuité dans le langage, elle a fonctionné sur un mode continu, c’est-à-dire que ce qui s’est résorbé, pour le dire comme ça, dans la mesure où la nomination symbolique s’est résorbée dans le Symbolique, pour le dire de façon claire, ça veut dire quoi, ça veut dire que le fils va considérer que la nomination symbolique auquel fait référence le père est relative à un ordre symbolique qui implique d’autres nominations symboliques et donc il n’y a plus ce caractère d’exception à cette nomination symbolique dans la mesure où elle s’est résorbée dans le Symbolique ; elle est devenue une parmi d’autres et donc ça n’a plus cette importance et l’on voit ça cliniquement, c’est vérifiable, ce n’est pas une invention. On voit que la nomination symbolique s’est résorbée dans le symbolique par une opération qui est liée au fait que le père peut-être n’a pas suffisamment tenu sur son symptôme ou sur sa référence symbolique, mais en tout cas, ça s’est résorbé. Donc je pense que ça correspond à des phénomènes cliniques extrêmement concrets et précis.

V. Hasenbalg Corabianu – Ça fait penser à la laïcité (P.-Ch. Cathelineau – Par exemple)

J. Maucade – Ça touche aussi à la question du nom propre (M. Darmon – aussi)

P.-Ch. Cathelineau – Vous voyez que c’est très puissant. (H. Ricard – Mais qu’est-ce qui fait cause dans votre…?) La lecture du lien social est beaucoup plus opératoire avec ça que si on parle dans le registre du sens.

V. Hasenbalg Corabianu La transformation, pour qu’elle soit discontinue, on peut imaginer la révolution d’octobre, par exemple, de rupture, la découverte de l’Amérique, c’est-à-dire des événements, du jour au lendemain, ce n’est plus la même chose du tout. Non, là tu parles d’un changement de structure de quelque chose qui s’est fait dans le continu, tu ne peux pas situer où.

H. Ricard – Et soixante-huit, ce n’est pas quelque chose qui l’évoque ?

B. Vandermersch – Sauf qu’il y a quand même le passage d’une génération à l’autre. Et comment tu rendrais compte par exemple qu’une mère, qu’une dame qui n’a rien de psychotique transmette quelque chose qui fait que l’enfant n’a plus l’appui d’une nomination symbolique.

P.-Ch. Cathelineau – Je ne parle pas de psychose !

B. Vandermersch – Non mais ça pourrait, il y a aussi le fait que c’est quelque fois au passage d’une génération à l’autre, une psychose qui se déclenche à la génération d’en-dessous, enfin Lacan disait qu’il fallait trois générations. Il y a quand même, dans ce que tu décris, il y a un processus continu mais qui aboutit à un moment à une rupture, enfin à un changement. Est-ce que ce changement il se situe, tu le vois dans l’évolution de l’enfant à un moment de son existence ou est-ce que tu le vois dans le passage de la génération ?

P.-Ch. Cathelineau – Moi, je pense que, il y a deux possibilités, soit ça se passe dans le passage d’une génération, soit il s’agit d’un choix, c’est-à-dire que ce passage du trois au quatre est lié à une décision subjective, c’est-à-dire que c’est la décision subjective de relativiser la dimension de la nomination symbolique du quatre au trois et ce qu’il faut dire aussi, et vous l’avez vu dans votre clinique, et là je parle à des praticiens, c’est qu’il est possible, alors vous allez me dire, c’est totalement aberrant, c’est qu’avec certains sujets on puisse passer du trois au quatre, c’est-à-dire qu’on puisse reconstituer dans la continuité la dimension de la nomination symbolique.

H. Ricard – Mais qu’est-ce qui peut socialement faire cause dans ce phénomène, une génération, on passe d’une génération à l’autre ? Ce n’est pas la révolution d’octobre ni la découverte de l’Amérique, ce n’est pas 68, j’imagine. Qu’est-ce que c’est, ça arrive…?

B. Vandermersch – C’est une décision subjective,

P.-Ch. Cathelineau – Quand je dis repasser du trois au quatre il est évident (H. Ricard – Non, non mais du quatre au trois) du quatre au trois oui,

H. Ricard – Qu’est-ce qui peut faire cause ?

J. Maucade – La science ?

H. Ricard – Le discours de la science ?

B. Vandermersch – En tout cas la globalisation,

M. Darmon – Le capitalisme,

H. Ricard – L’équivalence des registres,

B. Vandermersch – L’équivalence des références (P.-Ch. Cathelineau – bien oui) parce qu’elles sont toutes sur le même plan.

P.-Ch. Cathelineau – Exactement !

E. Caruelle-Quilin – Ça veut dire que ça ne fera pas un objet par coupure (P.-Ch. Cathelineau – Non) ça fera un objet par équivalence,

H. Ricard – Et les effets alors de la structure du nœud à trois dans la conduite des adolescents. Vous parlez de l’addiction,

P.-Ch. Cathelineau – Ecoutez, il y a des effets qui sont des effets psychopathologiques comme on dit dans notre groupe et son vocabulaire boursouflé et puis il y a des effets qui sont des effets d’invention, voilà ce que je dis et je pense qu’on aurait plus intérêt à regarder les effets d’invention que les effets psychopathologiques.

V. Hasenbalg – on revient à ce que tu disais, la création du monde,

V. Nusinovici – Les effets psychologiques sont induits alors, sont induit par le thérapeute, sinon c’est la structure de rêve.

E. Caruelle-Quilin –Bien sûr !

P.-Ch. Cathelineau – Je ne dis pas que c’est la structure de rêve mais il y a des gens qui n’ont pas besoin de thérapeute et qui fonctionnent à trois

E. Caruelle-Quilin – Non mais, c’est possible qu’on soit devant un nœud qui s’invente aujourd’hui, c’est-à-dire effectivement si on a fonctionné sur une structure avec un nœud à quatre pendant très longtemps effectivement il faut peut-être une génération pour que les gens apprennent à s’en servir, c’est possible, sans que ce soit forcément le déclin du nom du père.

B. Vandermersch – Ceux qui fonctionnent avec deux nominations symboliques, c’est-à-dire que le système du référence peut après tout on peut être issu d’une mère musulmane et (P.-Ch. Cathelineau – C’est mon cas, c’est mon cas !) et d’un père,

P.-Ch. Cathelineau – Mais tu sais que la réponse qu’on pourrait te donner, la réponse c’est très simple avec Lacan, tu te réfères au nom du père, les noms du père et tu constates que Lacan nomme les trois nominations, les trois ronds, noms du père, les noms du père donc ça veut dire que le système de régulation symbolique de celui qui fonctionne à trois, ne s’opère plus par rapport à une exception dans la structure mais par rapport au trois et donc tu as un type d’économie qui n’est plus le même.

H. Ricard – On pourrait discuter les textes parce qu’il emploie l’idée d’un trou unique en relation avec les trois noms du père dans le texte de je crois que c’est de RSI donc là ça part du trois, ça part du trou unique, je me permets quand même de faire cette remarque.

T. Pitavy – Mais le trou, c’est le trois,

E. Caruelle-Quilin – Oui c’est le trois le trou,

H. Ricard – Ah non, il ne dit pas trois trous,

Tathyana Pitavy – Non mais le trou, c’est un triple trou,

E. Caruelle-Quilin – Le triskel,

J. Maucade – Mais c’est le rapport à l’Autre,

P.-Ch. Cathelineau – Enfin je veux dire, même si on n’est pas tous d’accord et je sens des réticences, c’est les mêmes qu’il y a eu il y a cinq ans mais je pense qu’on est là devant un texte,

B. Vandermersch – Attends Pierre-Christophe [Cathelineau] je t’arrête, il n’y a aucune réticence sauf sur la façon dont tu décris le processus qui reste difficile à saisir mais pour le reste on est d’accord sur la façon dont tu abordes la question. Il n’y a aucune réticence de ma part (H. Ricard – Moi j’ai) Ce qui est important c’est de voir effectivement comment décrire d’une façon un peu solide ce qui se passe dans le monde contemporain et puis même pour chacun d’entre nous. Par exemple, l’histoire du nœud à trois, parce que Lacan est aussi lui-même il peut dire, il va dans plusieurs sens mais dans le nœud à trois comment distinguer les trois, à ce moment-là on tombe dans la personnalité et la paranoïa. Donc, les RSI sont sans doute les noms du père mais peut-être qu’il a fallu pour qu’ils soient les noms du père, une nomination qui a permis une distinction et ensuite elle est résorbable. Maintenant si on fonctionne dans une société où il n’y a plus que des petits nœuds à trois, qu’est-ce qui va permettre la transmission de la distinction par exemple ou d’une référence qui soit quatrième mais qui permet un ordonnancement.

P.-Ch. Cathelineau – Non mais ce qui,

E. Caruelle-Quilin – Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y ait pas une autre façon de faire,

B. Vandermersch – Les nœuds à trois, ils sont strictement équivalents,

E. Caruelle-Quilin – Oui mais ça ne veut pas dire identiques,

B. Vandermersch – À partir moment où ils sont strictement équivalents, qu’ils ont une même consistance et qu’on ne peut pas les distinguer, ça pose quand même une difficulté,

E. Caruelle-Quilin – Oui ça pose une difficulté mais ça veut ne pas dire qu’il faut revenir en arrière,

M. Bercovici – Alors là justement,

B. Vandermersch – Sauf s’ils ont été préalablement colorés.

E. Caruelle-Quilin – Parce que si les trois dimensions, c’est le trou, l’existence et la consistance, à ce moment-là ils sont tout à fait distinguer dans un nœud à trois sans nomination,

B. Vandermersch – Ils sont tous les trois exactement pareils

E. Caruelle-Quilin – Mais il y a un trou, ils existent, ils sont troués et ils sont tous les trois, trois cercles par équivalence,

B. Vandermersch – Il ne suffit pas qu’il y ait un trou pour faire un être humain,

E. Caruelle-Quilin – Non, il faut une consistance,

B. Vandermersch – Il faut pas un trou parce que le trou, la première chose qu’il fait, c’est qu’il faut le boucher. (E. Caruelle-Quilin – Oui). Bon, enfin

H. Ricard – Je pose encore une question, je n’ai toujours pas compris la différence entre le nœud borroméen et le nœud borroméen généralisé.

M. Bercovici – Ce que je veux dire. Ce qui me semble important c’est ce nœud-là qu’il propose dans cette leçon est un nœud qui n’est pas équivalent aux autres et l’intérêt de ce nœud, c’est qu’il se défait par homotopie, c’est-à-dire par auto-traversée d’une seule consistance, ce qui n’est pas le cas de l’autre nœud borroméen. C’est ça, à mon avis qui méritait des commentaires : c’est un nœud borroméen qui n’est pas équivalent aux autres,

M. Darmon – Oui, il y a une consistance n’est pas équivalente aux deux autres.

M. Bercovici – Ça mérite vraiment des commentaires, qu’est-ce que ça veut dire cliniquement ça ? C’est ça qui mérite le commentaire.

P.-Ch. Cathelineau – Excusez-moi du peu !

M. Darmon – Pierre-Christophe [Cathelineau] ce que tu as montré, c’est que il y avait une continuité entre le nœud à quatre c’est-à-dire avec le symptôme et une continuité possible avec le nœud à trois généralisé où l’une des consistances, effectivement, se défaisait par homotopie. Alors ce qui est intéressant à mon avis, c’est la dimension socio-politique de l’affaire c’est-à-dire qu’on a comme tu le disais une résorption du nom du père dans ce passage d’un nœud à quatre avec la nomination symbolique à un nœud à trois, nœud à trois généralisé, ce qui est tout à fait parlant par rapport à notre clinique où on pourrait dire que les pères ne sont plus les agents de la castration (J. Maucade – Oui, ça sera Dieu alors à ce moment-là) c’est-à-dire que la castration, si on peut encore parler de castration se rencontre dans le langage même,

H. Ricard – Ce n’est pas une utopie pour la … [inaudible]

P.-Ch. Cathelineau – Ce n’est pas une utopie,

J. Maucade – c’est une homotopie,

H. Ricard – C’est la catastrophe,

M. Darmon – Oui mais attends deux secondes ; il y a aussi cette possibilité de réversion. Alors le phénomène important c’est la mise en continuité possible, contrairement à ce que Lacan présentait avec les nœuds précédents où il n’était pas question de changer la structure du nœud où on parlait de coupure ou de chirurgie pour opérer. Là il y a une sorte de possibilité. Alors ça va très loin parce que la mise en continuité qui est supposée comme hypothèse dans cette transformation, elle réduit tous les entrelacs et tous les nœuds au nœud trivial.

P.-Ch. Cathelineau – Oui, oui tout à fait.

M. Bercovici – Ça les dénoue,

P.-Ch. Cathelineau – Enfin bon voilà.

Tous – Bravo !

P.-Ch. Cathelineau – J’espère que cette fois-ci cela aura été entendu.

Transcription : E. Boslikwa, M. Combet, R. Kalfon, P. Claveirole

Relecture : F. Salvan, B. Vandermersch, D. Latour, É. Croisé-Uhl

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