Accueil

 

Oh, when the saints... - Norbert Bon

BON Norbert
Date publication : 20/06/2017

 

Quelle que soit l'opinion que chacun peut avoir de cette majorité absolue et bigarrée que les électeurs auront conduit à l'assemblée -renouvellement salutaire des élites fatiguées ou patchwork à fragmentation prévisible à plus ou moins long terme -, un psychanalyste ne peut qu'être admiratif devant cette démonstration de la puissance du signifiant dès lors qu'il rencontre opportunément une conjoncture favorable.
La conjoncture favorable, c'est évidemment le boulevard ouvert à gauche, de façon prévisible, par le désamour des français à l'égard de la majorité sortante et, à droite, de façon inattendue -encore que calculée selon les complotistes- par la dégringolade morale du candidat promis à la victoire.
Quant à l'efficacité du signifiant, elle tient d'abord au fait que plutôt que de pointer "Les assis", à l'instar de Rimbaud qui était lui aussi un clinicien du verbe, il fait appel aux marcheurs de bonne volonté en leur promettant l'Eden au terme d'une saison au purgatoire. Elle tient ensuite au fait que c'est un fils qui se lève parmi les frères pour dire "en marche", tandis que les pères disqualifiés par les promesses non tenues et la chute des idéaux qu'ils promouvaient ne peuvent plus agiter que des slogans négatifs : éviter le pire. Ce sont bien sur aussi les connotations mythiques, voire mystiques du signifiant "En Marche", entre autres : le "Marchons, marchons" de La Marseillaise, "La longue marche" de Mao Ze Dong et le "Lève-toi et marche !" de Jésus à Lazare.
Alors le mariage de droite et gauche fera-t-il rapport, "Un nouvel amour" ? ou verra-t-on l'attelage tirer à hue et à dia ? Ceux qui ont souhaité être in that number devront attendre que l'épreuve soit suffisamment engagée pour savoir s'ils ont joué le bon cheval...
Nancy, le 14 juin 2017

Espace personnel

POST- TESTTEST