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Extraits de la leçon I du 16 novembre 1976. Séminaire XXIV de Jacques Lacan. L’insu que sait de l’une bévue s’aile à mourre (1976-1977)

LACAN Jacques
Date publication : 13/05/2015
Dossier : Dossier de préparation - Journées : Les amours fatales de l'identité. Enjeux cliniques et politiques

 

Parce qu’il est clair que l’identification, c’est ce qui se cristallise dans une identité. D’ailleurs ce fication dans le français est en allemand autrement énoncé, Identifizierung, dit Freud, dans un endroit où j’ai été le retrouver, parce que je ne me souvenais pas que j’avais fait un séminaire sur l’Identifizierung. Je ne me souvenais pas, je me souvenais quand même de ce qu’il y avait dans le chapitre, je ne savais pas que j’y avais consacré une année. Mais je me souvenais qu’il y a pour Freud au moins trois modes d’identification, à savoir l’identification auquel il réserve — je ne sais pas bien pourquoi — la qualification d’amour. Amour, c’est la qualification qu’il donne à l’identification au père. Qu’est-ce que c’est que d’autre part ce qu’il avance d’une identification faite de participation? Il appelle ça, il épingle ça de l’identification hystérique. Et puis il y a une troisième identification qui est celle qu’il fabrique d’un trait, d’un trait que j’ai autrefois — j’en avais gardé quand même le souvenir sans savoir que j’avais fait tout un séminaire sur l’identification — d’un trait que j’ai appelé «unaire», ce trait unaire nous intéresse parce que, comme Freud le souligne, c’est pas quelque chose qui a affaire spécialement avec une personne aimée. Une personne peut être indifférente et un trait unaire choisi comme constituant la base d’une identification. Ce n’est pas indifférent, puisque c’est comme ça que Freud croit pouvoir rendre-compte de l’identification à la petite moustache du Führer dont chacun sait qu’elle a joué un grand rôle.(…)

(…)Voilà ce qu’aujourd’hui, et je conviens que ce n’est pas nourriture facile, mais ce que j’aimerais la prochaine fois, à savoir dans le 2e mardi de décembre, ce que j’aimerais entendre la prochaine fois de quiconque d’entre vous, c’est la façon dont de ces deux modes de repliement du tore y étant adjoint un 3e qui, lui, est celui-ci :

FiginsuI7b

Supposez que nous ayons un tore dans un autre tore, la même opération est concevable pour les 2 tores, à savoir d’une coupure faite dans celui-ci et d’une coupure autre, distincte, puisque ce n’est pas le même tore, faite dans celui-là. Il est dans ce cas tout à fait clair — je vous le laisse concevoir — que le repliement de ces deux tores nous donnera une même trique, mais à ceci près que dans la trique il y aura un contenu analogue, à ceci près que pour les 2 cas, cette fois-ci, l’intérieur sera à l’extérieur et de même pour celui-ci ; je veux dire pour le tore qui est à l’intérieur.

Comment, vous poserai-je la question, comment identifier — car c’est distinct — comment identifier l’identification hystérique, l’identification amoureuse dite au père, et l’identification que j’appellerai neutre, celle qui n’est ni l’une, ni l’autre, qui est l’identification à un trait particulier, à un trait que j’ai appelé — c’est comme ça que j’ai traduit l’Einziger Zug — que j’ai appelé à n’importe quel trait ?

Comment répartir ces trois inversions de tores homogènes donc dans leur pratique, et en plus qui maintiennent la symétrie, si je puis dire, entre un tore et un autre, comment les répartir, comment désigner d’une façon homologue l’identification paternelle, l’identification hystérique, l’identification à un trait qui soit seulement le même? Voilà la question sur laquelle j’aimerais, la prochaine fois, que vous ayez la bonté de prendre parti. (…)

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