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Freud et Lacan... quelques citations

FREUD Sigmund, LACAN Jacques
Date publication : 13/02/2015
Dossier : Dossier de préparation. Journées - Réel de la science. Réel de la psychanalyse

 

Sigmund Freud in Métapsychologie, pulsions et destins des pulsions

Nous avons souvent entendu formuler l'exigence suivante : une science doit être construite sur des concepts fondamentaux clairs et nettement définis. En réalité, aucune science, même la plus exacte, ne commence par de telles définitions. Le véritable commencement de l'activité scientifique consiste plutôt dans la description de phénomènes, qui sont ensuite rassemblés, ordonnés et insérés dans des relations. Dans la description, déjà, on ne peut éviter d'appliquer au matériel certaines idées abstraites que l'on puise ici ou là et certainement pas dans la seule expérience actuelle. De telles idées — qui deviendront les concepts fondamentaux de la science — sont dans l'élaboration ultérieure des matériaux, encore plus indispensables. Elles comportent d'abord nécessairement un certain degré d'indétermination ; il ne peut être question de cerner clairement leur contenu. Aussi longtemps qu'elles sont dans cet état, on se met d'accord sur leur signification en multipliant les référencés au matériel de l'expérience, auquel elles semblent être empruntées mais qui, en réalité, leur est soumis. Elles ont donc, en toute rigueur, le caractère de conventions, encore que tout dépende du fait qu'elles ne soient pas choisies arbitrairement mais déterminées par leurs importantes relations au matériel empirique ; ces relations, on croit les avoir devinées avant même de pouvoir en avoir la connaissance et en fournir la preuve. Ce n'est qu'après un examen plus approfondi du domaine de phénomènes considérés que l'on peut aussi saisir plus précisément les concepts scientifiques fondamentaux qu'il requiert et les modifier progressivement pour les rendre largement utilisables ainsi que libres de toute contradiction. C'est alors qu'il peut être temps de les enfermer dans des définitions. Mais le progrès de la connaissance ne tolère pas non plus de rigidité dans les définitions. Comme l'exemple de la physique l'enseigne de manière éclatante, même les « concepts fondamentaux » qui ont été fixés dans des définitions voient leur contenu constamment modifié.

Il y a un concept fondamental conventionnel de ce genre, encore assez confus pour l'instant, dont nous ne pouvons nous passer en psychologie : c'est celui de la pulsion. Essayons de lui donner un contenu, en l'abordant par divers côtés.


Jacques Lacan, L'insu que sait de l’une bévue s’aile à mourre

Leçon du 11 janvier 1977 (pp 52-53, éd ALI)

La psychanalyse - je l'ai dit, je l'ai répété tout récemment - n'est pas une science. Elle n'a pas son statut de science et elle ne peut que l'attendre, l'espérer.

Mais c'est un délire, c'est un délire dont on attend qu'il porte une science, c'est un délire dont on attend qu'il devienne scientifique. On peut attendre longtemps... On peut attendre longtemps, j'ai dit pourquoi : simplement parce qu'il n'y a pas de progrès et que ce qu'on attend ce n'est pas forcément ce qu'on recueille. C'est un délire scientifique donc, et on attend qu'il porte une science mais ça ne veut pas dire que jamais la pratique analytique portera cette science.

C'est une science qui a d'autant moins de chance de mûrir qu'elle est antinomique. Quand même, par l'usage que nous en avons, nous savons qu'il y a des rapports entre la science et la logique.


Lacan, Le moment de conclure

Leçon du 15 novembre 1977 (p. 9)

Ce que j’ai à vous dire, je vais vous le dire, c'est que la psychanalyse est à prendre au sérieux, bien que ça ne soit pas une science. C’est même pas une science du tout. Parce que l'ennuyeux, comme l’a montré surabondamment un nommé Karl Popper, c'est que ce n'est pas une science parce que c’est irréfutable.

C’est une pratique. C’est une pratique qui durera ce qu’elle durera, c’est une pratique de bavardage. Aucun bavardage n'est sans risques. Déjà le mot « bavardage » implique quelque chose. Ce que ça implique est suffisamment dit par le mot « bavardage ». Ce qui veut dire qu'il n'y a pas que les phrases, c'est-à-dire ce qu'on appelle les propositions, qui impliquent des conséquences, les mots aussi. « Bavardage » met la parole au rang de baver ou de postillonner. Elle la réduit à la sorte d'éclaboussement qui en résulte. Voilà.

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