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Extrait de : clôture des journées de l’Ecole freudienne de Paris « Les mathèmes de la psychanalyse », 02.11.1976

LACAN Jacques
Date publication : 12/12/2014
Dossier : Dossier de préparation du Séminaire d'hiver 2015

 

Et alors comment est-ce que je traduis ça ? Je traduis ça comme ça par une sorte d’homophonie. C’est très bizarre que je me le permette ; c’est une méthode de traduire après tout comme une autre !

Supposez que quelqu’un entende le mot Unbewusst répété 66 fois et qu’il y ait ce qu’on appelle une oreille française. Si ça lui est seriné bien sûr, pas avant, il traduira ça par Une bévue. D’où mon titre, où je me sers du « du » partitif, et je dis qu’il y a de l’une bévue là-dedans.

Une bévue, ce n’est pas du tout une chose une, puisque pour qu’il puisse y avoir bévue, il faut qu’il y en ait au moins deux. Et je crois que c’est très difficile d’éviter de faire de l’une bévue quelque chose qui soit marqué de ce que j’appellerai – ce n’est pas moi qui ai trouvé ça tout seul, j’ai consulté, parce que de temps en temps j’essaie de me mathématiser, alors je vais voir un mathématicien ; et ce mathématicien, je lui ai demandé qu’est ce qui faisait qu’il y avait de l’un ? Ca fait longtemps que je me suis aperçu qu’il y avait de l’un mais je me suis aussi aperçu que l’un, ça n’a rien à faire avec l’inconscient, puisque pourquoi est-ce qu’on dit une bévue ? Elle n’est pas une, elle consiste justement à glisser, à déraper de quelque chose dont on a l’intention dans quelque chose qui se présente comme exactement ce que je viens de dire, comme un dérapage. Alors comment exprimer mathématiquement ce défaut d’unitude, puisque c’est le terme que m’a suggéré le mathématicien que je vais voir de temps en temps, le nommé Guilbaud, unitude, ça veut dire ce qui en somme fait rond ; on retrouve là mes histoires de ronds, de ronds de ficelle notamment, ces ronds de ficelle débouchent sur bien d’autres questions, nommément sur qu’est-ce qui le fait rond ? Est-ce que c’est le trou ?

(…)

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