Accueil

 

Mitan et bords de l'Espace-Temps : ce que le créole de la Guadeloupe dit du Temps et de l'Espace.

POULET Hector
Date publication : 03/01/2014
Dossier : Dossier de préparation des journées : PAWÒL PA NI KOULÈ. Incidences subjectives du bilinguisme créole-français aux Antilles

 

Reste un ensemble de monèmes grammaticaux, ou morphèmes, qui sont « té », « ké », « ka » qui n'ont pas de signifié particulier, dont la fonction centrale est d'accompagner les verbes, prendre, parler et danser. Ce sont ces morphèmes qui font que les créoles ne sont pas immédiatement intelligibles à un francophone, et qui font dire à d'autres, les substrativistes, que les créoles sont probablement des langues de structure africaine.

Passé, présent, futur : dans le mitan du Temps.

Dans cet énoncé il est question de « prendre le temps », mais de quel temps s'agit-il, d'un temps passé identifie par le morphème (té), d'un temps à venir (ké), ou du temps présent (ka) ? Il s'agirait donc pour un même verbe (dansé) des trois temps, simultanément ! Comment est-ce possible ? Comment une action « dansé » peut-elle être à la fois dans le passé, le présent et le futur ?

La notion de temps ne serait-elle pas la même en créole et en français ? Tous les peuples n'appréhenderaient-ils pas le temps de la même façon ? Il me revient qu'en occident même, avant que les horloges ne donnent l'heure avec la notion de durée au clocher des églises, toutes les journées étaient considérées comme ayant une même durée de douze heures du lever au coucher du soleil ; mais alors, les heures des jours d'été duraient plus que les heures des jours d'hiver ! La notion de durée et de temps varie donc non seulement en fonction des cultures et des civilisations mais encore en fonction des instruments de mesure dont dispose la société en question. Sans repères, dans un environnement étranger au plus grand nombre, pour des individus qui le plus souvent n'avaient jamais vu ni horloge, ni sablier, ni clepsydre, les sociétés de plantation, sans instruments de mesure de la durée, ont mis spontanément en place une langue pour que les uns communiquent avec les autres en utilisant le seul temps qui était à leur portée, celui de leur souvenir immédiat et des souvenirs plus anciens : le passé.

J'ai essayé, en m'aidant de la structure de la langue créole, de comprendre où se trouvait le milieu du temps et quels en étaient les contours. Mais le temps aurait-il un mitan et un bord ? Et où se trouve-t-on quand on est dans l'entre-deux ? Entre le mitan de l'espace-temps et ses bords ?

Pour ce qui est du mitan, j'utiliserai essentiellement la structure de la langue créole et dans cette structure le groupe verbal (SV). Plutôt que de faire de la grammaire descriptive qui pourrait être rébarbative, je vais utiliser une image et un graphe, plus faciles à manier que les mots seuls, tout en sachant que ce ne sont là que des approximations, des représentations aussi imparfaites que celles qui consisteraient à représenter le temps par un long fleuve tranquille ou par une étoile filante, ou encore par un avion laissant dans son sillage une trainée de vapeur blanche.

Représentons-nous donc le temps comme une ligne sur un plan horizontal, une toile bien tendue par exemple. Inéluctablement de la gauche vers la droite, une bille roule. La bille c'est le sujet, le locuteur qui, en roulant sur le plan, en parlant, le déforme en provoquant autour de sa parole une onde qui le devance à peine et fait comme si la bille était à l'intérieur d'une bulle. La bille et sa bulle ne se matérialisent qu'à l'instant même où le locuteur commence à parler. Pendant tout le temps où il s'exprime, le temps ne s'arrête pas pour autant, la bille continue inexorablement à se déplacer sur une ligne droite, sur la toile tendue, dans le temps, de la gauche vers la droite.

  1. Nous appellerons morphème zéro la bille et sa bulle, et nous les représenterons graphiquement par le symbole Ф, mais ce symbole ne s'exprime pas à l'oral et ne figure pas forcément à l'écrit devant les verbes, nous saurons simplement qu'il s'agit de la bille qui se déplace et donc qu'il est forcément toujours présent même quand ce symbole n'est pas graphié. Le symbole Ф ,qu'il soit graphié ou non, précédera toute forme verbale, signifiera que l'action est déjà achevée au moment de la prise de parole parce que le temps continue à se déplacer au cours de l'énonciation. Si nous prenons comme exemple le verbe dansé. Nou Ф dansé qui se dit nou dansé, signifiera que l'action, bien que ne pouvant être datée avec précision, est achevée, même si elle n'a duré qu'une fraction de seconde, quoiqu'il en soit nous ne dansons plus. Nou Ф dansé traduit l'instantanéité de l'action mais dit qu'elle est déjà terminée, c'est une action accomplie : en français « nous avons dansé ».
  2. Le temps écoulé se trouve lui, à la gauche de ce morphème zéro, Ф. Ce temps qui n'est plus, mais dont le sujet garde un souvenir, est le seul temps t dont il sera ici question. En créole de la Guadeloupe, pour le signifier, on fait précéder le verbe d'un opérateur, té, pour dire qu'il s'agit d'une opération datée, dont on a, en tout état de cause, gardé le souvenir. Nou té dansé, se situe dans le temps du souvenir. C'est le temps qui s'est écoulé avant l'énonciation, temps plus ou moins lourd de souvenirs : en français « nous avions dansé ».
  3. Si le sujet, la bille qui continue à rouler dans sa bulle, à l'instant même de l'énonciation, parle d'une action qui n'est pas achevée, il utilisera le morphème ka. Cet opérateur ka est une alternative à Ф ; placé devant le verbe il ne signifie pas que le temps s'est figé au cours de l'action, mais que l'action a continué tandis que le temps continue inexorablement à se déplacer. Ka est le morphème de l'inaccompli, de l'action inachevée. Nou ka dansé pourrait se traduire par « nous dansons », mais il signifie plus exactement, « nous sommes en train de danser ». Le morphème ka ne nous parle pas du temps présent, lequel n'existe pas puisque trop fugace et insaisissable, mais d'une action qui continue à progresser avec le temps, d'une action dans son déroulement ; comme la forme « be + ing » en Anglais. C'est l'aspect duratif de l'action qui est signifié par ka.
  4. Mais l'action peut n'avoir pas encore commencé, au moment de l'énonciation, le sujet dans sa bulle qui est la conscience qu'il a des choses, peut imaginer ou souhaiter une action. Si au moment de l'énonciation, l'action n'étant pas commencée, mais que le locuteur, se projetant dans ce temps qui n'est pas encore advenu, parle de cette action il utilisera le morphème ké. Quand on dit Nou ké dansé, il y a me semble-t-il, mais c'est très subjectif, moins de certitude que dans le français « nous danserons ». C'est que le temps futur en créole, sans certitude, semble vidé d'avenir, il n'est pas considéré comme un temps, mais comme une vague éventualité, le sujet parle sur un mode prospectif d'un projet qui pourra se réaliser. Alors que le passé était lourd de souvenirs, le futur lui semble vide, ou en tout cas « flo », léger d'avenir et pour ainsi dire hypothétique.

Le mitan du temps est donc le locuteur lui-même au moment de l'énonciation, comme s'il se trouvait au milieu d'un embranchement avec le passé derrière lui, té ; et, devant lui, deux voies , il doit d'un côté dire si l'action dont il parle est advenue et achevée Ф, si elle est commencée et qu'elle continue à durer, dans ce cas il utilise le duratif ka, ou bien si l'action n'est pas encore initiée, mais seulement envisagée dans un futur incertain et indéterminé ké.

[Nous avons simplifié volontairement cette présentation du mitan du temps, sans entrer dans les détails. Par exemple nous n'avons pas abordé entre autres possibles, la forme négative de l'énoncé. Signalons cependant qu'il peut exister plusieurs ka : outre ce ka1 : duratif ; il existe un ka2 : itératif et ka3 : infinitif.]

En conclusion : seul nous parle du temps, celui que nous pouvons dater ou évoquer, c'est-à-dire le passé, les autres morphèmes ne parlent pas de temps, mais de mode, pour une action envisagée avant même qu'elle n'ait été initiée ; et d'aspect «Ф /ka » accompli ou inaccompli pour une action qui est terminée ou en cours de réalisation.

Té, Ф/ ka, ké sont les quatre morphèmes de base de l'énonciation. La structure de l'énonciation est à l'image de l'espace-temps dans lequel nous vivons, il est en 4 dimensions. Nous avons avec « danser » les 4 possibilités suivantes :

  1. Nou té dansé.
  2. Nou Ф dansé.
  3. Nou ka dansé.
  4. Nou ké dansé.
Conbinatoire : La combinaison de ces morphèmes va permettre de nuancer la pensée.
  1. si dans le passé une action durait nous aurons té + ka . Ce qui en français correspond à l'imparfait. Nou té ka dansé : nous dansions.
  2. Si, toujours dans le passé elle était envisagée mais pas encore initiée elle ne pourrait se réaliser que si certaines conditions étaient réalisées, nous aurons alors té + ké . Nou té ké dansé : nous danserions, et/ ou nous aurions dansé.
  3. Si une action, qui est seulement envisagée dans le futur, pourrait dans ce temps non advenu, durer un certain temps, nous aurons ké + ka. Cette combinaison ne correspond à aucun temps ni mode courant en français, nous ne pouvons le traduire que par un mode « futur progressif » : nou ké ka dansé, : nous serons en train de danser.
  4. Ce qui implique une concordance non seulement de temps, mais aussi de mode, dans le cas où l'énoncé comporte plusieurs propositions.

Antan-lontan nou jenn, nou ka dansé : Autrefois nous étions jeunes nous dansions.

Si alèkilé nou ni mizik nou té ké dansé : Si en ce moment nous avions de la musique nous danserions.

Lè zòt rivé akaz nou ka dansé : Quand vous arriverez à la maison nous serons en train de danser.

  1. Si (antan-lontan) nou pwan tan pou nou palé,(alèkilé) kolé-séré nou ké ka dansé.

Cette combinaison de temps de mode et d'aspect se fait dans un ordre strict TM, TA, MA, TMA toute inversion est impossible, comme il est impossible de remonter le cours du temps.

[Entre le mitan et les bords du temps : des « modifieurs ».

Il s'agit là d'un procédé central de combinaisons de morphèmes du syntagme verbal de tous les créoles. Chaque créole a ses morphèmes propres et des dérivés qui se placent entre le mitan du système et ses bords. Ainsi sur le même modèle d'autres morphèmes vont servir à nuancer l'énoncé. Je les ai appelé des modifieurs. En créole de la Guadeloupe nous avons « sòti » (temps), « pou »(mode), « kay »(aspect) qui fonctionnent exactement comme té, ké et ka, se combinent entre eux et peuvent même se combiner avec les premiers etc...Ainsi nous pouvons avoir « té + sòti » ; « té + pou » ; « té + kay « , « ké + kay » « té + ké + pou » et même une combinaison en voie de disparition « ni + pou » qui n'est pas sans rappeler le modal anglais « have + to » le plus souvent de nos jours remplacé par « dwèt ».Enfin il existe un modifieur qui aura pour fonction de dire l'antériorité d'une action par rapport à une autre : ja /déjà, et qui lui aussi pourra rentrer dans les combinaison telle que té+ké+ja+ka précédant la forme verbal.

Nous avons présenté là le système relativement simplifié, nous n'avons pas par exemple abordé le cas des verbes défectifs en créole qui sont des verbes comme : tini, sav,konnèt, enmé, hay ; pisimyé, vlé, pé etc.. qui ne prennent l'aspectuel « ka » que dans des aspects particuliers. De même nous avons passé sous silence les contractions comme té + ké qui devient « té'é », un té long, à ne pas confondre avec té court. Enfin nous n'avons pas du tout abordé la phrase à la forme négative les accords euphoniques qui font que pa se dit devant ka mais devient pé devant ké, et po devant ko pour pas encore. En bref, nous avons beaucoup simplifié pour aider à la compréhension du système.]

Les autres créoles, comme le créole haïtien par exemple, fonctionnent à quelques nuances près sur le même modèle avec té (temps), pral (mode), Ф/ ap (aspect).

Il est possible que ce système paraissent bien complexe à des non créolophones et qu'ils se demandent comment un procédé aussi sophistiqué ait pu se mettre en place, quand, et par qui ? Le système a-t-il atteint son équilibre parfait , ou bien est-il toujours en train d'évoluer ? L'arrivée de l'écrit, le fait que le créole est désormais enseigné dans les classes, et parler à la télévision ou à la radio, toutes ces choses nouvelles vont-t-elles jouer sur certaines subtilité ?

Sur les bords du temps : p'asi bò ;

Si le système TMA occupe le centre de gravité du temps, le mitan du temps de l'énonciation, où situer alors les bords du temps ?

Dans le lexique lui-même.

Le lexique, le vocabulaire, nous parlera d'un « temps flou » aussi bien dans le passé que dans le futur, nous entendrons : « p'asi bò » ou « p'asi koté » pour « autour de », « aux environs de ».

Yè, nou kontré p'asi bò twazè : Hier nous nous sommes rencontrés vers trois heures.

Dèmen, nou ké kontré p'asi bò midi : demain nous nous rencontrerons vers midi

Cette imprécision sur l'horaire nous interpelle : est-elle seulement la conséquence de personnes qui n'ont pas d'instrument de mesure du temps et qui par conséquent restent dans le flou et l'imprécision ?

On pourrait le penser, si cette même imprécision ne se retrouvait pas quand il est question d'espace.

« i ka rété P'asi bò Granfon » « il habite du côté des Grands fonds, sans plus de précision.

De même on pourra entendre :

« Sé on moun p'asi anba » pour parler de quelqu'un qui est d'origine de la Basse-Terre.

Ces bords de l'espace et du temps sont flous ; nous donnons ci-dessous une liste d'expressions créoles qui témoignent de ce manque de précision.

  • Dire le passé :

Antan-lontan : autrefois, jadis.

Ni nanni-nannan / ni on syèktan : il y a très longtempsAn tan dyab té tigason : ça date de Mathusalem....tan fè tan, tan kité tan... : ..et le temps a passé...Ou alors un évènement particulier servira de repère :An tan SorenAvan siklòn, avan lasoufriyè, avan siklòn 28 ou avan Igo.
  • Dire le présent :
Alè / alèkilé : maintenant.Jòdijou / jòdla : aujourd'hui, de nos jours.Onfwa-onfwa / onfwa-lamenm, alè-alè : sur le champ, à l'instant, immédiatement.
  • Dire le futur :
Dèmen sipétadyé/ sidyévlé.... : demains si dieu veut, s'il plait à dieu.A onlòt /a nenpòt solèy : à un autre/n'importe quel solèy, au revoir.
  • Dire le temps à travers certaines expressions françaises n'est pas toujours directement intelligible :
J'ai tout mon temps : pourrait se dire « tan an-mwen sé tan-mwen » (mon temps m'appartient)Laisser du temps au temps : pourrait se dire « ba tan, tan fè tan » mais l'expression est si inattendue, que nous mettons du temps à la décrypter.Même imprécision dans l'espace :

an dèwò, an grandlo, pour les pêcheurs c'est derrière l'horizon, le large.

A Nolfolk, ou Miklon, c'est le bout du monde.

Lamenm-la / toupré-la / atèla-la : juste à côté.(remarquons que « lamenm » peut aussi bien vouloir dire « aussitôt » que « tout près d'ici »)

Lòtbò, c'est de l'autre côté de de la mer, sans plus de précision, c'est « anba-la » là-bas, notre limite absolue étant bòdlanmè, qui d'après l'expression « bodlanmè pa lwen » n'est jamais bien loin quand on vit sur une île.

Quant aux points cardinaux, nord, sud, est, ouest qui sont généralement les repères de tout individu, ils sont ignorés, au point que pendant longtemps les instituteurs ont fait répéter aux enfants des écoles « les vents d'ouest apportent la pluie » comme c'était écrit dans les manuels du programme officiel, sans se rendre compte qu'ici ce sont les vents d'est (les alizées) qui apportent la pluie ! Nous entendrons : « moun p'asi anho, moun p'asi anba » le haut et le bas étant le haut et le bas de la carte de géographie, le nord et le sud, donc la latitude et non l'altitude. L'Est et l'Ouest seront « ovan » et « soulvan ». P'asi lanmè, p'asi montangn, p'asi men dwèt, p'asi men gòch, sont également des procédés pour indiquer une direction.

Reste à dire le haut et le bas de l'espace, le dessus et le dessous qui sont « pa anlè », « pa anba ».

Le ciel est mal répertorié, si nous mettons à part sòlèy é lalin, seuls deux mots permettent de désigner des objets célestes, gwokato désigne tantôt l'étoile Sirius, tantôt la planète Vénus et lapousinyè qui est le nom des Pléiades. Mais nous n'avons par exemple rien trouvé pour parler de la voie lactée, de l'étoile polaire ou de la croix du sud.

Il en va de même des nuages si l'on excepte machann-chabon pour parler d'un cumulo-nimbus amas nuageux qui annonce l'arrivée d'un orage ou de « syèl a titiri », un ciel moutonné, qui comme « zéklè a pisyèt » annonce le moment d'aller pêcher les alevins dans les embouchures

(Notre ignorance du ciel à pour conséquence notre ignorance de notre position sur le globe terrestre, notre difficile compréhension de ce que représente exactement les tropiques, et par voies de conséquence notre incompréhension de ce que signifie le zénith. Ainsi nous avons longtemps annoné cette phrase des livres de géographie de France : « le soleil est au sud à midi » sans nous rendre compte que pour ce qui nous concerne d'après notre latitude le soleil est deux fois par an au sud, deux fois par an au nord, et deux fois par an au zénith de notre ile.)

Enfin qu'en est-il de l'espace intrinsèque dont chaque individu s'entoure, variable selon chaque culture ? Il est notable qu'ici, bien que nous vivons sous les tropiques, l'espace intrinsèque n'a rien de comparable avec les peuples méditerranéens. Si les gens s'embrassent facilement, on est loin des grandes embrassades, accolades, étreintes, manifestations démonstratives, des attitudes corporelles de grande proximité des latins ou même des africains, ici on gardait ses distances jusqu'à il y a peu. Ce n'est que tout récemment qu'on peut voir des amoureux se tenir par la main en public, même si de tous temps dans la semi-obscurité du « toufé-yenyen » des salles de bals le « dansé-mabouya kolé-kolé, kolé-séré », était de règle.

Le flou de l'espace et du temps nous conduit quelquefois à des expressions qui peuvent être cocasses. Je me rappelle une invitation en français portant un rendez-vous vers 3h précises !

Il suffit de se faire indiquer son chemin pour se rendre compte du procédé qu'utilise le plus souvent le créolophone : l'explication passe systématiquement par élimination successive comme par exemple : « vous verrez un manguier, ce n'est pas là, puis vous arriverez à un quatre chemins, ce n'est pas là... », il s'agit pour celui qui donne les explications de tenter de lever le flou qu'il a lui-même en lui, pour se repérer dans l'espace.

En conclusion :

Si pour trier les évènements, en passé, passé antérieur, passé immédiat, imparfait, présent, présent d'habitude, futur proche, conditionnel, etc... le créole a imaginé un procédé original de temps, de mode et d'aspect avec une combinatoire stricte.

pour ce qui est du vocabulaire de description du temps et de l'espace, la langue créole reste dans le flou, comme si le noyau dur du temps était le temps vécu et tout le reste une nébuleuse, comme si le locuteur signifiait ainsi sa non main mise sur son environnement spatio-temporel.

Espace personnel

POST- TESTTEST