Accueil

 

Écritures de l'enfant mort : deuxième tour

JAMART Claude
Date publication : 05/11/2013
Dossier : Dossier de retour du Séminaire d'Hiver 2013

 

Mais il y en avait d’autres, des féroces, qui traçaient au scalpel leur écriture sanglante sur le corps mort de l’enfant en raison du désir de la science de voir et de savoir. La lecture de ce livre de chair et de ses figures était pour moi à cette époque de ma carrière hospitalière, un bloc d’abîme. Celui qui renvoie chacun à l’ Hilflosigkeit infantile et à ce que Winnicott a appelé "agonies primitives"[1].

De la cure, je savais aussi qu’il en existait des secrètes. Celles qui défiaient l’effacement, et gardaient trace au lieu même du corps et de ses conduites, et qui ne se révélaient que de façon inattendue et incidente. Elles concernaient l’enfant laissé sans nom, sans sépulture, qu’il soit réel ou imaginaire.

C’est la rencontre avec Marcia, jadis, qui m’a jetée sur les routes d’un périple théorique à la recherche de l’enfant-mort.

Marcia est enceinte de quatre mois et demi quant à l’occasion d’une visite médicale pour douleurs thoracique évoquant une pneumonie, elle est hospitalisée d’urgence dans un service d’hémato-oncologie avec un diagnostic de leucémie. Elle apprendra dans le même temps que le traitement de chimiothérapie qui doit être instauré au plus vite implique qu’elle avorte, et qu’elle deviendra stérile. Tout ira très vite, beaucoup trop vite, dira-t-elle plus tard, sans qu’il ne lui soit possible d’en éprouver, penser ou dire quelque chose.

Je la rencontrerai, au lit du malade, deux fois par semaine, pendant trois années consécutives à chacune de ses longues hospitalisations. Seize mois après le début de sa maladie, Marcia va très mal d’un point de vue somatique, sans que les médecins, multipliant les examens, ne trouvent d’explication. Ils finiront par lui dire leur impression d’une cause psychologique. Ils envisagent d’arrêter tous les traitements et de lui proposer un retour à domicile. A cette période, j’éprouve durant les entretiens avec elle, une impression nouvelle de ne pouvoir l’atteindre, elle semble détachée de tout, retirée dans un espace où elle ne me laisse plus la possibilité de la rejoindre. M’interrogeant avec elle à ce sujet, elle dira avoir été atterrée par les déclarations médicales en ce que cela signifiait dès lors que c’était elle qui était responsable de son état s’empirant. Elle se sentait comme une enfant coupable qu’on abandonne à son sort. Elle parlera pour la première fois de la perte de son second enfant, de l’horreur sidérante de cet accouchement provoqué, de ce moment où elle avait du l’expulser, et où elle l’avait senti glisser hors d’elle, sans pouvoir le retenir ni empêcher cette chute dans la mort. Et puis, elle ne savait pas ce qu’on en avait fait, les pensées les plus sordides lui venant autour du thème "on l’avait mis à la poubelle". Et puis, il n’y avait pas de tombe où elle aurait pu se rendre.

Et soudain cette phrase : "Le bébé aura un an la semaine prochaine", qu’elle corrigera aussitôt: "aurait eu un an". Elle savait qu’il était mort, mais il avait continué à vivre et à grandir en elle secrètement, elle l’avait nommé et continuait imaginairement, à lui prodiguer au jour le jour, les soins que toute mère attentive donne à son enfant.

Elle trouvera progressivement dans ses mots, une façon de donner sépulture à cet enfant.

Sur la route théorique de l’enfant mort, j’ai fait de belles rencontres : On tue un enfant[2], Serge Leclaire, Entre la mort et la famille : la crèche, Jacques Hassoun[3], Logique des passions, Roland Gori[4], « Les voies intérieures », Catherine Chabert[5], et bien d’autres. Mais progressivement, un sentiment de déploration m’accablait devant ce tableau : « L’enfant-mort mis à mort par les théoriciens même ». L’autopsie avait bien eu lieu, nous savions tout de lui, tout, et le reste.

Jusqu’à cette relecture du commentaire de Lacan du rêve « Père, ne vois-tu pas que je brûle » qui sauvait l’enfant-mort de cette nouvelle mort, qui consistait à le dépouiller de tout point d’énigme. Et dans la leçon du 29 janvier 64, à la première occurrence de ce rêve, Lacan s’interroge : « Où fut la passion de Freud ? »[6].

Dans les leçons qui précèdent, Lacan avait précisé la structure de béance de l’inconscient et sa fonction ontique « en ce que son ordre ce n’est, ni être, ni non-être, c’est : du non réalisé. »

Il évoque à ce sujet « la fonction des limbes ; ou dans le registre mythique, ces êtres intermédiaires, médiateurs ambigus que sont les sylphes, les gnomes. L’inconscient a bien à voir avec cette ouverture infernale que Freud avait articulé au début de la Traumdeutung ». Et Lacan d’ajouter « Ontiquement, l’inconscient, au statut inconsistant, fragile, discontinu, c’est l’évasif. Et il se manifeste à nous d’abord, comme quelque chose qui se tient en attente dans l’aire, dirais je, du non né. Que le refoulement y déverse quelque chose ce n’est pas étonnant, c’est le rapport aux limbes de la faiseuse d’anges. ».

Freud conclut la Traumdeutung, en commençant par ce rêve qui nous donne à entendre, dit Lacan, « ce mystère le plus angoissant, celui qui unit un père au cadavre de son fils, ce mystère d’un secret, qui n’évoque rien d’autre que le monde de l’au-delà, et je ne sais quel secret partagé entre cet enfant et ce père. ».

Ainsi, par-delà la figure de l’enfant-mort, surgissait celle d’un père, coupable, et un secret partagé… « L’héritage du père, c’est son péché » nous rappelle Lacan.

J‘ai toujours pensé que, dans les premières lignes du chapitre VII de laTraumdeutung, quelque chose clochait : « Au nombre des rêves qui m’ont été rapportés », écrit Freud, « il en est un qui mérite une attention particulière. Je le tiens d’une malade qui l’a entendu raconter dans une conférence sur le rêve ; je ne sais pas exactement quelle est sa source »[7].

Comment croire cela ? Comment en effet, ne pas établir de rapprochement entre ce rêve et ce poème de Goethe : « Erlkönig, Le Roi des Aulnes ».

Le poème retrace une chevauchée dans la nuit, celle du père tenant son enfant dans ses bras, et la rencontre avec la mort sous les traits du Roi des Aulnes. Les appels réitérés du fils au père restent vains, le père est aveugle et sourd :

Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes,

Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne

Mon père, mon père, quoi ? tu n’entends donc pas

Ce que le Roi des Aulnes me promet à voix basse ?

Mon père, mon père, ne vois-tu donc là-bas

Les filles du Roi des Aulnes dans cet endroit lugubre ?

Le poème se termine par ces vers :

L’effroi saisit le père, il galope très vite

Il tient dans ses deux bras l’enfant tout gémissant,

Il arrive à grand-peine au port

Dans ses bras, l’enfant était mort.

Ce poème, très célèbre, a été écrit en 1782 à l’époque où Goethe travaillait à son drame Egmont, en même temps qu’il connaissait une période d’intense activité administrative, sociale et poétique. Il a fait l’objet d’un nombre très important d’exégèses qui n’ont pas manqué de signaler que Goethe avait perdu son père cette année là et que la reprise du thème, de "la mort-dans-le-retour dans les bras du père", déjà présent dans les premiers poèmes n’était sans doute pas sans lien avec cette mort.

Des six cents lieder que Schubert écrit entre 1811 et 1828, il est dit qu’Erlkönigaurait été composé en 1815 dans un état "d’exaltation intense ». « Le sujet le renvoyait, il est vrai, dit la pochette du disque, à de douloureuses blessures intimes : sur le fond d’un piano impétueux, stylisant à la fois le déchaînement des éléments et le bouleversement des esprits, l’enfant est en proie au choix cruel entre un père réel, aimant mais impuissant et un père fantasmé -le roi des Aulnes - séduisant et mortel »[8].

« Exaltation intense » sont également les mots que Didier Anzieu[9] utilise pour évoquer l’état de Freud au moment de la rédaction du chapitre VII de laTraumdeutung qu’il rédige en deux semaines en septembre 1899. Nous sommes à la date anniversaire de la mort de son père. C’est durant l’été 1896, que Jacob tombe gravement malade, pour mourir le 23 octobre. Freud en est profondément touché. Dans la nuit du 25 au 26, il fait le rêve : "On est prié de fermer les yeux, un œil". Anzieu termine la biographie du jeune Freud de l’auto-analyse en 1902, au moment où va s’interrompre la correspondance avec Fliess. Ce serait Fliess, dit Anzieu, qui aurait mis fin à leur correspondance de crainte que ses idées ne soient plagiées par Freud. Les deux derniers envois de Freud seront une carte postale en septembre et en novembre, le 28, un billet de condoléances : la femme de Fliess vient d’accoucher d’un enfant mort-né.

Je terminais alors ce premier tour par cette question : qu’est ce qui amène, pour un homme, la figure de l’enfant-mort, dans le temps de la mort de son père ?

Et je n’avais à l’époque comme début de piste que ces propos de Charles Melman au sujet de la transmission : « On peut dire de la transmission qu’il y en a au moins trois. Une réelle, c’est celle qui se déchiffre chez le notaire. Une qui assurément est imaginaire, c'est-à-dire celle que vous croyez devoir investir, que vous imaginez qu’il vous a été dévolu de transmettre, de poursuivre. Et puis, il y a une transmission symbolique. C’est toujours celle d’une dette, c'est-à-dire de ce qui n’a pas été accompli par les prédécesseurs, par les ancêtres, et que le fils pour se maintenir dans l’Autre reprend à son compte. Il continue le combat qu’il le veuille ou pas. Alors qu’est ce qui n’a pas été assuré par les ancêtres ? Pourquoi est ce que nous nous trouvons tous devant une dette à payer ? Et bien, nous pouvons répondre là-dessus : ce qu’ils ont laissé en suspens, c’est la jouissance qu’ils n’ont pas accomplie. C’est là, le péché originel, le seul péché qu’il y ait, le seul que nous vivions comme péché, c’est de ne pas aller au terme de la jouissance qui nous est prescrite par l’Autre. »[10].

J’avais laissé là le texte, sur un « à suivre… ».

L’argument de ces journées, l’idée de plasticité et de circularité de l’écriture borroméenne qui se révélait à moi à travers la perspective de la ronde des papas de Freud, une ribambelle de papas, une Frégolisation de papa, un papa aléatoire… m’a donné envie d’engager un deuxième tour sur ces questions.

Deuxième tour, qui reprend aux premières lignes du chapitre VII et qui interrogeant l’ignorance de Freud quant aux sources de ce rêve, y voit une formation symptomatique qui lui fait oublier le nom de Goethe et le rend aveugle à tout ce que ce nom représente pour lui. Une figure paternelle, et le désir de s’inscrire dans cette filiation prestigieuse.

Vu le temps dont nous disposons, je ne vous proposerai qu’un mini trip dans cette direction, qui mériterait à coup sur une attention plus subtile.

En 1917, dans l’article de Freud « Un souvenir d’enfance de Dichtung und Warheit »[11], l’écrit biographique de Goethe, une affinité plus intime se dévoile entre eux. Celle en référence à la mère, celle que confère la place et le statut de « Liebling », de favori de la mère, «conférant à ces élus », dit Freud, « des forces qui semblent héroïques, entrainant pour la vie l’assurance du succès. ».

Mais on a beau être le favori, le désir d’enfant d’une mère peut être insatiable : d’autres enfants naissent, dont certains meurent en bas âge : Julius pour Freud, Jakob, Katarina, Johanna et Georg pour Goethe.

L’épisode de la vaisselle cassée avec jubilation, jetée par la fenêtre par le jeune Johannes Wolfgang Goethe, vraie fête de la destruction, est interprété par Freud comme l’expression de vœux de mort de l’ainé à l’égard du cadet, intrus gênant, et révèle la position subjective de Freud, dans un des axes directeurs de ses rapports aux semblables : rivalité fraternelle et mort. Evoquant la relation à son neveu John, paradigmatique des ses amitiés masculines, Freud précise « Avoir un ami intime et un ennemi haï, telles furent les exigences nécessaires à ma vie affective ; j’ai toujours su recréer l’un et l’autre et souvent mon idéal d’enfant s’est réalisé au point que l’ami et l’ennemi se sont retrouvés rassemblés dans la même personne. ».

Dans le trajet freudien réapparait régulièrement sous diverses formes, un couple masculin se livrant à un combat mythique pour assurer un principe de souveraineté, combat mythique sous-tendu par un fantasme qu’il n’y aurait de mort que du fait d’un meurtre.

Sur la scène onirique, dès qu’est envisagée une menace de destruction, Freud se voit plus volontiers occuper la place de l’exterminateur que celle de victime nous dit Monique Schneider qui dans une minutieuse lecture croisée, des textes de Freud et de Goethe, attire également notre attention sur d’autres identifications imaginaires qui le lient à Goethe[12].

Notamment celle exercée, dans la fascination, par la figure de Méphistophélès et qui soutient un fantasme fondamental chez Freud : celui qui détient les commandes du mal est à l’abri de toute destruction. Monique Schneider nous dit d’ailleurs « qu’en tant que Juif, Freud ne peut que se trouver dans un rapport d’affinité avec la figure diabolique. Et de citer ces mots du Malaise dans la culture«Le diable est encore le meilleur subterfuge pour disculper Dieu; il remplirait là cette mission de soulagement économique que le monde où règne l’idéal aryen fait remplir au juif. ».

Mais c’est peut-être moins cette figure diabolique qui est fascinante, que la relation entre Faust et Méphisto et qui révèle une structure d’échanges faisant côtoyer un principe d’ambigüité présidant à la circulation de forces contraires, antithétiques.

De plus, cette revendication diabolique et sa réjouissance maniaque se révèlerait plus une formation défensive par rapport à la figure de l’enfant-mort et à l’identification mélancolique qu’elle peut susciter. C’est là que Monique Schneider reprend ce thème de l’enfant-mort par lequel j’avais commencé.

Au cours de ce deuxième tour, je me suis rendue compte que jusqu’alors, je n’avais pensé Freud qu’en tant que juif et voila que je le découvrais allemand et bien plus imprégné de culture allemande que je ne le savais. Depuis, une amie germaniste m’a corrigée : Freud était autrichien et parlait allemand.

Découverte sans doute renforcée par mon intérêt pour le travail de plasticien d’Anselm Kiefer, qui refusant l’oubli du passé, s’interroge sur la possibilité d’être un artiste allemand après l’Holocauste[13] et l’appropriation par le IIIe Reich de la tradition culturelle et artistique allemande.

Son travail se développe selon un processus complexe de tissage, d’entrecroisement de thèmes, de motifs, de configurations, en constante réélaboration. Et c’est la structure labyrinthique de l’œuvre qui nous en donne la cohésion.

Les sources de son iconographie sont nombreuses : l’histoire et la culture allemande, la kabbale, l’alchimie, ce qui n’est pas sans rejoindre les écrits secrets de Goethe, la mythologie, la poésie…

Depuis 1969, le thème des Non-nés apparait sous diverses modalités plastiques : livres, tableaux, installations, photographies, liées à la notion de stérilité des paysages et auxquels est associé sous diverses nominations la figure de Lilith.

Elle appartient à la procession des « femmes de ruine » liées aux catastrophes mythiques et historiques : Brunehilde, les Vierges folles, Marguerite-Gretchen…

Lilith identifiée à la première Eve, créée de la même terre qu’Adam, demande à être son égale et devant le refus de Dieu, prononce le nom ineffable et s’envole vers la mer Rouge où elle vit entourée de bêtes.

La tradition kabbalistique « de tueuse de nouveau-nés » en fait une figure démoniaque mais dans le travail de Kiefer elle deviendra progressivement la mère du peuple profane, déesse tutélaire d’un monde d’où le sacré s’est retiré, le monde contemporain.

S’il est une figure qui dans le monde freudien, demeure une figure intouchable c’est bien celle de la mère. Et il y aurait ici à reprendre la question de « La maman de Freud ».

Pourtant dans le Faust II, Méphisto nous rappelle ce que signifie : « descendre jusqu’aux Mères »[14] :

Je répugne à dévoiler ce très haut mystère…

Des déesses trônent, majestueuses et solitaires,

Autour d’elles, pas de lieu et moins encore de temps,

Pour parler d’elles, on ne sait comment s’y prendre.

Ce sont les Mères »



[1] Donald W Winnicott, « La crainte de l’effondrement », dans Figures du vide, Nouvelle Revue de Psychanalyse, n°11, Gallimard, 1975
[2] Serge Leclaire, On tue un enfant, Ed. Seuil, 1975
[3] Jacques Hassoun, Entre la mort et la famille : la crèche, Ed. Maspero, 1973; Ed. Payot, 1977
[4] Roland Gori, Logique des passions, Denoël, L’espace analytique, 2002
[5] Catherine Chabert, « Les voies intérieures », Revue Française de Psychanalyse, 5/1999
[6] Jacques Lacan, Séminaire Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Ed. Seuil, p.35 et suivantes ; Ed. Ali, p. 42 et suivantes, 1964
[7] Sigmund Freud, « L’interprétation des rêves », traduction Meyerson, Chapitre VII « Psychologie des processus du rêve », p. 433, Ed. Puf, 1926-1967
[8] Franz Schubert, Lieder sur des poèmes de Goethe, par Mathias Goerne, Decca, p. 7. Erlkönig a été écrit en 1815. En août de cette année, Schubert écrit cinq lieder le19, six autres le 25, et huit le 15 octobre
[9] Didier Anzieu, L’auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse, Ed. Puf, Bibliothèque de Psychanalyse, 3eme édition en un seul volume, p. 532, 1988
[10] Charles Melman, « La transmission par la psychanalyse », dansTransmission
[11] Sigmund Freud, « Un souvenir d’enfance de Poésie et vérité », Ed. Puf, vol XV, p. 63
[12] Monique Schneider, « Freud, lecteur et interprète de Goethe », Revue Germanique Internationale, Goethe cosmopolite, N°12, 1999
[13] C’est ainsi que Daniel Arasse nomme la Shoah ; voir Daniel Arasse,Anselm Kiefer, Ed. Regard, 2012
[14] Voir Goethe : Faust : Urfaust, Faust I, Faust II, édition établie par Jean Lacoste et Jacques Le Rider, Ed. Bartillat, p. 424, 2009

Espace personnel

POST- TESTTEST