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Nous vous proposons la lecture de quelques extraits de texte en préparation de la journée : " Comment se pose aujourd'hui la question de la castration à une femme ?"

COLLECTIF
Date publication : 12/06/2014

 

Texte de préparation aus journées Comment se pose aujourd'hui la question de la castration à une femme ?« Image du Zuydersee. Le continent y gagne sur la mer. La terre est certes mère elle-même, mais mère qui peut porter sans engloutir.C’est pourquoi je pense que le continent noir, celui de la féminité (au sens où l’on désignerait ainsi la sexualité féminine) est un continent que l’on ne peut ni gagner ni explorer. Le Weibliche n’y est-il pas menace en soi ? Menace sur tout ce que les premières décisions établissent d’un dedans et d’un dehors, dont l’avant et l’après ne peuvent pas être dissocié […]. Et la contradiction qui semble marquer le texte freudien, qui fait des femmes à la fois les mères et les gardiennes des valeurs culturelles et morales, et, pour ce qui est de ces mêmes valeurs, des êtres inférieurs à leur double masculin, n’est-elle pas la proposition presque tangible d’une évidence que j’exprimerai ainsi : les femmes, qui sont cause du fait qu’une nette définition est nécessaire d’un dedans et d’un dehors, sont des êtres auxquels, sous ce rapport, on ne peut faire nulle confiance. Pire encore : c’est contre elles qu’il faut sans cesse défendre une telle définition.»GRANOFF (Wladimir), La pensée et le féminin, Éditions de Minuit, 1976 (page 255).

« Je retrouve dans mes papiers ce texte de Lacan, non daté. Je crois qu’il me fut remis afin d’être publié dans Scilicet, puis (pour quelle raison ?) retiré par l’auteur de la liasse. J’imagine ainsi qu’il s’agit d’un inédit, au moins pour la plus grande part. Qui me corrigera ou démentira ? »

Charles Melman

« Mais l’hystérique n’est pas une femme. Il s’agit de savoir si la psychanalyse telle que je la définis donne accès à une femme. Ou si qu’une femme advienne, c’est affaire de doxa, c’est, comme la vertu l’était au dire du Ménon (mais non, mais non), ce qui ne s’enseigne pas.Ici cela se traduit : ce qui ne peut d’elle - d’une femme - être su dans l’inconscient, soit de façon articulée. La question s’est élevée d’un degré depuis que j’ai démontré qu’il y a du langagièrement articulé qui n’est pas pour cela articulable en parole, – et que c’est là simplement ce dont se pose le désir.Il est facile pourtant de trancher. C’est justement de ce qu’il s’agisse du désir en tant qu’il met l’accent sur l’invariance de l’inconnue, que son évidement par l’analyse ne saurait l’inscrire dans aucune fonction de variable, laquelle proprement est ce qui permet à d’innombrables femmes de fonctionner comme telles, c’est-à-dire en faisant fonction de papludun de leur être pour toutes leurs variations situationnelles.C’est là la portée de ma formule du désir dit insatisfait. (NM : L’hystérique est chemin fonctionnel : / introduction au papludun /.)Il s’en déduit que l’hystérique se situe d’introduire le papludun dont s’institue chacune ” des ” femmes, par la voie du ” ce n’est pas de toute femme que se peut dire qu’elle soit fonction du phallus ”. Que ce soit de toute femme, c’est là ce qui fait son désir, et c’est pourquoi ce désir se soutient d’être insatisfait, c’est qu’une femme en résulte, mais qui ne saurait être l’hystérique en personne. C’est bien en quoi elle incarne ma vérité de tout à l’heure, celle qu’après l’avoir fait parler, j’ai rendue à sa fonction structuraliste. (La Verneinung en fait justice).Le discours analytique s’instaure de cette restitution. Il a suffi à dissiper le théâtre dans l’hystérie. Il répond sûrement au recul théâtral dont s’autorise un Brecht. C’est dire qu’il change de face des choses pour notre époque, et pourquoi pas ? Seule cette canaillerie qui, de se mesurer à l’acte psychanalytique, se résorbe en bêtise, persiste, et je me souviens de l’écho de chiasse qu’enregistra l’entrée en jeu de ce que je dis, sous l’espèce d’un article sur le théâtre chez l’hystérique. La psychanalyse d’aujourd’hui n’a de recours que l’hystérique pas à la page : quand l’hystérique prouve que la page tournée, elle continue à écrire au verso et même sur la suivante. Car elle est logicienne.Ceci pose la question de la référence faite au théâtre par la théorie freudienne : l’Œdipe pas moins. »LACAN (Jacques), Le Bulletin de l’Association freudienne, numéro 54, 1993 (pages 13 à 21).

« Si pas toutes les femmes n’ont affaire avec la fonction phallique, est-ce que ça implique qu’il y en a qui ont affaire avec la castration ?Eh bien, c’est très précisément le point par où l’homme a accès à la femme.Je veux dire... Je le dis pour tous les analystes, ceux qui traînent, ceux qui tournent, empêtrés dans les rapports œdipiens du côté du père : quand ils n’en sortent pas de ce qui se passe du côté du père, ça a une cause très précise. C’est qu’il faudrait que le sujet admette que l’essence de la femme ça ne soit pas la castration, et pour tout dire, que ce soit à partir du Réel. À savoir que, mis à part un petit rien insignifiant (je ne dis pas ça au hasard), eh bien elles ne sont pas castrables : parce que le phallus, dont je souligne que je n’ai point encore dit ce que c’est, eh bien, elles ne l’ont pas. C’est à partir du moment où c’est de l’impossible comme cause que la femme n’est pas liée essentiellement à la castration, que l’accès à la femme est possible dans son indétermination. »LACAN (Jacques), …Ou pire (Séminaire 1972, leçon du 12 janvier 1972), Éditions hors commerce de l’Association lacanienne internationale, 2008.

« Enfin ! Je vais sauter le pas. Pour qui est encombré du phallus, qu’est-ce qu’une femme ? C’est un symptôme. C’est un symptôme et ça se voit, ça se voit de la structure là que je suis en train de vous expliquer. Il est clair que s’il n’y a pas de jouissance de l’Autre comme telle, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de garant rencontrable dans la jouissance du corps de l’Autre qui fasse que jouir de l’Autre comme tel ça existe, ici est l’exemple le plus manifeste du trou, de ce qui [ne] se supporte que de l’objet a lui-même, mais par maldonne, par confusion. Une femme, pas plus que l’homme, n’est un objet a. Elle a les siens, que j’ai dit tout à l’heure, dont elle s’occupe, ça n’a rien à faire avec celui dont elle se supporte dans un désir quelconque. La faire symptôme, cette une femme c’est tout de même la situer dans cette articulation au point où la jouissance phallique comme telle est aussi bien son affaire. Contrairement à ce qui se raconte, la femme n’a à subir ni plus ni moins de castration que l’homme. »LACAN (Jacques), R. S. I., (Séminaire 1974-1975, leçon du 21 janvier 1975), Éditions hors commerce de l’Association lacanienne internationale, 2002.

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