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Mises en continuité

BRINI Jean
Date publication : 06/05/2016

 

Transcription de l'intervention de Jean Brini aux journées, L'invention en topologie pour la clinique II (23 et 24 juin 2012)


Le noeud borroméen, cet étrange objet que Lacan nous a laissé «au creux de la main», peut-il être utilisé en clinique ? Et si oui, de quelle sorte d'utilisation peut-il bien s'agir dès lors que Lacan souligne qu'il ne saurait s'agir d'un modèle ? C'est en partant de cette question, et sans jamais la perdre de vue que nous tentons, depuis plusieurs années, de mettre à l'épreuve un usage du noeud qui serait comme d'un «pousse au dire». Nous tentons en somme d'élaborer une pratique qui pourrait se décrire comme une «énonciation assistée par la topologie», en nous appuyant notamment sur les textes remarquables publiés par les éditions de l'ALI dans la collection «Les jardins de l'Asile».

Il nous a semblé au cours de ces tentatives qu'une représentation revenait souvent, qui était que, dans certaines pathologies, deux des trois registres RSI pouvaient se trouver – de manière permanente, structurale, ou alors de façon temporaire – mis en continuité l'un avec l'autre, leurs deux consistances se trouvant alors ramenées à une seule : RS, SI ou IR. Cette hypothèse revenait nous semblait-il souvent sous la plume des auteurs des «traits du cas», mais sans qu'une figuration topologique plus précise soit donnée de ce que pouvait impliquer cette mise en continuité sur l'ensemble d'un noeud borroméen ainsi «blessé».

C'est pourquoi nous avons pris l'initiative d'effectuer une sorte de catalogue des possibilités de mise en continuité de deux registres, au terme d'une unique «épissure», ... pour voir ce qu'il pouvait en résulter. Cette exploration nous a semblé suffisamment féconde pour que nous en présentions certains résultats.

Ainsi dans le cas de Raphaëlle (Leçon I du livre de Danielle Brillaud), l'affirmation de la patiente : «Je suis belle en réalité, mais je suis laide dans la glace... j'ai même pensé que le reflet dans la glace était faux...» nous a suggéré une mise en continuité des registres symbolique et imaginaire selon le schéma :

mise en continuite1est transformé en mise en continuite2

Nous avons alors eu la surprise d'observer que ce que D.Brillaud décrit comme une disjonction de l'image et de l'objet - ce dernier n'étant plus pris dans les parenthèses de i(a) mises en place lors du stade du miroir - semblait lisible sur le schéma obtenu : on y voit en effet un «décoinçage» de l'objet a, qui devient ainsi libre de se répandre dans tout le domaine délimité par le rond du réel, avec le risque de son apparition non voilée et les effets d'obscénité potentiels soulignés par l'auteur.

Lors des journées de juin 2012, nous tenterons de développer cet exemple et d'autres qui nous ont encouragés à nous appuyer sur ces variantes de «noeud blessé» pour accompagner notre lecture des cas présentés.

Jean Brini

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