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Pour introduire la psychosomatique (1)

VANDERMERSCH Bernard
Date publication : 27/05/2015

 

  • Qu'appelle-t-on psychosomatique ?
  • Qu'est-ce qu'un corps humain ? (I)
  • Qu'est-ce qu'un corps humain ? (II)
  • La fonction du fantasme (III)
  • Pourquoi pense-t-on à un déterminisme psychosomatique si le sujet n'est pas concerné par l'évènement déclenchant ? (IV)
  • Le déclenchement (V)
  • Le "parler" psychosomatique (VI)
  • Le fantasme psychosomatique (VII)
Le terme psychosomatique a été créé en 1930 par un psychanalyste, Fritz Alexander, à propos de maladies dont le déterminisme semblait impliquer la vie psychique du sujet.Repris par la médecine, il est utilisé dans diverses acceptions. Il peut noter simplement la déception du médecin devant une pathologie qui ne fait pas la preuve de son organicité ("c'est psychosomatique !"). Il peut exprimer l'idée qu'il n'y aurait pas de coupure entre psyché et soma. Il y aurait ainsi des maladies somatiques dont la cause serait psychique, des maladies dites pour cela psychosomatiques, d'où la nécessité de promouvoir une médecine psychosomatique qui traiterait dans un même élan le psychique et le somatique.Cette idée de prendre en charge l'Homme dans sa totalité a sans doute contribué à humaniser l'exercice de la médecine. Malheureusement elle prolonge un certain aveuglement.Le problème n'est pas d'une prétendue coupure entre psyché et soma. L'une et l'autre s'offrent à l'exploration et à la mesure par des moyens scientifiques, ceux de l'anatomie, de la physiologie, de la psychologie, de la sexologie, etc.La coupure réelle, celle sur laquelle bute tout exercice responsable de la médecine, passe entre Le corps pour la science qui se laisse voir, explorer, mesurer et dans lequel le "psychisme" trouve facilement sa place, et Le corps assujetti à la jouissance qui échappe à ce type d'objectivation.Il en résulte un clivage entre le savoir médical auquel on adjoindra celui des psychologues dont la seule butée serait la limite, toujours repoussée, des connaissances scientifiques et le savoir inconscient qui guide la jouissance.La psychosomatique, c'est d'abord une question : "qu'est-ce qu'un corps humain ?".Ce corps est apparemment semblable à celui de l'animal mais son rapport au milieu est presque totalement privé du savoir de l'instinct. Ce qui reste de l'instinct est en tout cas très vite et très largement déréglé par la sensibilité congénitale du corps humain au langage.Circonstance aggravante, le petit d'homme naît très prématurément. Il en résulte que la satisfaction des besoins de ce corps sera soumise à l'idée que s'en fait la personne en charge de l'enfant, selon sa culture, son savoir, son caprice etc.De cette prise du corps humain dans le langage résultent des effets divers, relevant de mécanismes différents. Il faut distinguer les manifestations somatiques des émotions, les symptômes hystériques dits de conversion, les troubles hypochondriaques et les phénomènes psychosomatiques au sens strict.Les phénomènes psychosomatiques sont des atteintes fonctionnelles ou lésionnelles d'un organe ou d'un appareil, de gravité très variable que la clinique médicale peut observer et qui apparaissent à l'occasion de certaines circonstances de la vie du sujet. Les coordonnées de ces situations sont parfois difficiles à préciser.On considère généralement que ces phénomènes ne sont pas des formations de l'inconscient proprement dites. Une formation de l'inconscient : rêve, acte manqué, symptôme hystérique, est comme un message s'offrant... un déchiffrage.Ce que Freud y déchiffre parle d'un désir inconscient. En ce qui concerne les phénomènes psychosomatiques, l'opinion dominante est qu'ils n'ont pas de sens et qu'ils sont plutôt à considérer comme l'effet d'un court-circuit de la vie fantasmatique comme si le "problème" n'avait pas été traité par l'inconscient.On est amené enfin, surtout devant certaines maladies reconnues à tort ou à raison comme psychosomatiques, comme l'ulcère gastro-duodénal, la rectocolite hémorragique, l'asthme, etc qui soumettent toute une vie à des crises ou des poussées évolutives, à poser la question de savoir s'il existe des structures subjectives spécifiques à ce type de patient.Bernard Vandermersch

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