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Une logique d'enfer

LEBRUN Jean-Pierre
Date publication : 27/05/2015

 

"Là où la parole se défait, commence la violence." Jacques Lacan

De quel tabac serait faite la violence que nous rencontrons aujourd'hui chez les jeunes tant dans les écoles que dans les familles ou que même dans les rues ? Bien sûr, il n'y a pas de généralisation abusive à faire, chaque histoire est au singulier, mais nous ferons ici l'hypothèse que bien souvent, il ne s'agit pas d'une pure et simple réduplication de la violence du conflit des générations d'antan. Pour le dire succinctement d'emblée, nous pensons avoir à faire à une violence hors conflit, à une violence qui ne naîtrait pas tant d'un affrontement qu'elle ne résulterait de l'évitement, voire de l'impossibilité d'une confrontation. Comment rendre compte de notre interprétation ? Tentons de le faire en sept temps :
  1. Il existe une violence que nous qualifierons de structurale à la nature humaine.
  2. Cette dite violence se re-présente au sujet au travers des générations et de la différence des places que celles-ci instituent.
  3. L'autorité est une conséquence de la reconnaissance de la différence symbolique des places et elle a depuis toujours armé la génération la plus ancienne pour négocier la violence de la génération la plus jeune.
  4. Cette autorité se trouve aujourd'hui entièrement subvertie suite à la modification de son mode de légitimation.
  5. Cette subversion a pour effet de délégitimer l'autorité, et sans plus de légitimité pour soutenir la confrontation, la génération du dessus est amenée la plupart du temps à abandonner la partie.
  6. Les jeunes n'ont de ce fait plus d'interlocuteurs à qui adresser leur violence.
  7. Ceci équivaut à nier la violence structurale - autrement dit, la pulsion de mort - et paradoxalement engendre une violence supplémentaire qui donne son caractère spécifique à la violence que nous rencontrons aujourd'hui.
Reprenons pas à pas :

Jean-Pierre Lebrun

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