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« J’peux pas y aller » Clinique des déscolarisations à l’adolescence
Le Vendredi 08 Juin 2018 (09:00 à 17:30) à Saint-Maurice
Hôpitaux de SAINT-MAURICE
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Nous assistons aujourd’hui à une inflation des diagnostics de « phobie scolaire ». Nous n’avons pas mis ce terme en avant pour préférer celui de déscolarisations, dont le pluriel met l’accent sur des tableaux cliniques très différents les uns des autres, mais où la phobie garde aussi ses lettres de noblesse. En grec ancien, « phobie » signifie non pas la peur mais l’effroi. C’est intéressant puisque l’effroi est du côté du sujet, alors que l’effrayant est du côté de l’objet. Ce petit rappel pour dire d’emblée que notre journée s’intéressera plus à la position des patients dits phobiques qu’aux innombrables objets phobiques, où l’école semble prendre une place de choix.

« J’peux pas y aller », est devenue une ritournelle qui insiste sur un impossible et non une incapacité, et qui est souvent accompagnée de manifestations somatiques énoncées de façon quasi univoques et stéréotypées : « j’ai mal au ventre, j’ai peur de vomir ». Ce leitmotiv scande les entretiens comme une valeur à « tout faire » : c’est à la fois une explication, une définition, une plainte, une réponse. Y aurait-il une pauvreté de l’imaginaire narratif, ou encore un embarras symbolique, l’école comme symbole de l’avènement social et citoyen s’étant transformé ? 

Nous aborderons également comment ces patients sont assez souvent en difficulté avec la séparation d’avec la mère dans des configurations familiales où le tiers est absent ou dénié.

Gardons en mémoire, que ces tableaux cliniques sont presque tous, hormis les cas de psychoses, une pathologie du seuil, où les sujets sont dans un impossible à aborder le rivage de l’âge adulte et de leur sexualité.

Nous témoignerons aussi de l’impact du discours social et des modifications des structures familiales sur ces diverses situations de déscolarisation et/ou de repli. Le syndrome d’Hikikomori en particulier incite le clinicien à ne pas seulement se cantonner à une lecture sémiologique mais à interroger celle du collectif. En effet, force est de constater que l’horizon de l’avenir pour un jeune est mis à mal : face une pression constante de réussite, rien ou presque ne se dessine en terme de promesses.

Nous envisagerons les différentes expériences novatrices qui émanent tant de l’école, que des lieux de consultation ou des associations qui travaillent sur ces situations de déscolarisation.

Enfin, une question demeure : qu'est-ce qui ne fonctionne pas tant au niveau singulier que collectif pour que ces adolescents ou ces jeunes adultes ne trouvent pas ou plus de domicile subjectif ?

Dr Corinne Tyszler


Nous assistons aujourd’hui à une inflation des diagnostics de « phobie scolaire ». Nous n’avons pas mis ce terme en avant pour préférer celui de déscolarisations, dont le pluriel met l’accent sur des tableaux cliniques très différents les uns des autres, mais où la phobie garde aussi ses lettres de noblesse. En grec ancien, « phobie » signifie non pas la peur mais l’effroi. C’est intéressant puisque l’effroi est du côté du sujet, alors que l’effrayant est du côté de l’objet. Ce petit rappel pour dire d’emblée que notre journée s’intéressera plus à la position des patients dits phobiques qu’aux innombrables objets phobiques, où l’école semble prendre une place de choix.

« J’peux pas y aller », est devenue une ritournelle qui insiste sur un impossible et non une incapacité, et qui est souvent accompagnée de manifestations somatiques énoncées de façon quasi univoques et stéréotypées : « j’ai mal au ventre, j’ai peur de vomir ». Ce leitmotiv scande les entretiens comme une valeur à « tout faire » : c’est à la fois une explication, une définition, une plainte, une réponse. Y aurait-il une pauvreté de l’imaginaire narratif, ou encore un embarras symbolique, l’école comme symbole de l’avènement social et citoyen s’étant transformé ? 

Nous aborderons également comment ces patients sont assez souvent en difficulté avec la séparation d’avec la mère dans des configurations familiales où le tiers est absent ou dénié.

Gardons en mémoire, que ces tableaux cliniques sont presque tous, hormis les cas de psychoses, une pathologie du seuil, où les sujets sont dans un impossible à aborder le rivage de l’âge adulte et de leur sexualité.

Nous témoignerons aussi de l’impact du discours social et des modifications des structures familiales sur ces diverses situations de déscolarisation et/ou de repli. Le syndrome d’Hikikomori en particulier incite le clinicien à ne pas seulement se cantonner à une lecture sémiologique mais à interroger celle du collectif. En effet, force est de constater que l’horizon de l’avenir pour un jeune est mis à mal : face une pression constante de réussite, rien ou presque ne se dessine en terme de promesses.

Nous envisagerons les différentes expériences novatrices qui émanent tant de l’école, que des lieux de consultation ou des associations qui travaillent sur ces situations de déscolarisation.

Enfin, une question demeure : qu'est-ce qui ne fonctionne pas tant au niveau singulier que collectif pour que ces adolescents ou ces jeunes adultes ne trouvent pas ou plus de domicile subjectif ?

Dr Corinne Tyszler


 
 
Lieu de l'évenement
Hôpitaux de SAINT-MAURICE
IFSI – ENKRE – Salle K3 - 12, Rue du Val d’Osne
94410 Saint-Maurice ()
 
 
 
 
 
 
 
Modalités d'inscription
 
 
 

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