Evénements

 
 
L'Éveil du printemps
Le Vendredi 27 Mars 2020 (20:00 à 22:30) à Paris
Théâtre de la Tempête
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27 février > 29 mars 2020
L'ÉVEIL DU PRINTEMPS
de Frank Wedekind
adaptation et mise en scène Armel Roussel
 

Nous sommes au printemps, les fleurs sont là, pas encore les fruits. Aucune saison ne connaît tant de bouleversements. L’ Éveil du Printemps cette « tragédie enfantine » n’en finit pas de fasciner. Depuis 25 ans, Armel Roussel tente de saisir cet insaisissable désir, ce moment affolé et affolant qu’est l’adolescence, la découverte sauvage de l’amour, l’envie frénétique de grandir et le vertige de la mort. Écrite en 1891 dans l’Allemagne conservatrice et puritaine de Bismarck, la pièce est immédiatement censurée et qualifiée « d’insensée cochonnerie », puis interdite pour pornographie. De son auteur, Brecht ne disait-il pas qu’il était « l’un des plus grands éducateurs de l’Allemagne moderne » ? Que faire de tous ces désirs ? Comment vivre sans angoisse et sans honte les métamorphoses du corps ? Ne comptez pas sur les parents pour éclairer ! Les drames qui parcourent la pièce n’ont rien perdu de leur actualité. Même si le rapport à la sexualité, à la morale, à l’éducation, ont sensiblement changé, les questions pulsionnelles et existentielles résonnent encore. La troupe d’Armel Roussel revisite ce drame à un rythme endiablé, que les voix des deux chanteuses du groupe Juicy ne font que rendre plus vibratoire, envoûtant.

avec Nadège Cathelineau, Romain Cinter, Thomas Dubot, Julien Frégé, Amandine Laval, Nicolas Luçon, Berdine Nusselder, Julie Rens, Sophie Sénécaut, Lode Thiery, Sacha Vovk, Uiko Watanabe, Judith Williquet et le groupe Juicy (Julie Rens, Sacha Vovk) en alternance avec Elbi lumières Amélie Géhin costumes Coline Wauters son Pierre-Alexandre Lampert maquillages Urteza da Fonseca assistant à la mise en scène Julien Jaillot collaboration artistique Nathalie Borlée

production [e]utopia[4] & Studio Théâtre National Wallonie-Bruxelles ; en coproduction avec le Théâtre National Wallonie-Bruxelles, le CDN de Normandie-Rouen et la COOP asbl & Shelter Prod ; vec le soutien du Centre des Arts Scéniques, de la Fédération Wallonie-Bruxelles / service théâtre, d’ING, du Tax Shelter du gouvernement fédéral de Belgique et de la Ville de Paris.


REPRÉSENTATIONS
du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h 
Salle Serreau • Durée : 2h30 sans entracte
 
RÉSERVATIONS
01 43 28 36 36
 
DOCUMENTS
 
 

Préface à L’éveil du printemps
Jacques Lacan
, le 1er septembre 1974.

Ainsi un dramaturge aborde en 1891 l’affaire de ce qu’est pour les garçons, de faire l’amour avec les filles, marquant qu’ils n’y songeraient pas sans l’éveil de leurs rêves.

Remarquable d’être mis en scène comme tel : soit pour s’y démontrer ne pas être pour tous satisfaisant, jusqu’à avouer que si ça rate, c’est pour chacun.

Autant dire que c’est du jamais vu.

Mais orthodoxe quant à Freud, – j’entends : ce que Freud a dit.

Cela prouve du même coup que même un hanovrien (car j’en ai d’abord, il faut que je l’avoue, inféré que Wedekind était juif), que même un hanovrien, dis-je et n’est-ce pas beaucoup dire ?, est capable de s’en aviser. De s’aviser qu’il y a un rapport du sens à la jouissance.

Que cette jouissance soit phallique, c’est l’expérience qui en répond.

Mais Wedekind, c’est une dramaturgie. Quelle place lui donner ? Le fait est que nos juifs (freudiens) s’y intéressent, on en trouvera l’attestation dans ce programme.

(8)Il faut dire que la famille Wedekind avait plutôt roulé sa bosse à travers le monde, participant d’une diaspora, celle-ci idéaliste : d’avoir dû quitter la terre mère pour échec d’une activité « révolutionnaire ». Est-ce là ce qui fit à Wedekind, je parle de notre dramaturge, s’imaginer d’être de sang juif ? Au moins son meilleur ami en témoigne-t-il.

Ou bien est-ce une affaire d’époque, puisque le dramaturge à la date que j’ai notée, anticipe Freud et largement ?

Puisqu’on peut dire qu’à ladite date, Freud cogite encore l’inconscient, et que pour l’expérience qui en instaure le régime, il ne l’aura pas même à sa mort mise encore sur ses pieds.

Ça devait me rester de le faire avant que quelque autre m’en relève (pas plus juif peut-être que je ne le suis).

Que ce que Freud a repéré de ce qu’il appelle la sexualité, fasse trou dans le réel, c’est ce qui se touche de ce que personne ne s’en tirant bien, on ne s’en soucie pas plus.

C’est pourtant expérience à portée de tous. Que la pudeur désigne : du privé. Privé de quoi ? justement de ce que le pubis n’aille qu’au public, où il s’affiche d’être l’objet d’une levée de voile.

Que le voile levé ne montre rien, voilà le principe de l’initiation (aux bonnes manières de la société, tout au moins).

J’ai indiqué le lien de tout cela au mystère du langage et au fait que ce soit à proposer l’énigme que se trouve le sens du sens.

Le sens du sens est qu’il se lie à la jouissance du garçon comme interdite. Ce non pas certes pour interdire le rapport dit sexuel, mais pour le figer dans le non-rapport qu’il vaut dans le réel.

Ainsi fait fonction de réel, ce qui se produit effectivement, le fantasme de la réalité ordinaire. Par quoi se glisse dans le langage ce qu’il véhicule : l’idée de tout à quoi pourtant fait objection la moindre rencontre du réel.

Pas de langue qui ne s’en force, non sans en geindre de faire comme elle peut, à dire « sans exception » ou à se corser d’un numéral. Il n’y a que dans les nôtres, de langues, que ça roule bille en tête, le tout, – le tout et à toi, si j’ose dire.

Moritz, dans notre drame, parvient pourtant à s’excepter, en quoi Melchior le qualifie de fille. Et il a bien raison : la fille n’est qu’une et veut le rester, ce qui dans le drame passe à l’as.

Reste qu’un homme se fait. L’homme à se situer de l’Un-entre-autres, à s’entrer entre ses semblables.

Moritz, à s’en excepter, s’exclut dans l’au-delà. Il n’y a que là qu’il se compte : pas par hasard d’entre les morts, comme exclus du réel. Que le drame l’y fasse survivre, pourquoi pas ? si le héros y est mort d’avance.

C’est au royaume des morts que « les non-dupes errent », dirais-je d’un titre que j’illustrais.

Et c’est pour cela que je n’errerai pas plus longtemps à suivre à Vienne dans le groupe de Freud, les gens qui déchiffrent à l’envers les signes tracés par Wedekind en sa dramaturgie. Sauf peut-être à les reprendre de ce que la reine pourrait bien n’être sans tête qu’à ce que le roi lui ait dérobé la paire normale, de têtes, qui lui reviendrait.

N’est-ce pas à les lui restituer (de supposer face cachée) que sert ici l’Homme dit masqué. Celui-là, qui fait la fin du drame, et pas seulement du rôle que Wedekind lui réserve, de sauver Melchior des prises de Moritz, mais de ce que Wedekind le dédie à sa fiction, tenue pour nom propre.

J’y lis pour moi ce que j’ai refusé expressément à ceux qui ne s’autorisent que de parler d’entre les morts : soit de leur dire que parmi les Noms-du-Père, il y a celui de l’Homme masqué.

Mais le Père en a tant et tant qu’il n’y en a pas Un qui lui convienne, sinon le Nom de Nom de Nom. Pas de Nom qui soit son Nom-Propre, sinon le Nom comme ex-sistence.

Soit le semblant par excellence. Et « l’Homme masqué » dit ça pas mal.

Car comment savoir ce qu’il est s’il est masqué, et ne porte-t-il pas masque de femme, ici l’acteur ?

Le masque seul ex-sisterait à la place de vide où je mets La femme. En quoi je ne dis pas qu’il n’y ait pas de femmes.

La femme comme version du Père, ne se figurerait que de Père-version.

Comment savoir si, comme le formule Robert Graves, le Père lui-même, notre père éternel à tous, n’est que Nom entre autres de la Déesse blanche, celle à son dire qui se perd dans la nuit des temps, à en être la Différente, l’Autre à jamais dans sa jouissance, – telles ces formes de l’infini dont nous ne commençons l’énumération qu’à savoir que c’est elle qui nous suspendra, nous.

 


 
 
Lieu de l'évenement
Théâtre de la Tempête
Route du champ de manoeuvre
75012 Paris (France)
 
 
 
 
 
 
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