Quelqu’un… quelqu’un…
Cette croyance, ce Un, cette croyance tellement spontanée qui peut nous venir, et qui est au centre de cette question de la suggestion et de l’emprise… Je voudrais ici rappeler juste pour commencer, rappeler simplement un fait d’évidence d’où d’ailleurs nous sommes partis dans le travail préparatoire de ces journées : nous sommes tous pris, complètement, sous… alors, est-ce qu’on va appeler ça l’emprise ? En tout cas l’empire, la puissance du signifiant. Notre corps, c’est à dire le réel à quoi nous sommes de toute façon adossés, notre corps est pris dans les signifiants. C’est comme ça… Et, croire qu’il y a quelqu’un qui jouit de ce qui fait notre difficulté, notre tourment, de ce corps pris dans le langage, pris dans le signifiant – croire qu’il y a quelqu’un qui jouit de ça, que ça fait jouir quelqu’un, donc croire en quelqu’un, c’est vraiment la tendance spontanée de l’animal humain, du parlêtre, comme dit Lacan, de l’être affecté par la parole.
Alors ça peut être sur le versant de la psychose. Vous savez bien que dans la psychose, c’est un des destins ordinaires de la psychose de considérer qu’il y a quelqu’un qui jouit de la façon dont je suis tourmenté par le signifiant. Il n’y a qu’à se reporter à Schreber. La perversion… la perversion, c’est bien évidemment d’une autre manière, mais c’est le fait de donner une consistance à l’Autre qui est tellement angoissant sinon, lui donner une consistance, et au vide qui est censé être central bien sûr. Ça, c’est ce que nous apprend notre expérience, la perversion c’est tenter de lui donner une consistance en y logeant quelqu’Un et en le faisant consister. Et quant à la névrose, nous en faisons l’expérience et ça a été dit à plusieurs reprises, ça a été évoqué au cours de ces journées, nous en faisons l’expérience en tant qu’analystes. Dans la névrose, il y a volontiers – et c’est même un temps nécessaire – cette croyance en quelqu’un qui jouit. On peut observer, même très souvent dans la névrose, qu’il va y avoir… c’est ce qui se passe avec cet étonnant amour de transfert… il va y avoir cette croyance qu’il y a un Autre qui jouit… de ce que ça nous cause, et de ce que nous causons. Cette croyance est aussi donc très commune. D’ailleurs, je me disais… notre collègue Rossfelder a très bien parlé hier du mystische Element. Peut-être que ce mystische Element, sans vouloir, bien sûr, le définir ici sommairement, mais il a un rapport je crois avec ce quelqu’Un et avec l’objet de cette croyance. La suggestion, il me semble, et ça a été évoqué brièvement je crois hier matin, à la faveur de la discussion, la suggestion, qu’est-ce que c’est d’autre finalement que la promesse… la promesse de l’Un ? C’est-à-dire la promesse d’une unité qui serait celle de notre jouissance, jouissance qui se présente au départ, et même après, comme morcelée… et comme particulièrement inconfortable. Eh bien, la suggestion, c’est faire promesse, pour ce réel du corps, faire promesse d’une jouissance unifiée… donner l’espoir, pour ce réel, d’une image, d’un sens, d’une forme. Et je trouve à cet égard très bienvenu le montage de Dali qui a servi d’image pour la présentation de ces journées, puisque c’est un montage qui vous représente très bien un morcellement, tel que le morcellement spéculaire. Je crois que dans la suggestion et dans toutes ces questions autour desquelles nous tournons depuis hier matin… ça mérite de revisiter la question de ce que Lacan très tôt a isolé avec le stade du miroir, c’est-à-dire ce réel morcelé qui, tout d’un coup, va trouver une sorte d’apaisement, de faux terme dans… la suggestion d’une image, en quelque sorte, parce qu’il y a un aspect suggestif évidemment dans ce que nous renvoie le miroir.
Quelqu’un… Ce souci, cet espoir, n’est évidemment pas celui de la vérité, puisque la vérité évoque une division, un trou, un trou dans le savoir. Mais ici, ce quelqu’Un, c’est celui du sens ou de la forme, ou alors c’est un signifiant… ça peut être un signifiant, mais en tant qu’il fait signe, qu’il va virer au signe. Le signifiant qui vire au signe, eh bien, il donne l’espoir, évidemment à beaucoup d’égards, espoir qui peut être, ce n’est pas toujours le cas, mais ça peut être frauduleux parce que c’est une tricherie. Et avec le maniement du transfert, évidemment, nous avons affaire non pas à cette tricherie, mais nous avons affaire à ce semblant, cet artifice… nous faisons avec… Évidemment, nous ne pouvons pas faire autrement. C’est ce qu’a très remarquablement isolé Freud… mais évidemment nous faisons avec en essayant de le faire en connaissance de cause, c’est-à-dire en évitant que ce signifiant vire au signe, et même en permettant, dans les cas favorables, qu’il se dénoue, ce signifiant. Alors, je voudrais ajouter quand même que cet espoir, qui est au cœur de toute suggestion, cet espoir de l’unité, de l’Un, du quelqu’Un, est tout à fait en affinité avec ce que nous observons aujourd’hui comme le primat, la primauté, de plus en plus marquée, des énoncés, et c’est ce que nous avons l’occasion de souligner souvent, les énoncés sont aujourd’hui massivement privilégiés par rapport à tout ce qui ressemble à une énonciation, c’est-à-dire à un trou. L’énonciation s’appuie toujours… l’énonciation digne de ce nom est toujours adossée à un trou. Elle le borde comme elle peut, mais elle ne le ferme pas. Il y a une affinité bien sûr entre cet espoir qu’alimente la suggestion et ce privilège donné aux énoncés aujourd’hui. Nous pourrions dire, puisque j’ai évoqué l’image, et, je crois, la nécessité de revisiter le moment du miroir pour rendre compte de cette puissance de la suggestion, l’analyse, la psychanalyse, c’est, si je m’appuie sur cette petite écriture qui m’a déjà beaucoup servi et qui a des vertus, i(a), petit i de petit a. L’analyse tend, bien sûr, à séparer i et a, c’est-à-dire à isoler ce petit a, ce petit a qui est en définitive la façon dont nous faisons tampon, dont nous bouchons comme nous pouvons un trou que Lacan a écrit S (A barré). L’analyse donc tend à éloigner ce que l’image a de suggestif et la promesse qu’elle comporte, la fausse promesse d’unité, pour tirer les choses du côté du petit a. C’est ce que Freud a fait très tôt avec… en pensant à ce que j’allais évoquer tout de suite me revenait, une fois de plus (parce que c’est souvent que ça me revient, peut-être à d’autres que moi aussi) l’extraordinaire fécondité de ce titre de Freud, la Traumdeutung. Parce que, dans la Traumdeutung, qu’est-ce que nous dit Freud ? Il nous dit que la jouissance qui anime le corps, le parlêtre (il ne le dit pas comme ça), la jouissance qui mord le corps et notamment à travers les rêves, c’est un trouage…. c’est un trouage où nous avons à situer une lecture, c’est-à-dire nous avons à situer la lettre. Ça, c’est ce que Freud invente… génialement, il faut dire, parce que ça n’avait absolument jamais été soupçonné – bien sûr, ça fait longtemps qu’il existe des lettres, ça fait longtemps qu’il existe des pratiques de lecture, mais que ces lettres puissent être… comme ça… bordant un trou, que ce trou soit sans espoir d’être comblé, Freud l’évoque constamment, c’est ce qu’il apporte comme nouvelle Deutung dans le monde, c’est une nouvelle Deutung très spéciale puisqu’elle ne se ferme pas, elle est unique dans ce genre. L’herméneutique a toujours conçu des Deutung qui sont faites pour être fermées, mais la Traumdeutung porte bien son nom : elle est la Deutung du Traum, elle est la Deutung du trauma, elle est la Deutung du trou. C’est quelque chose d’absolument à la fois neuf et assez scandaleux ; assez scandaleux pour que justement cette opération de l’analyse soit régulièrement, et de plus en plus, contrecarrée par l’hypnose, l’hypnose qui, dès le début, a été l’envers de la psychanalyse. Lacan dira très joliment, ça a été évoqué à plusieurs reprises, que l’analyse était l’envers de l’hypnose. Mais en tout cas, ce qui est très étonnant, c’est que l’analyse, je disais que dans l’analyse on a une tentative de s’écarter de l’image pour articuler le petit a, dans l’hypnose c’est l’inverse : on va partir du petit a, on va le laisser, on va le recouvrir par, justement, le petit i, l’image. Et de la jouissance qui est tellement embarrassante on va faire, on va tenter de faire du sens, de la forme. Toutes les psychothérapies s’originent là-dedans… on va tenter de faire du sens, de la forme, de l’Un, de l’unité. Et vous savez bien, en tant qu’analystes, il n’est pas rare – ça m’a plusieurs fois surpris – d’entendre un analysant ou une analysante capable, faisant un travail effectif, passer par un temps, demandant : «Écoutez, j’ai envie d’arrêter, je… j’ai envie d’aller voir, j’ai envie d’essayer l’hypnose. C’est-à-dire, ce travail que je fais, là, avec vous, eh bien, j’aimerais bien finalement en être soulagé, et trouver un hypnotiseur». Il y a un auteur qui en a voulu toute sa vie à Lacan de lui avoir rendu possible l’analyse. Il a passé le reste de sa vie à lui taper dessus, à dire tout le mal qu’il en pensait, et il est devenu hypnotiseur. Vous savez qui c’est, c’est l’excellent Roustang. De quoi s’agit-il en fait ? Nous l’avons évoqué, y compris cet après-midi en nous demandant : l’emprise… L’alternative que nous avons rencontrée souvent au cours des deux jours, c’est entre le care, qui est aujourd’hui tellement à la mode, le care, c’est-à-dire l’idée qu’il y a quelqu’un ; quelqu’un encore une fois, quelqu’un qui nous veut du bien, quelqu’un qui va veiller sur nous, quelqu’un qui va être gentil. Le care, donc, qui est massivement suggestif, opposé à quoi ? À ce à quoi nous invitons un sujet, et on peut comprendre que la psychanalyse ne soit pas toujours appréciée – ça ne veut pas dire que nous n’ayons pas du travail à faire… De l’autre côté du care, il y a la responsabilité. Ça, c’est autre chose. La responsabilité, c’est-à-dire : bon, ce tourment, oui, cette emprise, c’est vrai, mais quelle est la part que toi tu prends là-dedans ? Il y a des sujets pour qui ça devient aujourd’hui inaudible ; c’est-à-dire à peine on pose la question – terminé, c’est fini, je ne veux pas en entendre parler. Par exemple, je suis ça, je suis… Ah bon ! Et qu’est-ce que vous en pensez ? Non, mais je suis ça, c’est mon être, vous n’y touchez pas s’il vous plaît, sinon je m’en vais. Quelqu’un… J’ai lu… c’est dans un journal, ça m’a été signalé par un patient, c’est à cette faveur que j’ai pu le lire, dans le New York Times, j’ai lu un article… un article presque incroyable tellement c’est une publicité déguisée sous la forme d’un article, où on évoque le cas… dans le New York Times, c’est-à-dire à la fois c’est un journal sérieux, c’est écrit dans la langue qui aujourd’hui est la langue du maître, qui fait référence, c’est tout ce qu’il y a de plus honorable. Il était question d’une pauvre femme, d’une cinquantaine d’années, récemment divorcée, à la suite des incendies qui ont ravagé la Californie, qui avait été toute sa vie nourrie au tofu, aux plantes vertes et au « hippisme » … toujours la nature, jamais de choses artificielles… qui s’est retrouvée tout d’un coup, abandonnée par son mari, atteinte d’un cancer, subissant une hystérectomie à cause de ça… vous imaginez cette pauvre femme… vraiment, c’est épouvantable. Elle dit : «à ce moment-là, tout ce que me faisait faire mon thérapeute en remuant des souvenirs de mon enfance aggravait mon angoisse et mon anxiété». Oui, ma pauvre ! Alors, du coup, elle dit : «j’ai réalisé que quelque chose qui était très technique et contre quoi depuis toujours on m’avait mise en garde, quelque chose qui était le comble de l’artifice, c’est-à-dire Chat GPT, pouvait me donner pour vingt dollars par mois des conseils avisés, et non seulement ça, mais Chat GPT avait une voix, et Chat GPT m’aimait, et me montrait de la compassion, et grâce à l’intelligence artificielle, j’ai enfin trouvé quelqu’un». Ce sont les propres termes de l’article. D’ailleurs, on ne dit pas qui est cette patiente, elle n’a pas de nom, c’est une patiente, on ne sait pas qui c’est. Mais elle dit bien que l’IA, que le chatbot, c’est quelqu’un, c’est une voix, et c’est une voix bienveillante, et c’est une voix qui m’a apporté plus et mieux que n’importe quel partenaire… Tout ça, c’était dans le New York Times. Je ne veux pas m’attarder plus sur ce fatras, il faut bien le dire, de niaiseries absolues, dont je ne suis même pas sûr que ce ne soit pas une fausse publicité, c’est-à-dire un article monté de toutes pièces et fait pour montrer toute la difficulté qui est celle que peut avoir notre époque à assumer cette responsabilité qui est celle de notre rapport au langage : de ce que nous, nous évoquons comme le trou, ou le S de grand A barré pour parler dans les termes de Lacan, négliger ça au profit de ce que je viens d’évoquer, c’est-à-dire au profit d’une psychothérapie, parce que c’est ça, les psychothérapies. On évoquait ce matin, c’était Yorgos, lors de son exposé il évoquait les psychothérapies autoritaires ou moins autoritaires, etc… Mais c’est vrai que, quand même, de toute façon, la psychothérapie c’est l’idée qu’il y a quelqu’Un. Et là, il y a un problème tout de même, il y a une difficulté. J’ajoute que les régimes autoritaires et les régimes totalitaires, les régimes fascistes sont de très bons psychothérapeutes… excellents ! Ça vous guérit les névroses, voire le reste, ça les guérit ou ça les efface, superbement. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que – il faut quand même le rappeler parfois – que, à Berlin, au moment le plus fort et violent du Nazisme, il y avait un Institut de Psychothérapie ; il n’y a jamais eu d’Institut de Psychanalyse dans aucun pays de cette sorte. Alors, nous, dans cette situation, nous, psychanalystes, j’aurais envie de dire que notre boiterie… notre boiterie, parce que, évidemment, nous avons un côté, nous sommes un peu embarrassés parce que nous sommes situés entre d’un côté ce que notre acte implique, c’est-à-dire ce trou, et sa mise en acte, même si nous faisons semblant – il est nécessaire que nous le fassions pour pouvoir être le support du transfert, mais cette boiterie donc entre notre acte qui fait référence au trou, et le fait que nous sommes le support de cet acte, donc nous sommes aussi du côté de l’Un, du sous-posé en quelque sorte, que faire avec cette boiterie ?
Lacan disait : «Y a de l’Un !». «Y a de l’Un !». Alors, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il y croyait ? Non. Il accentuait bien que c’était là une énonciation. «Y a de l’Un !», c’est une énonciation. C’est tout à fait différent, d’en faire une énonciation et d’en faire un énoncé. «Y a de l’Un !», Lacan soulignait la valeur d’énonciation de cette jaculation, qui renvoie à quoi ? Qui renvoie à la parole, c’est-à-dire, en définitive, qui renvoie à la lettre, c’est-à-dire à ce signifiant articulé au corps et à la jouissance qui nous fait parler – et non pas à un sens. C’est ça que la psychanalyse nous enseigne et que nous essayons de transmettre, comme nous le pouvons, justement, à la faveur des psychanalyses que nous dirigeons. Je disais ce matin, parce que je repense à l’article du New York Times, à la violence que comporte intrinsèquement l’intelligence artificielle quand elle se fait chatbot, quand elle se fait interlocuteur. Elle comporte une violence parce que, effectivement, elle court-circuite la question d’un sujet – chaque fois. Elle la court-circuite complètement en allant droit à la réponse, à la demande. Bienveillante. Bienveillante réponse. En épargnant donc au sujet la possibilité d’entendre sa question, c’est-à-dire de la lire un petit peu, autrement dit, d’entendre ce qui, dans sa question, fait lettre, et – pour aller à ma conclusion – quand nous nous appuyons à la pratique de l’analyse, nous arrivons effectivement à évoquer cette étrange chose dont Claude a parlé ce matin, d’un savoir sans sujet… Lacan disait : «mon petit bout d’inconscient». Alors un savoir sans sujet, bien sûr, mais, ce savoir sans sujet, il nous appartient, c’est là notre responsabilité justement, de venir en faire une énonciation, ou de l’énonciation, en tout cas, d’en dire quelque chose. Et Freud le premier – j’évoquais la Traumdeutung – Lacan bien sûr (dans un style différent), Melman, d’autres encore, nous ont montré comment exercer à ce sujet – au sujet de ce savoir sans sujet – comment exercer notre responsabilité, puisque nous sommes responsables de ça, et nous avons affaire avec ça. Claude évoquait ce matin les cartels. Les cartels, cette forme de travail qui fait sa place au Un, mais comme plus Un, c’est-à-dire pris dans une dimension articulatoire de travail qui permet de mettre ces questions au travail. Puisque ces journées, je crois, ont répondu à l’attente que nous pouvions en avoir, c’est-à-dire qu’elles ont posé les questions liées à la suggestion aujourd’hui. La question que ça pose, c’est : que faire à partir de là ? Parce que, les psychanalystes, quand ils lisent les symptômes contemporains comme nous avons essayé de faire, quand ils en disent quelque chose, c’est très important, bien sûr, mais il y a la question : que faire à partir de là ? Comment pouvons-nous faire avec ça ? Il me semble que ce faire passe par la lecture, l’exercice de la lecture, l’encouragement à la lecture… à la lecture psychanalytique, c’est-à-dire une lecture que tu assumes, c’est ton affaire, ce n’est pas le texte sacré que tu reçois… non, c’est ton affaire, c’est ce petit bout d’inconscient dérisoire, ces rêves… Alors, il me semble qu’en tant qu’analystes, nous n’avons pas beaucoup de moyens, surtout nous n’en avons pas dans le registre du sens, qui est un registre autoritaire, et qui est de plus en plus à notre époque situé du côté du dressage. Mais nous, nous ne sommes évidemment pas de ce côté. Nous avons seulement pour nous cette possibilité d’apprendre à lire. Nous-mêmes nous apprenons à lire, et nous réapprenons toujours, mais nous pouvons encourager la lecture… ça me ramène à la Traumdeutung, c’est-à-dire à l’exercice de cette Deutung qui n’est jamais donnée, et où nous trouvons donc au moins à exercer notre responsabilité.
Transcription : Patricia Lang
Relecture par l’auteur