Agenda

 
 
Narcissismes et individualité - Journées d'études ALI-Rhône Alpes - ALI
Du Samedi 28 Mars 2020 à 09:30 au Dimanche 29 Mars 2020 à 17:30 à Grenoble
Salle Juliet Berto

ASSOCIATION LACANIENNE INTERNATIONALE RHONE-ALPES

Association loi 1901, Affiliée à l’Association Lacanienne Internationale

6, cours Jean Jaurès, 38000 Grenoble http://www.ecole-freud-lacan.com

 

Journées de l’Association Lacanienne Internationale

 

Narcissismes et individualité

 

Les samedi 28 et dimanche 29 mars 2020 

Salle Juliet Berto, passage du Palais de justice Grenoble

 

L’extension du domaine du narcissisme est une caractéristique de notre champ social qui structure tant la subjectivité contemporaine que le discours de l’Autre social, remettant en question les avancées premières de Freud. L’apogée et le déclin des grandes utopies collectives visant à réformer l’homme pour transformer la société a fait place en Occident à l’empire de l’autonomie individualiste et à une nouvelle morale sexuelle issue de la révolution éponyme, qui loin de permettre le dépassement de la guerre des sexes, promeut le droit à la jouissance de soi, valorisant l’érotique pulsionnelle aux dépends du désir et du manque qui le sous-tend.

Aujourd’hui la sphère numérique devenue en un temps record la doublure incontournable de nos existences et pour beaucoup le vecteur majeur de la sociabilité, pousse à son acmé cette exaspération narcissique. Des questions surgissent ici, à la lueur des travaux de Lacan ayant permis de distinguer constitution de l’image et structure du narcissisme : ce narcissisme 2.0 est-il identique à ce qui s’est articulé dans la psychopathologie jusqu’alors ? Quelles conséquences sur le devenir du lien social, sur le rapport à l’autre sexe et au manque d’objet dans sa dimension réelle qui justement confère cette puissance aliénante au voile de l’image qui le recouvre ? Qu’en est-il pour la praxis analytique au regard de l’établissement du transfert et de sa traversée ? La parole en fonction peut-elle vraiment opérer une dialectisation de cette dimension narcissique dans une relation au semblable qui fasse place à l’altérité ou tout du moins introduire une certaine tempérance ? Lorsque Freud pose comme nécessité l’introduction du narcissisme, ce n’est pas pour ajouter un concept à l’édifice métapsychologique mais pour remettre en question la doctrine analytique d’alors au regard des avancées concernant le rapport à l’objet. C’est la voie ouverte pour une autre articulation de la logique du désir, prenant en compte le narcissisme à la fois comme composant essentiel, élément de stabilité et obstacleconsistant.

Certains traits saillants de notre actualité nous amènent, à la suite de Freud et de Lacan, à reprendre cette interrogation. Force est de constater l’incidence des pathologies de l’engagement et de l’abandon avec pour corollaire la promotion d’un relativisme absolu. La mise en cause de la transmission et de la représentation s’accompagne d’une explosion de demandes de reconnaissance sur fond de refus de la dette symbolique. L’extension des communautarismes fait alors prévaloir une logique ségrégative et un vécu de paranoïa dans le rapport à l’autre. Comment restituer à ces phénomènes leur surdétermination inconsciente qui, si elle existe, permettrait de les appréhender comme des faits de discours et non seulement comme des faits sociologiques témoignant d’un irrésistible progrès naturel. Leur disparité interroge quant à l’existence d’une clinique narcissique unique au profit de l’étude du statut et des

fonctions des narcissismes réel, symbolique et imaginaire et leurs rapports avec le moi, l’image, l’idéal et l’identification. Si l’individu perçoit avant tout la fonction narcissique dans sa dimension existentielle, l’enjeu réside dans l’écart avec ce qui est entré dans sa subjectivité du narcissisme en tant que pilier essentiel par trop souvent rabattu sur l’image et le stade du miroir. La bipolarité constitutive du narcissisme, entre sidération face à l’illusion de complétude et mouvement de retour pathétique vers l’unité qui n’a jamais été, fait ainsi écran à la prise en compte de la division subjective telle qu’elle peut se lire dans le jeu de la lettre et dusignifiant.

Ce dernier point est particulièrement sensible dans la clinique de l’enfant où en lieu et place de la reconnaissance du symptôme résultant de la conflictualité inhérente au désir, ce sont des nominations à prétention ontologique, entre défaut et différence, qui viennent à obturer la question du manque et de  la perte. À l’heure où la triade symptôme, inhibition et angoisse se double d’une autre inhibition, angoisse et humiliation, il importe de savoir comment avec l’appui de la lecture et des propositions de Jacques Lacan, notamment de la prise en compte du Réel, réintroduire le narcissisme dans les problématiques qu’ilsoulève.

Responsables : Jean-Paul Hiltenbrand, Maryvonne Febvin, Alexis Chiari.
Organisateurs et contacts : Maryvonne Febvin et Alexis Chiari.

 
 
Lieu de l'évenement
Salle Juliet Berto
Passage du Palais de justice
38000 Grenoble (France)
 
 
 
Responsables
HILTENBRAND Jean-Paul
FEBVIN Maryvonne
CHIARI Alexis
 
 
 
Modalités d'inscription
 
 
 

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