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La structure paranoïaque comporte des traits spécifiques que Freud et Lacan ont mis en évidence dans leur pratique clinique. Le premier d'entre eux et le plus typique est l'incroyance. Le refus de la croyance signifie que la Chose est rejetée, de telle sorte que l'Autre n'est pas reconnu et qu'aucune identification à l'Un comptable ne s'est effectuée.
Le délire est-il une réponse à cette forclusion qui s'instaure sur le mode de l'incroyance ?
De ce point de vue, le Président Schreber serait-il un paranoïaque au sens strict, puisque subsiste au coeur de son délire l'hypothèse de Dieu ? Il reste que la mort du sujet qu'il évoque explicitement dans ses mémoires est exactement ce qui peut advenir pour un sujet paranoïaque au cours de son délire ou dans cette phase mélancolique qui peut y succéder, où le paranoïaque devient cet objet déchu à rejeter de la société humaine. À ce titre ce phénomène élémentaire qu'est l'hallucination injurieuse ou menaçante, s'il nous renseigne sur la rigueur avec laquelle se traite le paranoïaque, est propre à nous faire entendre le type d'espace dont se structure cette psychose. Tel est l'aperçu que ce dossier cherche à donner et c'est à titre de comparaison qu'y figure une courte étude de Charles Melman sur l'hystérie pseudo-paranoïaque.
Pierre-Christophe Cathelineau