Ecole Psychanalytique de Normandie

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Fondée en 1995 à l'initiative de quelques analystes normands sur l'instigation de Charles Melman, l'école Psychanalytique de Normandie (E.P.N.) le fut dans les termes suivants :

Dans un environnement socioculturel organisé, chaque jour davantage, par les impératifs dé-subjectivés de la science et de l'économie dite de marché, on peut légitimement éprouver quelques difficultés d'appréciation concernant la constitution d'une école de psychanalyse.

De fait ne s'agit-il pas d'offrir à la pulsion consumériste ambiante un produit nouveau mais de la tentative de prolonger avec d'autres l'expérience vive qui se développe au sein de l'Association Freudienne Internationale (A.F.I.) depuis sa fondation en 1982 et à laquelle cette école restera affiliée. 

Afin de situer le registre de l'expérience, disons que l'école, pour être analytique, c'est à dire prendre en compte les enseignements de Freud, Lacan et quelques autres, ne pourra cependant se fonder d'aucun idéal d'orthodoxie visant à garantir la transmission fidèle de la théorie réduite, réduite pour le coup, à la vivacité du corps-mort. Idéal calamiteux dans ses effets, de tenir les "élèves" aussi bien que les "maîtres" hors du coup de leur désir.

Guère plus satisfaisante serait une version, disons socratique, de mise en question systématique des savoirs constitués dans la Cité - fut-elle analytique - de ce que son lien indissoluble au maître, ne serait ce qu'au titre d'en désigner l'impuissance, voile mal le caractère totalisant du voeu qui l'anime d'une délégation du savoir absolu dans l'Autre laissant, une fois encore, le Sujet en son abri.

Dans l'une et l'autre circonstance la "supposition d'un sujet au savoir" demeure la condition essentielle du travail; elle en est également la limite pour les effets de méconnaissance voire d'obscurantisme qui se déploient immanquablement sous la rubrique du transfert, permettant à qui s'y trouve ainsi engagé l'esquive de sa responsabilité quant à son rapport à la psychanalyse.

Qu'est ce que pourrait-être alors un enseignement qui n'évincerait pas le sujet, d'être précisément au centre du problème, c'est à dire un enseignement qui ne constitue pas un obstacle à savoir. Car le savoir dont la psychanalyse interroge les incidences symptomatiques est un savoir qui se dérobe d'être savoir inconscient insu du sujet, à se tenir au lieu de l'Autre comme Réel.

Il semble que, seul, le dispositif de la cure mis en place par Freud soit susceptible de permettre un accès à ce qui, de ce savoir, s'articule depuis l'Autre, du fait de s'organiser dans la tension d'une "bipolarité essentielle" à ménager une faille, un trou dans les savoirs (neutralité de l'ignorance docte du coté de l'analyste, règle du "tout dire" avec ce qu'elle implique de renoncement pour l'analysant) sans lequel rien ne saurait advenir de ce lieu.

N'est-ce pas aussi bien la structure que nous pourrions souhaiter pour une école psychanalytique, d'être organisée par cette faille, ce manque à savoir nécessaire à ce que s'y fasse entendre la moindre énonciation Autre dont le déchiffrage, la lecture ne pourra cependant s'effectuer correctement qu'à consentir "d'en passer" par les signifiants et les concepts qui constituent la doctrine.

"En passer" pouvant s'entendre ici comme la nécessité d'avoir à sa main les connaissances, les outils propres au dit déchiffrage sans donner pourtant occasion d'en faire étayage au narcissisme d'où s'amortit, se rabat toute énonciation subjective sur un énoncé qui ne peut plus dés lors être reçu que comme intentionnalité du Moi; suture ordinaire à rendre, dans l'institution, l'air irrespirable

N'est-ce pas ce que Lacan voulait éviter pour son école en proposant d'y instaurer "la passe", de la sortir, entre autre, du pathos qui agite habituellement la vie des groupes?

Il est remarquable en tout cas que ce soit dans le même temps qu'il ait précisé la place d'où il faisait enseignement en lançant à son auditoire "Moi, je vous parle en analysant". Propos qui put surprendre d'impliquer un décentrement radical de la position enseignante, de ne se soutenir plus d'un savoir déjà constitué mais bien de ce qui, par ce savoir, est manqué: mise en jeu de son inconscient dans l'adresse à ceux qui écoutent et dont il se trouve enseigné en retour, laissant à bon entendeur le soin d'en faire son "salut".

Impossible, pour le coup, de concevoir l'enseignement comme mode d'une transmission, d'une filiation qui vouent à la pérennisation du transfert puisqu'en effet, la formule de Lacan ne nous désigne nul objet à saisir, sinon la juste place à tenir à l'endroit du savoir.

Tenter d'en tenir la gageure dans l'école aurait de plus, sans nul doute, le mérite d'y alléger les relations, de n'être plus empoisonnées de suffisance ou de chefferie imaginaire. Car, si la faille dans le savoir est bien ce dont se soutient tout sujet, la mettre au principe de l'institution y ferait chacun "plus égal".

J. H. le 1er novembre 95

Ainsi qu'il peut se déduire du texte de sa fondation L'Ecole Psychanalytique de Normandie (E.P.N.) par les enseignements qu'elle propose, vise la diffusion et le développement du discours qui organise la pratique de la psychanalyse pour autant qu'il permet à chacun, s'il le veut bien, d'interroger son désir et d'orienter ses propres pratiques, fussent-elles dites privées.

C'est donc seulement par surcroît qu'elle participe à une formation dont la garantie relève de l'Association lacanienne internationale (A.L.I.) à laquelle l'école est affiliée. 

L'E.P.N. s'étant elle même dotée d'un site Internet, vous y trouverez tout ce qui concerne les activités et les enseignements, les journées d'études et les conférences, mais également des textes concernant l'actualité et la doctrine en cliquant ici.