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Charles Melman - 29/11/2005
Une citation jugée intéressante et caractéristique ouvre l'interview de l'un des plus curieux contributeurs de cet ouvrage, Albert Ellis - autorité mondiale dans le domaine de la psychothérapie cognitiviste - : "l'exploration des traumatismes infantiles n'a rien à voir avec le prix des épinards". Nous n'en vérifierons pas la validité, même s'il est vraisemblable que le marché de l'épinard doit beaucoup à la confiance que met l'enfant dans sa vertu fortifiante. Mais nous la retenons pour le style qu'elle donne à une publication dont seule la diffusion à un large public invité à une libération culturelle justifie qu'on puisse la soumettre à l'analyse et à la critique.
Cet ouvrage de 800 pages comprend 75 articles, dont plus des deux tiers sont des traductions de communications, souvent anciennes et connues, anglo-saxonnes. Les contributions directrices et récentes sont l'oeuvre de trois responsables de ce rassemblement : notre confrère psychiatre Jean Cottraux, chargé de cours à l'université de Lyon I, Mickel Borch-Jacobsen professeur de littérature comparée à l'Université de Washington, danois-français-américain, et Jacques Van Rillaer, professeur de psychologie à l'Université, de réputation internationale, de Louvain-la-Neuve, francophone donc, en Belgique. Ces deux derniers sont connus depuis les années 80, et quel que soit leur talent, pour n'avoir qu'un unique objet, d'étude et de passion, la psychanalyse et ce dans la mesure où ils sont contre, tout contre même puisqu'elle ne les lâche pas.
Cette modalité bien connue d'attachement, commune aux couples qui ne tiennent ensemble qu'à la condition de s'entredéchirer - et on frémit à l'idée du malheur définitif que pourrait leur causer la réussite d'une thérapie comportementale - relève, puisqu'ils en font état, d'une cure psychanalytique personnelle qui a mal tourné. On comprend dès lors leur ressentiment mais on regrette qu'il les amène par rétorsion punitive à vouloir trancher à tous aussi bien qu'à eux-mêmes, et avec l'idée d'extirper en même temps l'inconscient, la partie haute de l'encéphale. Castration certes radicale mais qui mérite un instant d'attention avant qu'elle ne soit définitive.
On sait ou on verra en effet comment, avec les C.-C !, (mais ils ne cesseront pas, aurait dit Lacan) l'homme se trouve réduit à des circuits neurologiques qui, quand ils sont dévoyés, appellent la rééducation et donc les rééducateurs.
Culture, histoire, religion, langue, engagements politiques, inclinations, perversions, revendication, dissimulation, etc., rien de ce qui fait le sel de l'humanité n'est ici retenu, sinon le support organique dont une dysconnexion entre réseaux explique qu'il puisse être affecté par un symptôme. Ou plutôt, on ne retient que ce résultat, afin d'agir sur lui. La passivité de l'analyste, celui qui reste à reposer dans son fauteuil pour de temps à autre émettre des hum-hum (et c'est encore un bruit plus humain que bien des sons proférés, aurait dit Lacan) est insupportable. Aussi avons-nous affaire avec les C.-C. ! à des hommes d'action, sur la brèche pour guérir leur patient, et qui le leur reprocherait ?
Ce prurit pour que le psychanalyste s'engage au titre de guérisseur est, à dire vrai, contemporain des débuts même de l'entreprise. Si Freud ne se sentait pas une vocation médicale, on le voit bien pourtant dans ses cures poursuivi par le souci de l'interprétation assez juste pour lever le symptôme. Et on sait que son élève chéri Ferenczi finira par y mettre la main, anticipant de 100 ans le développement de l'haptonomie. Mais ce qui est véritablement en question est ailleurs. Pour l'analysant et par le biais du transfert, l'analyste est le représentant de la puissance énigmatique et anonyme à laquelle s'adressent les demandes de son discours.
Qu'elle prenne la figure d'une bienveillance interventionniste déclanche - une fois sur deux, dirait sans doute une évaluation statistique - une réaction d'hostilité à l'exemple de celles qui répondirent autrefois aux diverses autorités dont la générosité vint étouffer et contrôler les appétits de l'enfant. Mais en l'occurrence cette hostilité est devenue inanalysable, définitivement, puisque la bonté active du thérapeute est venue infecter un domaine dont l'asepsie est nécessaire pour avancer et terminer la cure, autrement que par un pacte de non-belligérance.
Certes la neutralité du silence gardé peut à l'opposé paraître tout aussi insupportable et inhumaine. Au grand dam de l'entourage, les symptômes s'aggravent, le patient démonstrativement va mal et le psychanalyste aussi de ne pouvoir justifier son silence sans le briser.
Ce double écueil fait partie de la navigation courante d'une cure, étant admis que la pseudo-passivité de l'analyste est l'élément le plus actif - le trou noir - qui puisse exister dans l'univers. Mais peut-on se satisfaire que, peu importe sa couleur, le trou, bouche de toutes les aspirations, soit la réponse dernière que puisse recevoir l'angoisse d'un humain, au delà de tous les gadgets culturels, spirituels, médicaux ou commerciaux qui sont sur le marché pour y porte remède ?
À refuser la vérité de la condition humaine - il n'y a pas de savoir propre à assurer ma jouissance - on s'engage dans... la psychothérapie, soit le bricolage apte à me donner un billet pour participer au concert universel, ce qui peut certes ne pas paraître négligeable. Encore que, lorsqu'on voit le prix d'entrée payé par les concepteurs de ce livre, le niveau d'argumentation auquel les engage une adresse de "bon sens" à un large public - au niveau Bac - 5 - on se prend à croire qu'il y a à gagner parfois en restant malade. Leur argumentation est du type - qu'ils nous pardonnent, si le pardon fait partie de leur équipement - de l'histoire du chaudron rapportée par Freud. Celui à qui on en demandait le retour répond par ces trois objections :
Nos amis C-C ! disent eux (cf. l'article conclusif de notre confrère Cottraux)
On ajoutera que la réécriture de l'ensemble des textes (phrases courtes avec sujet verbe complément et sans aucun terme qui relève du "jargon scientifique" - le qualificatif est employé -) vraisemblablement assurée par Madame Catherine Meyer, directrice de l'oeuvre, et qui a dû mettre à l'épreuve sa qualité de normalienne, contribue à l'impression de voyage dans le désert que donne le résultat. Sauf que si le désert peut ouvrir l'appétit mystique, celui-ci vous décourage de tout parcours où que ce soit. Ce n'est pas le zapping proposé entre des articles courts eux-mêmes agrémentés d'encarts qui favorise le cheminement spirituel.
On comprend parfaitement que la cure psychanalytique contrarie la mentalité américaine, Freud en avait parfaitement jugé, et le fait que les nord-américains aient pris ensuite la direction du mouvement analytique n'a pu valablement l'orienter. Les contraintes de l'insertion sociale dans ce pays d'immigrés impliquent en effet l'oubli ou le refoulement des origines, du nom propre, de la langue, de l'histoire, au profit de l'ajustement social. L'inconscient, qui s'était constitué depuis ces divers paramètres n'est plus porteur de la vérité d'un désir qui serait admissible et reconnu, parce qu'il est maintenant anachronique et étranger. C'est le désir d'un sujet qui n'est plus recevable et donc audible. Il importe au contraire au nouveau citoyen de partager des valeurs collectives, d'autant plus impératives qu'elles reposent sur le refus par chacun de son essence : le désir qui lui était propre.
Le ciel est ainsi nettoyé des ancêtres pour des existences soucieuses d'y injecter la figure du dieu d'adoption, non seulement prescriptif de l'ajustement à la communauté mais aussi prometteur et promoteur du bonheur accompli qu'attendent les pionniers. Le rêve américain coûte cher au vieux monde puisqu'il lui revient sous la forme de cette acculturation qu'implique la globalisation du marché, c'est-à-dire l'imposition de ses valeurs.
Il est ainsi normal que, au cours de la cure, le patient américain ne puisse supporter qu'à sa parole réponde le silence du ciel, vidé des ancêtres et sans que se manifeste pour récompense la bonne nouvelle du Dieu d'adoption. La multiplicité des Églises aux U.S. - souvent choisies pour leur proximité ou leur confort - ne doit pas cacher que la référence à un même Livre l'interprète aussi d'une même façon : ce Dieu-là est bien moins celui du sacrifice que celui de la promesse, voire de la permissivité, en tout cas de l'action. L'Église romaine elle-même se met peu à peu au renouveau charismatique, qui tend à transformer l'office religieux en fête chantée et dansée, sur fond d'orgues techno : ça fait revenir les jeunes. Oui, mais pour quoi ?
Cette question de la faisabilité de la cure dans un pays dont le consensus passe par la perte ou l'abandon de l'ancrage ancestral m'avait déjà interpellé dans le travail de contrôle de cas partagé avec des collègues antillais. Il apparaissait avec netteté que la direction de la cure impliquait plus que des "hum-hum", sans pour autant tomber dans la direction des consciences, c'est-à-dire la psychothérapie. Mais à New York dans le groupe de notre amie Paola Mielli, j'avais pu retrouver l'auditoire des névrosés traditionnels c'est-à-dire ceux qui ont fait prévaloir leur attachement aux traditions sur les bonheurs de la confusion sociale. À Manhattan ainsi, je me serais cru à Vienne. Et mon hôtesse me disait comment la technique lacanienne de la cure - à elle qui résistait - lui valait une nombreuse clientèle. Nos amis C.- C. ! s'étonnent que France et Argentine soient les deux pays où la psychanalyse - lacanienne, il faut bien le dire - reste privilégiée. Ils doivent y ajouter le Brésil, c'est-à-dire un des pays qui résistent - pour combien de temps ? - à l'abandon de leur mémoire spécifique, jeune pourtant lorsqu'elle est post-colombienne.
On s'émerveille avec les C.- C. ! qu'ils n'aient pas, eux, de père fondateur, et donc pas de doctrine, que le cognitivisme - c'est-à-dire la faculté de maîtrise attachée au savoir, y compris sur des déterminations inconscientes - ait comme par miracle rencontré le comportementalisme - c'est-à-dire la restriction de l'humanité à des conduites, qu'il serait dès lors loisible de rééduquer.
Il n'y a aucun miracle pourtant si, lisant les textes de ce volume avec l'attention flottante qui convient, on voit comment ceux qui étaient au départ, disent-ils, psychanalystes ont reçu leur propre message de la part de leurs patients et comment s'est établie entre eux la connivence, ou la complicité, dont ils s'enorgueillissent : pour faire monter au Ciel ce Dieu de l'efficacité qui ne s'occupe plus des affaires d'âme - la subjectivité - mais de l'ajustement et de la réussite sociale. Rapport qualité/prix à la clé. Bref on est proche de l'analyse transactionnelle : 15 séances à 150 dollars pour traiter une phobie. Mais, à supposer que ça marche, pour ensuite aller où ?
Des âmes sensibles, précisément, pourront s'émouvoir de cette dramatique restriction qui ramène l'humanité à des comportements dont l'inadéquation pourrait être corrigée. L'homme C.-C. ! est effectivement angoissant, devenu un organisme, indifférent à la subjectivité qui l'agit comme aux buts qu'il se propose, occupé d'abord par le body-building. Ce golem est déjà celui, comme on le sait, que met en place notre médecine.
Il est remarquable que, alors que nous sommes affranchis des idéologies politiques et désinvestissons les religions établies, une stupéfiante pensée unique nous infuse un conformisme où le rôle dirigeant joué par la biologie éveille de fort mauvais souvenirs.
Il est plus amusant de voir les C.-C. ! se réclamer de la science. Ceux qui ont gardé malgré l'âge quelque souplesse peuvent se tordre de rire. Car cette "science", dont ils font état avec une assurance gourmande, elle ne concerne pas leur démarche (problème épistémologique) ni leur procédure (problème de validité technique).
Au contraire, certains se vantent de justifications philosophiques (notre pauvre Sartre est encore, après l'anti-psychiatrie, mis à contribution pour son livre sur les Émotions) ou bien introduisent des concepts tout naturellement et comme s'il n'y avait rien à fonder : le ça-va-de-soi du consensus réchauffant les frilosités intellectuelles leur suffit. Le seul élément proprement scientifique de leur démarche consiste en la validation des résultats, qui est statistique.
Je dois dire que le malheureux dit"psy", qui a obtenu par l'intimidation du Ministère de la Santé qu'il annule le travail de l'INSERM sur l'évaluation des psychothérapies, n'a fait qu'aggraver son cas.
D'abord parce que l'évaluation est le procès nécessaire et incontournable des activités soignantes. Ensuite parce que nous sommes peu intéressés par les résultats de T.C.-C. Pas seulement parce que notre expérience personnelle de patients - que dans le cas de phobie ou de boulimie nous avons toujours encouragés à les essayer dès lors qu'ils en formulaient l'envie - ne nous convainc absolument pas de l'intérêt de ces pratiques.
Mais parce que le résultat est prévisible. Trente pour cent de bons résultats, dès lors que la thérapie n'est pas trop offensive, autrement dit permet l'effet placebo. Guérissent ceux qui sont prêts, dès lors que l'imaginaire du protocole leur convient. Pour les T.C.-C. ! qui, en France, ne sont pas encore en harmonie avec la mentalité d'une population dont l'intelligence résiste, il est vraisemblable que les résultats sont moindres. On s'étonne d'ailleurs de la discrétion des résultats "scientifiques" c'est-à-dire statistiques, fournis dans ce volume. Manque de place ? Et pour ceux, admirables, qui nous seront avancés tels que j'ai pu les entendre lors d'une réunion d'une aimable Société de Psychiatrie de province, il faudra vérifier chaque cas. On sait hélas la faible fiabilité des statistiques "scientifiques" produites dans le champ médical.
Je promets à nos amis des T.C.-C. ! de joyeux lendemains dès lors que j'exigerais une contre-expertise, indépendante bien sûr, des chiffres qu'ils voudront proposer.
De toute façon, ne demandez pas aux C.-C. ! ce qu'ils entendent sous le vocable "science". J'ai bien sûr essayé de le faire auprès d'eux pour, dans le meilleur des cas être renvoyé à K. Popper. Réfutabilité et falsifiabilité sont les deux mamelles de la science. Ne faisons de peine à personne, mais Popper, qui a fui l'Allemagne en 33, était surtout préoccupé d'opposer à une idéologie nazie - où la biologie jouait un rôle directif, précisément - la démarche scientifique. Mais il n'était pas homme de science lui-même et étonnons-nous que nos spécialistes qui revendiquent de l'être - je l'ai encore vérifié avec Madame Joëlle Proust sur France-Culture - soient incapables d'en fournir une formulation scientifique, précisément. Quant à la définition de K. Popper, elle est facilement réfutable sans pour autant cesser d'être idéologique. Exemple : ceux qui s'intéressent à l'herméneutique savent que les interprétations qu'elle produit sont réfutables et falsifiables, sans jamais, pour autant, être scientifiques.
Est-ce dire que le protocole de la cure comportementaliste ne serait pas rigoureux ? Prenons pour exemple celui de la phobie des araignées. Vous avez besoin d'un bocal de verre dans lequel vous introduisez une inoffensive mygale. La graduation du traitement implique que, dans un premier temps, le phobique, médusé, regarde le bocal. Ensuite il avance un doigt. Ensuite il touche le bocal. Vous ouvrez le bocal : il y introduit un doigt. Ensuite deux, trois, quatre, enfin la main entière. La réussite est quand la mygale court sur sa main et que le bonheur est partagé. Le protocole ne dit pas si le patient la caresse, voire l'embrasse ni s'ils se marient.
Mais on est ahuri que dans un pays réputé intelligent on puisse sans courir de risque majeur proposer un protocole de soin dont l'obscénité est à ce point évidente, et sans que le concept de déplacement ne soit accessible à la mentalité du positiviste. Qui, dans cette affaire, est le plus atteint, de l'expérimentateur ou du phobique ? Quoi qu'il en soit l'analogie est connue pour être une figure poétique, non pas scientifique.
Nous pourrions avec l'enseignement de Lacan avancer une définition irréfutable de la science, sans pour autant en démériter. Nous nous en garderons bien, pourtant, et saluerons sa prudence quand il est ésotérique.
À bien lire les C.-C. ! on voit la maladresse de Freud quand il met à disposition du tout-venant des concepts puissants, susceptibles dès lors de servir à tous les fric-frac. Parlons-en précisément.
La psychanalyse est présentée dans ce livre comme une entreprise mensongère, trompeuse, perverse et vénale, sournoise en outre pour avoir pris le pouvoir dans le milieu intellectuel et psychiatrique française - le cash (le mot est cité) est ce qui l'intéresse - à l'insu des bonnes âmes abusées.
Des narines sensibles pourraient s'incommoder de l'odeur qui se dégage d'un style d'assertion rappelant de fâcheux souvenirs, et qui semble congruent avec ce que notre confrère lyonnais veut bien livrer par ailleurs d'aperçus sur ses engagements idéologiques.
Mais lorsque dans le champ médical une entreprise s'organise pour, s'adressant au grand public - car il n'y a rien dans l'ouvrage qui intéresse les spécialistes - dénoncer de la sorte le travail de confrères afin de largement conclure sur ses propres mérites, elle justifie d'être elle-même requalifiée : passionnelle, par sa haine contre la psychanalyse, malhonnête quand elle se réclame de la science, commerciale quand elle fait l'apologie de ses résultats.
J'ai le bonheur de recevoir un catalogue fascinant qui propose des gadgets de toute sorte destinés à pallier les pépins de la vie quotidienne : une pâte magique pour colmater les fuites de plomberie, une boîte magnétique à porter dans la poche pour faciliter l'érection, un onguent pour les rhumatismes, etc. Parmi eux, aussi, un pédiluve chauffant et massant (on pourra sûrement par caméra à positrons suivre le trajet neuronal qui diffuse le bien-être) et le super-Kegel, une sorte de bilame monté autour d'un ressort et que la dame, lorsqu'elle le place dans le haut de l'entre-jambes peut contracter et relâcher, fortifiant ainsi les muscles du vagin et des fesses. Il fallait y penser.
Eh bien, j'aurai la charité d'envoyer ce Catalogue de votre bien-être (il s'intitule ainsi) à notre ami le Dr Cottraux, en étant persuadé qu'il sera intéressé de voir que d'autres penseurs, sans s'être concertés, travaillent sur le même terrain que lui mais n'hésitent pas, eux, à aller jusqu'au bout de leurs principes et de leur talent. Le génie du soin est en effet sans limites. Il suffit d'ouvrir une histoire de la médecine pour prendre la mesure de l'inventivité des hommes quand il s'agit de répondre à leur crédulité.
4 octobre 2005