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Samedi 8 avril 2006 de 9h à 17h, Facultés des Lettres et Sciences Humaines Amphi D (Chemin de la censive du Tertre, Nantes)
L'ébranlement du patriarcat est un fait dans nos sociétés occidentales, dont le psychanalyste n'a rien à regretter. Il lui incombe, par contre, d'en mesurer les effets sur la subjectivation contemporaine.
Le symptôme se noue désormais autrement, c'est-à-dire que le Nom-du-Père a muté et que le mythe oedipien défaille à définir encore le sujet.
Parallèlement, on assiste à la montée en puissance du discours de la science orchestrée par le discours du capitalisme.
Il en résulte que le désir contourne la loi de la castration, tandis que la jouissance se revendique volontiers de l'expertise pour garantir ses objets.
Les effets cliniques de ce glissement sont repérables en maints endroits : éducation, santé, etc.
Dans l'émergence de ce "nouveau monde", quels "repères" offre le discours psychanalytique ? Sommes-nous devenus "père-sans" ? Du père aujourd'hui, est-ce souhaitable ? nécessaire ? possible ? sous quelle forme ?
Ces questions prolongeront celles explorées lors des précédentes Journées : nouveaux rapports à l'enfant, féminin, perversions ordinaires.
8h45 : accueil
9h : Régnier Pirard (Université de Nantes, Ecole psychanalytique de Bretagne),
"Ce passé du père"
La consistance imaginaire du père vient de loin. Freud l'explique par un mythe d'origine. Lacan s'est employé à l' «achever» et surtout à en démontrer la structure logique. Celle-ci s'avère travaillée par un supplément de jouissance qui excède les limites phalliques. Quelles conséquences pour la fonction "père" ?
9h30 : Jacqueline Légaut (Grenoble, Association lacanienne internationale),
"Par delà le patriarcat"
Si l'on pose que la mise en place de la fonction paternelle est indissociable de l'émergence du monothéisme, du fait de l'intériorisation des interdits et de son corollaire le refoulement, cela nous amène du même coup à considérer qu'un certain nombre de civilisations, la civilisation grecque notamment dont nous sommes héritiers, se sont structurées tout autrement.
Devant ce constat, à la suite des enseignements notamment de Lacan et de Melman, quelles remarques la psychanalyse peut-elle nous permettre d'avancer au regard de l'évolution contemporaine de notre société, qui semble vouloir se passer du patriarcat ?
10h : débat
10h30 : pause-café
11h : Charles Melman (Paris, Association lacanienne internationale),
"Papa châtré, quel plaisir !"
Un vieux fantasme de l'humanité est en train de se réaliser. Les hommes eux-mêmes s'y prêtent, bien sûr, affranchis ainsi des contraintes de la paternité. Voulons-nous déchiffrer la nouvelle normalité ?
11h30 : Sol Aparicio (Paris, Forums du Champ lacanien),
"Les parents sont-ils sexués ?"
La psychanalyse est aujourd'hui sollicitée de se prononcer sur des questions de société qui dépassent le champ clinique qui est le sien. Mais il est possible de constituer ces questions en matière de réflexion à partir des concepts psychanalytiques. En appui sur l'enseignement de Lacan, la question de la sexuation des parents sera examinée.
12h : débat
13h : déjeuner
14h45 : Marie-Claire Boons-Grafe (Université de Paris-VIII, Asphère),
"A condition de s'en servir"
Que signifie aujourd'hui cette formule, "S'en servir", qui amarre la supposition du signifiant "Nom-du-Père" au "Pouvoir s'en passer" ? Qu'est-ce que se servir de ce dont on se passe ? Commenter, interroger cette question, en réfléchissant à la solution introduite par le "sinthome", neuve écriture du symptôme, avancer à son propos quelques hypothèses.
15h15 : Sidi Askofare(Université de Toulouse, Forums du Champ lacanien)
"Le génie du sinthome"
S'il est facile de s'accorder sur les mutations sociétales qui ont suivi l'ébranlement du patriarcat en Occident, les conséquences concrètes quant à la pratique analytique (ses conditions, ses ressorts, sa solution au malaise) et le mode de subjectivation qu'elle promeut - la conversion, sous transfert, du symptôme en sinthome - restent insuffisamment explorées. Le problème urgent à examiner semble dès lors être celui de l'incidence des discours de la science et du capitaliste sur les types de symptôme mais aussi et surtout sur le transfert. Qu'est-ce qui fonde ce dernier dans un univers où le père n'est plus "celui qui mérite l'amour", où le savoir est une marchandise et où l'objet censé causer le désir est à portée de main ? Les symptômes (a)paternels sont-ils rebelles au transfert et donc structuralement inanalysables ou doit-on leur supposer un génie spécifique qui fournirait au sujet "narcynique" de la postmodernité le moyen -incompatible avec la solution psychanalytique - de se passer du père sans avoir jamais su ou pu s'en servir ?
15h45 : débat général
17h : clôture de la Journée