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Traumatismes

JFP N° 36

Érès Journal Français de Psychiatrie

2012  

20.00 €

Disponible à partir du 02/05/2012

ISBN : 978-2-7492-1466

Sommaire

Editorial

Thierry Jean

 

Au doute assaillant le psychiatre du début du XX° siècle traquant derrière la névrose traumatique la simulation ou la recherche du bénéfice secondaire succède aujourd’hui le triomphe du couple de la plainte et de l’empathie autour d’une réalité traumatique devenue irrécusable.

Comme l’indique si bien Didier Fassin et Richard Rechtman : « au cours du dernier quart de siècle, le traumatisme s’est imposé comme une figure d’appropriation originale des traces de l’histoire et comme un mode de représentation dominant du rapport au présent. »

Il en est de l’histoire collective comme de l’histoire personnelle : chacun est invité à s’identifier comme victime à travers la reconnaissance d’une expérience partagée de violences subies.

Ainsi du PTSD qui, s’il marque, après une histoire tumultueuse, la reconnaissance du traumatisme et de ses conséquences dans les classifications internationales, n’en fut pas moins un outil politique mis au service de la nation américaine pour tenter d’expurger les cicatrices douloureuses de la guerre du Vietnam.

Nombre d’ouvrages ont souligné et analysé cet empire du traumatisme sans toujours l’interroger comme une des formes d’expression actuelle de l’hystérie.

La question du traumatisme ne peut toutefois se réduire au seul champ moral de nos sociétés contemporaines.

De Freud nous avons appris que la scène de séduction à l’origine du symptôme de l’hystérique est moins réalité que reconstruction, c’est dans l’après coup qu’un événement devient traumatique.

De Lacan, nous tenons que la vérité a structure de fiction, plus encore, que le fantasme est le point où nait la vérité du sujet et qu’il couvre la place d’un traumatisme initial, lui donnant sens sexuel.

On sait que de la déflagration de la première guerre mondiale, Freud remania sa métapsychologie introduisant l’au-delà du principe du plaisir et la pulsion de mort.

Notre question est-elle différente de celle qui anima Freud ?  Question qui reste tendue au point où la pulsion de mort fait vaciller les questions d’identité et de responsabilité.

Les médecins militaires nous rappellent la permanence d’une clinique spécifique, aujourd’hui encore énigmatique peut-être en ce qu’elle ne cesse d’interroger cette question, controversée dans le milieu analytique lui-même, de la pulsion de mort.

Sommaire

Éditorial, Thierry Jean

Freud et le traumatisme, Jean-Jacques Tyszler

Le traumatisme et ses réalités, Jean-Louis Chassaing

Le traumatisme et ses représentations, Christian Lachal

De la mémoire, du trauma, du transfert, à partir de l’itinéraire de W.R. Bion, Jean-Max Gaudillière

À qui veut l’entendre, Sabine Chollet

Trauma du sujet et traumatisme du collectif, Jean-Jacques Moscovitz

Le traumatisme, bris et suture du temps, Marc Morali

Quand l’impossible relève d’un traumatisme accidentel, Jean-Luc Cacciali

Le traumatisme du point de vue de la psychiatrie de la personne, Jean Garrabé

Harcèlement moral et clinique du trauma, Stéphanie Palazzi

L’expérience de la terreur abolit-elle le partage du dedans et du dehors ?, Hélène L’Heuillet

Quelques réflexions sur la place du traumatisme collectif dans l’avènement d’une mémoire-Monde, Patrick Garcia

Traumatisme, saudade et fado , Pierre-Yves Gaudard

La lucidité féconde d’Imre Kertesz , Jeanne Bernard

Transport des animaux , Marcel Cohen