Retour sur les journées

 
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Je te demande...

Auteur : Jean Périn 17/10/2009

Bibliographies Notes

"L'épicière, l'épicière est une sorcière" chantait Charles Trenet, mais au grand jamais vous n'auriez trouvé un rat, mort évidemment, dans votre paquet de pâtes, comme cela s'est produit récemment. L'affaire fit un éclat à cause du rat. Que faisait ce rat-là ? La grande distribution consumériste produit des objets d'échange non référencés à l'un du droit mais à l'a de l'économie.

Si bien que même une somme d'argent, l'Homme aux rats nous l'enseigne, peut équivaloir à l'objet.

Et nous sommes faits comme des rats dans de captieuses comptabilités.

Ainsi une somme de 69 euros et des poussières, car il y a reste, pour une dame qui achète un ensemble de chauffe, autrement dit un four (cela se passe en Allemagne). Au bout de quelques mois la plaque émaillée du four se dégrade. Elle demande, donc son remplacement conformément aux règles tant nationales qu'européennes, le remplacement devant se faire "sans frais".

Or, le fabricant réclame à la dame la somme de 69 euros et des poussières pour l'usage du premier jour jusqu'à l'accident.

Le "sans frais" ne s'appliquerait pas seulement à la livraison et à la pose mais aussi à la période de la bonne marche du four, ce que soutient le fabricant.

Vous voyez un exemple typique du discours du maître se transformant en discours capitaliste.

En effet, dans la logique juridique classique, la perte est supportée par le maître : "res perit domino" donc au lieu du maître. C'est justice puisque par son activité il s'enrichit. Un comble : il soutint que c'était la dame qui s'était enrichie sans cause.

C'est bien le petit a qui chute et revient au maître dans le profit comme dans la perte.

Dernière remarque : la gratuité du remplacement d'un bien non conforme (sans frais) est dans le réel une substitution d'un objet par un autre qui est le même, une sorte de troc réel au sein de l'économie monétaire. La substitution entraîne un illogisme qui atteint en même temps les lois du langage.

Autrement dit : je te demande d'accepter ce que je t'offre parce que c'est ça !

C'est le matriarcat économique.


(Résumé de l'intervention aux Journées du Havre des 6 et 7 Juin sur le consumérisme).

Notes
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