Les journées Hors-association
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« C'est pour me retrouver » : Le corps et son image dans les psychoses
- Organisateur(s) : E.V-E Ecole de Ville-Evrard Formation à une approche psychanalytique en psychiatrie
- Le vendredi 10 juin 2011 de 9h15 à 17h00
- Lieu de déroulement : Neuilly-sur-Marne Chapelle de l’Hôpital de Ville-Evrard, 202, Av. Jean Jaurès à Neuilly sur Marne - 93330 (France)Google Maps
Journée assurée par les crédits généraux de la Formation Permanente de l’Hôpital.
Pour toutes les personnes concernées, remplir une liasse « Formation Permanente » et la transmettre le plus tôt possible au Service de la Formation Permanente.
Pour toutes les autres personnes, accès libre mais nécessité d’informer de votre venue le Service de la Formation Permanente le plus tôt possible également. T° 01 43 09 34 75
Il y a un paradoxe que la vie ordinaire tend à nous faire oublier, mais que les psychoses nous mettent sous le nez. C'est que ce qui arrive à l'image du corps n'a justement rien d'imaginaire. C'est même, fort souvent, terriblement réel.
Une première direction dans laquelle développer ce paradoxe est clinique et théorique. Paul Abély, à la fin des années 1920, découvre le « besoin qu’ont certains sujets de s’examiner longuement et fréquemment dans une surface réfléchissante. Ils utilisent le plus souvent des glaces, des miroirs. Leur examen porte le plus souvent sur le visage mais aussi sur l’ensemble du corps. Pourquoi? Une jeune malade nous fit un jour après des nombreuses questions infructueuses, cette réponse bizarre : "C’est pour me retrouver." » Au « signe du miroir », comme il appelle ce symptôme, fait écho le « stade du miroir » de Lacan. Comment s'établit, dès l'enfance, la permanence du Je? Comment quelqu'un devient-il « présentable »? De quelles blessures d'image bien réelles les psychoses, dans leur variété, nous offrent-elles trace? Et comment ordonner la symptomatologie foisonnante qui dérive de cette image lésée du corps (de la dysmorphophobie et de l'hypocondrie à la rencontre perturbante des doubles et des sosies)?
La seconde direction d'analyse est pratique, et vise le réel de cette image du corps. Tout un ensemble de routines quotidiennes n'ont pas d'autre but, dans les services comme au domicile des patients, que de maintenir cette image (qui est visuelle, mais aussi sensorielle et kinesthésique). Ce n'est pas du tout sauver les apparences, ce n'est pas un cache-misère. C'est bien « se retrouver », enfin. Le contenant qu'offre une peau propre, pouvoir regarder en face son reflet dans la glace, retrouver ou acquérir un visage, une posture, une façon de marcher féminine, renouer avec ses sensations, le goût des aliments ou le plaisir d'une caresse, autant d'étapes indispensables du soin psychique. Mais ce soin-là, si décisif soit-il, est mal connu, et surtout peu reconnu. Il est prodigué dans un certain silence, avec trop de discrétion, peut-être, car avec le corps, tant des choses "vont sans dire", et celles qu'on pourrait dire touchent de trop près une intimité fragile. C'est pourtant en prodiguant ce type de soin que le contact s'établit souvent avec profondeur et efficacité. Ce que l'aide-soignante, l'esthéticienne, le moniteur de sport et l'infirmière connaissent dans leur rapport aux malades, l'entretien oral peut juste le constater. Encore faut-il que cette connaissance pratique du corps du psychotique et de son image puisse être rendue public.
Cette journée s'efforcera d'établir un dialogue plus serré entre soignants autour de la question du corps et de son image, sollicitant ceux qui travaillent avec les enfants et ceux qui travaillent avec les adultes, mais aussi une gamme d'intervenants plus large, en espérant toucher psychiatres, infirmiers et aide-soignants, médecins généralistes, ergothérapeutes, psychologues, psychomotriciens, etc.
Réunions préparatoires
Enseignements
Programme
MATIN
Xavier LALLART, Psychiatre à Ville-Evrard, Chef de service du 10ème Secteur
Qui m'envoie ces serpents qui sifflent dans ma tête ?
Alain BELLET, Psychologue à Ville-Evrard, 15ème Secteur, Psychanalyste :
Avec l’Antenne infirmière du Secteur 15
Pas sans mal.
Rémy SEGUIN, Chargé de la Communication à Ville-Evrard
Représentations de corps.
Table ronde : Jean-Jacques Tyszler, Olivier Douville, Bernard Vandermersch,
Pierre-Henri Castel, Alain Bellet
APRES MIDI
Dr SARAVANE, médecin généraliste à Ville-Evrard
Le corps et la psychose
Pierre-Henri CASTEL, Directeur de recherche CNRS, Psychanalyste.
Quelques éléments de l’histoire de l’hypocondrie qui donnent à réfléchir.
Eva GOLDER, CMPP de la MGEN, Psychanalyste.
L’enfant psychotique au miroir.
Modalités d'inscription
Renseignements : A. BELLET 06 60 67 20 35
