Les journées Internationales
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Études théoriques et cliniques du cognitivo-comportementalisme
- Organisateur(s) : Association Lacanienne Internationale
- Responsables : Jean-Louis Chassaing, Thierry Florentin, Charles Melman
- Du samedi 12 juin 2010 au dimanche 13 juin 2010 de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 17h30
- Lieu de déroulement : Paris Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, 105, boulevard de l'Hôpital - 75013 (France)Google Maps
Amphithéâtre E
- 01 42 60 14 43Email: secretariat@freud-lacan.com
Nous assistons à une résurgence du biologisme, idéologie qui occupa les esprits scientifiques et populaires de l’Occident durant la première moitié du siècle. Pavlov, Jackson en font partie.
Cette théorie avance que les pensées et les conduites sont déterminées chez l’homme comme chez l’animal par les réactions d’un organisme habité par la mémoire de ses expériences.
Ainsi en psychiatrie, pour expliquer la folie, l’organogénèse – cohérente avec la démarche médicale – s’impose contre la psychogénèse – domaine de la spéculation littéraire, philosophique voire psychanalytique.
Au regret manifesté par Freud de devoir s’exprimer dans le langage de la psychologie, Lacan opposa que la dénaturation de l’organisme par le langage le soumettait aux lois de la topologie.
De toute façon, la psychanalyse interroge le statut de ce qui se proclame “scientifique” et qui s’offre comme le dévoilement de l’ordre même du monde, indépendamment de la subjectivité et de ses fantasmes. Car le critère de la scientificité voulu par K. Popper, soit la réfutabilité de ses thèses, n’empêche pas qu’elles se propagent et s’imposent en pratique comme autant de vérités.
Or les crises que connaissent périodiquement les thèses scientifiques sont précisément liées à leur contestation par le “c’est pas encore ça” venu de la subjectivité.
Si la psychanalyse n’a pas le statut scientifique c’est parce que le “c’est pas encore ça” s’articule chez chacun à partir de déclinaisons différentes sans pouvoir se référer à l’une qui ferait modèle parce que sa formalisation serait belle et bonne, et juste.
À l’opposé on retrouve dans la prétention du cognitivo-comportementalisme d’être “scientifique” la vocation à un impérialisme et à un totalitarisme qui ne se manifeste pas seulement dans le domaine de la santé. Car ses conséquences éthiques et politiques sont connues.
Rappelons pour mémoire – la nôtre est bien courte – que le biologisme fut la référence justificatrice des totalitarismes européens, leurs thèses raciales y compris.
Le désarrimage de l’individu de son rapport singulier à l’ordre interne qui l’habite – Lacan disait que les dix commandements n’étaient rien que les lois de la parole, pas besoin de Révélation – le rend apte en effet aux pires servitudes, de consommations incluses.
Puissent ces journées nous éclairer sur les divers courants des T.C.C. (elles n’ont pas de doctrine puisqu’elles ne se réfèrent qu’à elles-mêmes), du type de transfert qu’elles suscitent, de la réponse qu’elles appellent puisqu’elles font maintenant autorité pour le Ministère de la Santé.
Charles Melman
Réunions préparatoires
Enseignements
Programme
Samedi matin 12 juin de 9 h 30 à 12 h 30 :
Président de séance : Martine Lerude
Discutant : Jean-Pierre Lebrun
Thierry Florentin : Présentation des Journées
Jean-Louis Chassaing : Les deux pieds dans le sable et les deux mains dans la…
Marc Crommelinck : « Neurosciences et culture » ou l’illusion d’un divorce
Olivier Rey : Les TTC comme symptôme social
Michael Plastow : The “theory of mind”, la théorie de la théorie
Samedi après-midi 12 juin de 14 h 30 à 17 h 30
Président de séance : Jean-louis Chassaing
Discutant : Marc Morali
Louis Sciara : Les enjeux cliniques et éthiques de la logique cognitiviste dans les institutions de soins
Pierre-Henri Castel : Quelques points méconnus d'histoire et d'épistémologie des thérapies comportementales et cognitives
Catherine Morin : A la poursuite de la First Person Perspective. Une recherche sans fin ?
Stéphane Thibierge : Clinique de l’imaginaire
Dimanche matin 13 juin de 9 h 30 à 12 h 30 :
Président de séance : Jean-Jacques Tyszler
Discutant : Stéphane Thibierge
Paula Cacciali : On n’apprend pas à parler. Ce que la clinique de l’autisme nous enseigne.
Christine Gintz : TCC et Classifications internationales: Une convergence de structure ?
Dominique Janin : Quand le transfert insiste
Jean Brini : Nécessaire incomplétude d'une science exacte de l'esprit: une écriture du singulier est-elle possible ?
Marie Jejcic : De quelques conséquences de l’atteinte au langage, notamment dans les Universités.
Dimanche après-midi 13 Juin de 14 h30 à 17 h30:
Président de séance : Jean-Pierre Lebrun
Discutante : Hélène L’Heuillet
Pierre Christophe Cathelineau : Quelle théorie du sujet et du langage pour le cognitivo-comportementalisme?
Hubert Ricard : Sur les principes du cognitivisme
Charles Melman : Les TSS
Nos invités :
- Pierre-Henri Castel est philosophe et psychanalyste. Directeur de recherches au CERMES3/CESAMES, Centre de recherches Psychotropes, Santé mentale et Société (Université Paris Descartes, CNRS-INSERM. Derniers ouvrages parus : L’esprit malade, cerveaux, folies, individus. Ithaque 2009. A quoi résiste la psychanalyse. PUF 2006.
- Marc Crommelinck est professeur émérite et chercheur en neurophysiologie à la faculté de médecine de l’Université Catholique de Louvain. Derniers ouvrages parus : Neurosciences (avec Nicole Boisacq-Schepens). Dunod. 4ème édition ; Neuro-psycho-physiologie. (avec Nicole Boisacq-Schepens). coll. Abrégés. Masson. 3ème édition.
- Michael Plastow est pédopsychiatre, psychanalyste à Melbourne (Australie)
- Olivier Rey est chercheur au CNRS et enseignant à l’Ecole Polytechnique. Derniers ouvrages parus: Une folle solitude. Le fantasme de l’homme auto-construit. Seuil 2006. Itinéraire de L'égarement. Du rôle de la science dans l'absurdité contemporaine. Seuil 2003
Tarif
- Individuel100 €
- Etudiant60 €sur présentation de la carte universitaire
- Formation continue150 €
