Théorie psychanalytique

 
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Tornada, une histoire de bords

Auteur : Ana Sosa-Hebert 14/09/2007

Bibliographies Notes

La Bruyère : "les sots lisent un livre et ne l'entendent point ; les esprits médiocres croient l'entendre parfaitement ; les grands esprits ne l'entendent pas tout entier."

Si la structure essentielle de la demande requiert comme condition d'être entendu au-delà de ce qui est dit, "c'est au-delà du signifiant à travers lequel vous cherchez à signifier quelque chose que malgré tout, vous signifiiez toujours autre chose. C'est là la satisfaction, car à ce signe, l'Autre reconnaît cette dimension que vous ne pouvez pas signifier comme telle, à savoir la dimension du désir" La demande concerne tout parlêtre dans sa venue au monde pour autant que comme organisme vivant il rencontre la parole. Si l'anatomie , n'en détermine pas le destin sexuel, peut-on cependant affirmer qu'elle n'a strictement aucune incidence dans la structure ?

La fonction phallique, dont rend compte la partie basse du tableau de la sexuation ne produit que des rapports homosexués, chacun n'ayant rapport qu'au phallus, bien que dans une dissymétrie. En effet, du même coté du tableau le fonctionnement s'avère différent selon que ce soit un homme où une femme qui vienne y prendre place. Cliniquement nous pouvons repérer chez l'hystérique qu'elle peut faire l'homme et même mieux : "le viril c'est du côté de la femme, c'est la seule à y croire" nous dit Lacan. De même, un homme en position féminine, ne résout pourtant pas l'énigme, voire la crainte que suscite son rapport à une femme. L'ensemble des quanteurs logiques qui figurent dans la partie haute du tableau met en évidence des relations logiques qui permettent de se dégager un tant soit peu des incidences fantasmatiques quant à ce qui est visé dans l'une et l'autre position et leur fonctionnement, ce que Lacan précise dans "Le savoir du psychanalyste" Afin d'éclairer ces questions je me propose de reprendre le refoulement dans les trois registres - Réel, Symbolique et Imaginaire - et les conséquences logiques qui en découlent selon que ces opérations affectent un corps féminin ou masculin.

"Les choses [le Réel] peuvent être dites comment se comporter. C'est nous qui découvrons comment elles font. Le tournant est qu'il faut que nous les imaginions. Ce n'est pas toujours facile car il faut quelques précautions oratoires, c'est-à-dire... parlées" nous dit Lacan, où l'on entend la difficulté à penser la structure en termes de nodalité. C'est dans ces termes que j'entends me servir, pour rendre compte des trois refoulements, du phénomène physique de la tornade, "structure" nécessitant certaines conditions pour sa mise en place.

Il s'agit d'une colonne d'air qui prend naissance à la base d'un nuage appelé Cumulonimbus, dont l'étymologie n'est pas sans intérêt pour notre affaire : Cumulus veut dire amoncellement, amas, comble, surplus, surcroît et Nimbus, nuage de traits, de fumée, poussière, pluie, nuage enveloppant les dieux. Il n'y a qu'un seul moyen de formation de la tornade, soit la rencontre de deux masses d'air de températures radicalement différentes provoquant la formation d'un tourbillon. La vitesse du vent, du flux à l'intérieur d'un tel tourbillon est très importante et la pression chute à l'intérieur du tourbillon : il suffit, alors, d'une poussée de la surface de la terre vers le haut pour générer une tornade si l'entonnoir nuageux touche la surface de la terre. Elle se déplace en suivant une trajectoire tributaire du déplacement du nuage, ce nuage de "traits", d'où elle pend. On peut la repérer, la suivre à la trace. Si la pression monte, le vide central disparait, ne laissant plus que des vents violents ; autrement dit, pour qu'elle tienne, il faut poser l'impossible de la réduction du vide central : cela ne l'empêche pas de se déplacer en laissant une trace inscrite dans une surface, même si ce n'est que du vent.

Posons le refoulement réel comme résultat de la rencontre d'un organisme humain qui a des besoins et le langage, où "ça parle", dimension du symbolique, en tant que flux discontinu. Ce flux du langage, flux de signifiants dont la propriété est la pure différence, est à entendre dans les vents violents de force contraire, vents de tempête où "tout obstacle est appelé à s'éliminer à titre d'impureté", nous dit Ch. Melman. Dans ces conditions, un sujet est en peine de venir habiter le langage, n'ayant pas la possibilité d'attribuer un lieu d'où ça se mettrait à parler, lui permettant de se repérer vis-à-vis de ce flux du "ça parle" Pour cela il faut encore la possibilité d'être pris dans ce qui peut contrarier ce flux, à savoir, les lois de la parole, métaphore et métonymie. Elles imposent leur logique au signifiant : un élément est lié au précédent par une règle explicite, contrariant ainsi ce flux. Et c'est à cette condition qu'un sujet a la possibilité de situer un lieu "d'où ça parle" différent de ce "ça parle", lieu nécessairement Autre que lui. Dès lors ces signifiants lui viennent donc d'un Autre lieu qui le suppose du même coup comme "quelqu'un d'où ça parle", place vide dans l'Autre où le sujet peut advenir.

Le symbolique, par le jeu métaphoro-métonymique creuse un trou dans le réel, met en place un vide central à partir d'une différence (le différentiel des vents). Il n'y a qu'une différence : "il y a d'l'Un" dont la cause, ce qui l'ordonne, ce qui "commande" la structure est la chute (de pression), le trou : le un qui fait zéro. "Tout un est susceptible de s'écrire d'une lettre, c'est ce qui ne cesse pas de ne pas s'écrire, non-sens radical qui tient au réel de la lettre : Le "un" s'écrit a" (J. Lacan).

Le signifiant ne pouvant pas saisir l'objet en fait le tour : première inscription métonymique de la béance structurale en tant que manque, qui met en place la pulsion. Ainsi, «...le rien qui répond à la demande, faute pour le signifiant de saisir ce qui est, en tant qu'il ne peut pas être réduit, dissout par le signifiant, creuse un trou dans le réel. C'est la réponse du réel à l'insistance de la demande" (Ch. Melman) Ce vide central peut alors être perçu comme référent dans la mesure où tout lui tourne autour. À partir du refoulement réel, nous pouvons dégager, tiré à quatre épingles, les termes de Sujet comme effet du discours, d'Autre en tant que lieu où "ça parle", d'objet (a) à la place du commandement qui ordonne la structure du fait de sa soustraction, impossible propre à la structure, et de l'instance référentielle, le référent qui s'y instaure. Ce nouage du Réel et du Symbolique, comporte une certaine labilité, sans garantie ni fixité de la place du sujet dans l'Autre, dès lors que reste énigmatique ce que l'Autre me veut. Tant que ce X référentiel n'est pas déterminé, le sujet est forcé de renouveler ses efforts à chaque fois, pour tenter de clore la question posée par l'Autre en fonction du réel qui l'interroge.

Le refoulement symbolique n'est pas sans la Lecture, l'interprétation qui pourra être faite ou non, de cette structure : il faut déjà supposer quelqu'un (dans le sens d'un quelconque) qui soit en mesure de lire. La métaphore paternelle est la lecture de la "raison" du vide central, comme étant l'effet d'un interdit proféré par le père. Rappelons que le pouvoir du symbolique tient au pouvoir d'engendrement (1) du signifiant, engendrement du sens à partir du réel. Ce trait est symbolisé par le père en tant que représentant de ce pouvoir d'engendrement qui, dans le langage, est celui de la métaphore (il y à de quoi s'é-pater !), cela venant "naturellement" le désigner comme étant la cause du sujet, ce qui fait commandement, son origine, le "géniteur" du sujet. (2)

Désormais il y a un X qui peut se soutenir dans cet au-delà de la fonction référentielle (ce vide central de la tornade) en tant qu'exception, fonction de l'instance paternelle : au-moins-un qui ne se réfère pas à ce référent, puisqu'il en est la cause, "nécessité logique qui ne s'impose qu'au niveau du pari, rien ne l'impose." C'est donc par une métaphore que la cause, nommée, revient au père, ce dont rend compte le mythe oedipien : substitution de la cause énigmatique par le signifiant du nom du père. L'instance phallique résulte alors du refoulement du phallus, castration symbolique commandée par le père, qui se constitue en exception dans le même mouvement.

Ce vide central dans la tornade où nul objet ne se trouve, devient par cette lecture évidé d'un objet : perte symbolique d'un objet imaginaire, qui induit à son tour un manque vis-à-vis de cette perte.

Nous pouvons dire, alors, que le manque à avoir qu'engendre la frustration de la demande se métaphorise en perte dans l'être symbolisé par le phallus, par la castration, au moment de la découverte, par l'image, de la différence sexuelle (cf. "Le stade du miroir) "Le corps comporte la vie (sexe) et la mort... Rapport métonymique de l'objet a au phallus." Cela dispose ainsi de bords différents, Des limites différentes à l'égard du trou, de la faille. (3)

Pour un homme, renoncer à l'objet et à sa jouissance - ce "ça-crie-fils" - l'autorise à l'exercice d'un désir légitimé par le père, certes, mais limité aux seuls désirs prescrits par lui dans l'idéal, l'accès à la jouissance phallique consistant à travailler pour la gloire dudit père. Autrement dit, l'effet de ce pacte est de lui garantir une place dans l'Autre, en légitimant le nouage du réel au symbolique ce qui le rend relativement stable, fondement de la croyance. En tant que sujet divisé d'avec le père, il peut maintenir un semblant d'être (sujet du fantasme) garanti par ce père dans l'Autre, remettant son désir à sa charge, en tant que fils. En même temps, cela fige la dialectique entre perte et manque, limites qui font bord au trou, laissant masquée la privation, propre à la structure.

C'est de cet impossible rapport avec le père que s'affirme son commandement comme dogme. "L'homme" du fait de partager le pouvoir d'engendrement avec le père, est tout dans la castration. Il est tout inscrit dans le symbolique par sa nomination en tant qu'homme, dans la lignée des ancêtres lui assurant une filiation : il est tout Un. Dès lors il peut se fonder et se réclamer comme sujet désirant à partir de la nomination par le signifiant dont il est l'objet (être fils) : il parle au nom du père. Evidemment le prix à payer est que tout ce qui n'est pas autorisé par le pacte en termes de désir est source de culpabilité. C'est de là que le mythe oedipien prend consistance. L'amour pour le père dès lors divinisé est pour lui une nécessité logique qui lui assure d'avoir le phallus symbolique. En termes de structure, il est divinisé dans la mesure où se produit une coalescence entre l'objet cause du désir et le signifiant du manque dans l'Autre. Dès lors une femme viendra incarner pour lui Dieu, sa vérité, l'Autre sans la barre, autrement dit, "La femme" ou tout du moins son substitut, laissant planer l'illusion que la vraie est quelque part, manière de l'homologuer avec l'au-moins-un, l'exception qui le fonde.

Alors qu'une femme, ayant consenti à la perte, mais privée du trait qu'il faut pour être nommée, n'est pas toute dans la castration, elle ne peut que perdre du rien, ce qui ne semble pas du tout évid(a)nt ! Elle a beau sacrifier tout ce qu'on veut - son désir, dans la position hystérique, par exemple - ça-ne-crie pas fille ! Mais s'inscrit précisément dans le symbolique comme le signifiant du manque dans l'Autre, drôle d'inscription s'il en est, qui ne fonde aucun universel féminin. La référence au père comme fondateur de sa subjectivité dans la visée de l'exercice légitime de son désir, rencontre un impossible : de son coté, il n'y a qu'une absence de trait, façon dont le symbolique attrape l'image du corps. Cette perte du rien ne se trouve-t-elle pas masquée, positivée par l'amour du père, voire l'amour tout court, aussi n'est- elle pas prête à consentir à la perte de cet amour, seule "garantie" de son existence ? Être le phallus imaginaire, s'en faire la représentante devient nécessaire pour se faire aimer et ainsi réussir aussi à l'avoir. À l'occasion, ne fait-elle pas la coalescence entre l'objet cause et le phallus qu'elle semble viser côté homme, se mettant au service du moi idéal qui recèle l'objet d'amour et l'objet de désir en vue d'une reconnaissance imaginaire ? Certes, il lui reste encore la maternité comme voie d'accès possible à un semblant d'être qui peut l'introduire à la dimension de la perte, le fameux baby-blues, sans résoudre pour autant sa carence de statut symbolique en tant que femme. Sa place dans l'Autre n'est pas garantie et le nouage réel et symbolique garde une certaine labilité. Ainsi, son désir n'est pas autorisé par le père, non plus que son dire, ce qui permet d'affirmer qu'une femme n'a pas de parole.

Faut-il, alors, la rayer de la carte des parlêtres, ou bien, tenant compte de la structure, pouvons- nous penser que sa parole peut s'autoriser de a et non du père ? Quant à son désir, l'affaire n'est pas moins problématique, puisque non légitimé, aussi bien que le désir d'un homme dès lors qu'il n'est pas en accord à l'idéal paternel.

Quand homme et femme se référent au père divinisé, la fonction phallique, vis-à-vis de laquelle ils ont à se situer, se trouve figée en tant que norme nécessaire, d'où surgit le sens, organisant pour le coup le discord de l'être et de l'avoir et un sens à prétention univoquela norme-mâle. C'est qui est curieux c'est que, dans ce dispositif (à partir de la pure différence, d'où surgit l'instance phallique), la question de la différence sexuelle se trouve réduite à l'être et à l'avoir : les deux sont en rapport au phallus, laissant tous des Uns d'un côté et toutes des Autres, de l'autre. Alors que si la structure relève de la logique du pas-tout, il faudrait plutôt dire, pour une femme : pas toute Autre, ce qui, à être pensé, ne va pas de soi.

"Chacun de nous doit être considéré comme un Un ou alors Un entre autres, ou peut-être le Un en plus du sujet par opposition à l'Un en moins qui est le grand Autre" dit Lacan. Alors, en quoi les deux partenaires diffèrent-t-ils au-delà du fantasme?

Position masculine et féminine ne vont "pas l'un sans l'Autre". Si nous considérons qu'homme et femme sont "des dires" différents, aussi bien qu'ils n'entendent pas de la même oreille, ce que la clinique nous montre, d'ailleurs, c'est peut être parce qu'ils sont chacun en rapport à une limite, à un bord différent pour des raisons de structure. De sorte que la formule "pas l'un sans l'Autre" peut se lire pour les deux positions sexuées : ce qui se désigne par l'un étant le sujet, comme effet du discours, et l'Autre tenant son altérité de faire fonctionner une limite différente. La position féminine semble surtout concernée par le manque (la fameuse insatisfaction féminine !?) participant d'un "Autre infini virtuel", alors que la perte lui reste masquée, pour la simple raison qu'elle ne saurait être châtrée ; et la position masculine semble avoir affaire à la perte, participant d'un "Autre infini actuel", marqué de la castration, et de ce fait même, le manque lui reste masqué par son fonctionnement dans la logique du tout-phallique. C'est dans ce sens que j'entends la formule de Lacan : "Ils [homme et femme ] se font bord l'un à l'autre autour de a". Hétérogénéité partagée avec les lois de la parole.

Ces limites différentes font penser, justement, aux limites propres à la métonymie et à la métaphore. Pour la métonymie c'est la tentative de serrage de l'objet qui se heurte au non-sens, dont la jouissance réside dans l'enchaînement, interprété comme une menace puisque l'objet reste énigmatique ; et pour la métaphore c'est la tentative de nommer l'objet qui produit un effet de sens, qui se heurte au manque du sens ultime (le symbolique ne viendra jamais à bout du réel), dont la jouissance réside dans la création d'un signifiant plus un désir. Pouvons-nous penser ces limites différentes, reprises dans le manque, en tant que métonymie de la béance, pour ce qui est du pulsionnel ; la perte, en tant que métaphore du manque, mais aussi remaniement du manque concernant cette perte, à savoir participant du sexuel, cette fois-ci ? Cela pourrait rendre compte des deux versants de l'objet aversant métonymique pour l'objet de la pulsion, première inscription du manque, et versant métaphorique pour l'objet cause du désir, dans la mesure où dans toute métaphore se produit un reste. Lacan nous rappelle que "La réalité la plus sérieuse pour l'homme, la seule, considérant son rôle à soutenir la métonymie, ne peut être retenue que dans la métaphore" Cliniquement, le glissement vers le non-sens dans la métonymie, me semble correspondre à la poussée vers la psychose chez l'hystérique qui récuse la limite de la perte (à l'oeuvre dans la position masculine), aussi bien que l'obsessionnel récuse le manque chez la "dame" et mise sur le tout sens.

Lacan posait la relation avec le partenaire non pas en termes d'exclusive, mais dans la connaissance d'une alternance célébrée comme telle, non pas dénoncée. Prendre acte de cette faille nous amène, donc, à considérer la fonction de "partenaire", tenant compte leur mutuelle dépendance et leur différente position.

À partir de ces remarques, quel lien possible dans le conjugo ? Une des difficultés consiste à maintenir l'énigme quant au partenaire : ni réponse qui ne peut être que fantasmatique, ni résignation à cet irréductible apparent qui pousse à jouir de la déception, célébrer le ratage. Autrement dit, il s'agit d'être Dupe d'un réel.

Dans les temps logiques, lever la fixation qu'o-père (divinisé ?) le renoncement rend possible la dialectique entre perte et manque, de manière à ce que la privation (faille) propre à la structure, masquée par le père, puisse être prise en considération, par leur tissage. La sortie du discord est alors concevable comme des moments de conclure, des pas de sens qui se succèdent de la mise en jeu de l'insensé avec le peu de sens de l'idée de mesure (le un phallique).

Si ce qui peut faire lien n'implique nul rapport entre les sexes, le lien conjugal, voire, le lien tout court, est peut-être à considérer comme lien de nodalité entre trou, manque et perte, en tant que nouages différents. Se sortir du discord (4) d'une façon un peu moins bête, contingence du phallus oblige, voilà le pari à relever dont nous ne semblons pas sortis de l'auberge, y compris dans la tentative actuelle de nous en tenir au tout pulsionnel où nous nous trouvons dé-bordés.

L'amour prend donc sa source sur trois fois rien. Mais comme un rien vaut mieux que deux tu l'auras, alors avec trois nous sommes servis !

Notes

(1) D'ailleurs, Lacan, nous fait remarquer que nous ne pouvons pas savoir ce qu'est le père réel, à moins de le situer comme étant le spermatozoïde, ce dont aucun parlêtre ne se réclame, bien entendu !

(2) Il est intéressant de voir ce que l'étymologie peut nous dire là-dessus "géniteur" du lat. genitor : susceptible de produire, fécondant; dérivé de genitalis : qui engendre (d'où un seul sexe), dérivé de gignere : engendrer, générer... mais aussi mettre bas, faire naître ! Apparemment il y aurait, étymologiquement parlant, un glissement de l'équivalence faite entre "faire naître" dans le sens de la fertilité et "générer" dans le sens de la fécondité, à une différentiation que l'on retrouve aussi pour "invention" : invenire, trouver, découvrir et "création" de cresco : faire naître, produire, croître.

(3) Dans la névrose, cette perte censée opérer une fois pour toutes se présente comme renoncement, cession dudit objet à l'Autre, ce en quoi le sujet conserve la maîtrise qui laisse supposer sa récupération.

(4) Petite recherche étymologique à partir du mot discordconflit, du latin Conflictus qui veut dire heurter contre, confligere, ce à quoi nous conduit ordinairement le ratage. Par un petit glissement nous arrivons à confligo qui s'est trouvé me convenir pour préciser ce qu'il pourrait en être du rapport sexuel - en tant qu'il n'y en a pas - à savoir : heurter ensemble, faire se rencontrer, mettre aux prises... en venir aux mains... eh oui, on n'y coupe pas vraiment!. Et le mot suivant n'est autre que confluo : couler ensemble, joindre ses eaux, se réunir qui rappelle étrangement une des tentatives les plus usuelles qui est celle de l'amour pris comme pansement envisageable de la faille dans l'Autre aussi bien que l'oubli, la négation, la suture de la création.

Bibliographie

Les formations de l'inconscient, J. Lacan

La logique du fantasme, J. Lacan

Encore, J. Lacan

Le savoir du psychanalyste, J. Lacan

Moment de conclure, J. Lacan

Ou pire..., J. Lacan

D'un Autre à l'autre, J. Lacan

Les non-dupes errent, J. Lacan

Nouvelles études sur l'hystérie, Ch. Melman

Refoulement et déterminisme des névroses, Ch. Melman

La nature du symptôme, Ch. Melman

Essais sur la topologie lacanienne, M. Darmon

Notes
Bibliographie