Théorie psychanalytique

 
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Réunion sur la passe

Auteur : Collectif 29/07/1993

Bibliographies Notes

R. Chemama - fait une première remarque. L'absence prévue de jury pour la passe et la reconnaissance de l'analyste a des effets sur l'accueil, la demande d'être membre de l'AFI, qui deviendrait dans cette hypothèse la seule reconnaissance.

L'engagement au travail ne pourrait plus être la seule détermination à envisager dans l'acceptation.

- une deuxième. Il est constatable qu'il existe un désir chez la plupart des analysants en fin de cure ou commençant la pratique d'en parler à un autre analyste que le leur.

C'est un travail qui procède de la cure mais ne peut se faire dans la cure.

Il s'agit de ne pas rester dans ce travail au niveau d'une subjectivité hystérique mais de passer à une autre énonciation. Il s'agirait de mettre en place cette fonction du tiers devant lequel parler et conceptualiser.

Dans la demande de faire partie de l'AFI, il y a surtout une demande d'avoir un retour sur le trajet effectué. Il ne faudrait pas laisser "collés" la demande d'être membre et ce besoin d'élaboration.

Si les analysants ne se sentaient pas autorisés d'aller parler à un tiers il y aurait risque d'analyse infinie...

Quelles sont les formes possibles de cette adresse ?

On a imaginé que le demandeur pourrait rencontrer un cartel de personnes lui permettant de passer à une position de subjectivité " seconde ". Par exemple en l'engageant et le soutenant dans un travail écrit dégageant la dimension transmissible de son expérience.

D'où l'idée d'inventer sa passe.

Prise en compte que l'effectuation a bien eu lieu. L'idée de Lacan était : pas de conception a priori, la forme même dépendrait de chacun.

Inventer son noeud (écrire son noeud)

L'objet a défini par la nodalité induit une autre dimension du 1/3 qui ne viendrait en tiers dans le couple imaginaire analysant-analyste mais en tiers dans ce couple imaginaire-symbolique comme effet de sens réel - RSI.

Cet effet de sens réel ne se produirait pas forcément dans l'analyse.

C. Melman - Nous pouvons maintenant nous engager à évoquer des effets de sens d'ordre réel. L'échec de la procédure de la passe, c'est extrêmement simple : qu'est-ce qui constitue le point limite d'une ana-lyse ?

Pour Freud : il s'agit de restituer l'analysant à la vie sociale avec un certain agrément, une tolérance ; il s'agit de viser un agencement (plus) harmonieux avec l'instance phalllique.

Pour Lacan : il y a un au-delà qui démystifie complètement la question et qui est agencé autour du dévoilement du caractère de leurre de l'instance phallique, et le caractère primordial de l'objet a dans la naissance du désir.

Il s'agit d'arriver à un rapport non plus agencé par le leurre mais par une correction [de ce leurre ?] à l'endroit de l'objet cause du désir. C'est le point ultime auquel un parlêtre peut arriver.

La conséquence en est une relativisation des valeurs dans lesquelles nous vivons ce qui ne veut pas dire susciter de nouvelles valeurs ni de les rendre caduques mais de ne plus faire de nous des " accros " des valeurs. Ce qui doit aboutir à un effet de pacification (considérer ces valeurs pour ce qu'elles sont), à une division du sujet à l'égard des valeurs qu'on peut voir dans d'autres milieux mais qui est spécifique de la démarche analytique.

Ce n'est pas pour autant le goût du rien (nous ne sommes ni cathares, ni mystiques) auquel sont arrivés quelques collègues qui sont passés dans la procédure de la passe avec comme séquelles une valorisation du processus lui-même.

Nous pouvons démystifier la passe.

A partir du moment où s'opèrent des nominations c'est soit le nom, soit le processus qui se trouve valorisé ou alors le goût du rien qui induit à se retirer.

Le groupe des AE à l'EFP devait prendre position au moment de la crise de l'EFP : il n'en est rien sorti.

S'il était vrai que l'objet scientifique était effectivement prévalent nous pourrions parler de passe collective.

Comme je le disais dans " un parking pour la horde secondaire " qui a suscité semble-t-il des (remous ?), il ne suffit que l'un ou l'autre d'entre nous ait accédé à cette position à l'égard des valeurs : ça resterait virtuel.

On nous dit : " à l'AFI qu'est-ce que vous travaillez! " Cela tient à ce que c'est cet objet qui nous occupe. Je ferais une critique à ce qu'a dit Roland. Il ne s'agit pas de répondre à un besoin " quasi physiologique " de l'analysant. La procédure évoquée donnerait corps à un Autre de l'Autre. Cette instance aurait certes un effet désangoissant en donnant raison de l'Autre.

L'ordre vient alors à s'introduire dans la procédure. Tout projet d'ordre vise à mettre un tiers entre l'analysant et l'analyste.

Toute procédure serait alors une mauvaise analyse ou une redondance.

Pourquoi la procédure casse-t-elle les groupes ?

C'est qu'elle produit une nouvelle nomenclature qui s'oppose à la précédante.

R. Chemama - souligne que, peut-être, S(A) ne peut vraiment être articulé dans l'analyse. Une analyse laisserait dans l'idée que l'analyste reste quand même détenteur du dernier mot. Le dernier mot pour Lacan : motus.

L'instance proposée éviterait (un climat ?) de transgression.

J.P. Hiltenbrand - La rencontre d'un tiers peut sans doute être une tentative de récupérer l'Autre de l'Autre mais elle peut aussi être l'occasion pour le sujet de passer du discours hystérique au discours analytique.

C. Dorgeuille - Il y a dans le séminaire d'un Autre à l'autre des réponses à cette question.

P. Bastin - Ce temps de consulter un tiers est quasiment physiologique dans la cure.

R. Chemama - Peut-être que ça " marche trop bien " dans l'AFI. Une association est nécessaire pour qu'un travail soit effectif. Il faut dire aussi ce qui fonctionne.

C. Landman - Il y a une nécessité " physiologique " de la passe à ce que l'analysant puisse en rendre compte mais il y a aussi une nécessité " physiologique " pour une association d'entendre ces " témoignages ".

B. Vandermersch - souligne l'inconvénient du terme témoignage. Toute tentative de maîtriser un processus dénature la nature du processus.

G. Balbo - Il faut éviter de fixer l'objet a. Cet objet est-il complétude ou trouage ? Pour éviter les phénomènes de foi ou croyance à propos de la passe il faut montrer en quoi et où il manque.

Il y a un rapport à cet objet que le sujet travaille avec ceux qui l'entourent.

On suggère un nombre plus important de personnes à l'accueil sans créer forcément une instance.

S. Thibierge - Quelle serait la spécificité d'un groupe d'accueil de la passe ?

C. Lacôte - Que veut dire aider les analysants ? Il y a à détacher de la question de la passe la question du récit.

Le réel de l'effet de sens n'est pas de l'ordre du récit. Dans l'analyse il y a un réel. Mettrons-nous des gardiens de l'effet de sens ?

M. Czermak - Le désir du héros tragique n'est pas le désir de l'analyste.

Pour nous l'identité n'est pas une question. Quel type de nouage assurer dans l'institution pour que chacun puisse participer ? En tout cas : pas de nomination.

C. Melman - L'EFP était organisé autour du savoir de Lacan. Il y avait les tenants et les adversaires. Le transfert de travail ce n'est pas la même chose que piquer son séminaire.

Il y a une responsabilité de Lacan à ne pas éluder. Chez nous nous avons pris d'emblée une position à l'égard du savoir de Lacan qui nous semble juste : ne pas être les héritiers ou les propagantistes.

Notre position à l'endroit du savoir, c'est ce qui distingue notre association, est correcte.Elle n'est pas éclectique pour autant. Il s'agit de se servir de la passe d'une façon plus avancée, plus évoluée que l'usage qu'on en fait habituellement.

Certains collègues nous ont quittés. Nous l'avons bien supporté subjectivement parce que dans ces cas-là ce qui prévalait chez eux était des valeurs qui ne sont pas celles de l'AFI.

Qu'est-ce qui fait intersection dans un groupe d'analystes ?

Pour Freud, les analystes veulent un chef avec... pour son groupe il s'est servi ce qu'il a découvert dans " psychologies des masses " avec les conséquences dont nous souffrons.

Ce n'était pas la position de Lacan : nous pouvons nous purger d'un tel idéal. Ce n'est pas le père mort qui peut organiser le groupe des analystes. Il y a une réponse topologique stricte. Il y a plus à attendre d'un père vivant avec toutes " ses conneries " que d'un père déjà mort (dont on sait à quel point il est castrateur).

J. Bergès - prend la question par le côté du savoir. Son analyste n'est plus supposé savoir, sa question on va la poser ailleurs...

On va changer le S2, on va changer le sujet. La question est celle de ce savoir n° 2.

E. Doumit - rappelle sa contribution à la journée de la passe et la question du métalangage.

Faut-il soulager l'association de l'altérité ?

P. De Neuter - L'AFI en fait trop ou trop peu à propos de la nomination. Il critique l'annuaire avec les mentions qui y figurent.

C. Melman - La question de la nomination est très importante. Il faut la travailler car elle est inévitable au regard de l'extérieur.

Défendre une théorie pure inapplicable n'intéressait pas Lacan. Pour lui il fallait que ça marche.

La réunion se termine par un vote indicatif. 2 questions

1. Pour le maintien de la procédure de la passe - oui : 2 non : 32

2. Pour maintenir la question sur l'élaboration de la physiopathologie du temps de la passe - oui : 28 non : 4 abst : 2

Dimanche 4 juillet 1993 à 10h 30

Notes
Bibliographie