Théorie psychanalytique

 
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Pour introduire la psychosomatique (7)

Le parler psychosomatique

Auteur : Bernard Vandermersch 16/05/2004

Bibliographies Notes

Nous éviterons le terme discours.

Il n'y a pas en effet de discours du psychosomatique au sens où Lacan emploie ce mot pour désigner certains types de lien social (discours du maître, de l'universitaire etc.).

Il s'agit seulement d'une clinique de la parole chez certains sujets parmi lesquels se rencontrent effectivement des patients dits psychosomatiques.

Dès 1963 Marty et M'Uzan décrivaient un mode de pensée particulier qualifié de "pensée opératoire" dont voici les traits principaux : elle ne tend pas à "signifier" l'action mais à la "doubler », elle a les traits du surmoi, elle suppose qu'autrui est identique à soi, elle présente souvent des phénomènes de glissements qui ne sont pas des métaphores conscientes ni des lapsus, elle semble enjamber ou court-circuiter toute l'activité fantasmatique, etc.

Aux États-Unis, plus tardivement, on a proposé le terme d'alexithymie pour désigner une certaine difficulté à signifier les affects.

Cette description a souvent été considérée comme trop caricaturale. Elle garde cependant une valeur certaine.

Elle traduit une prise de distance du sujet avec ce qu'on appelle l'ordre phallique, c'est-à-dire l'ordre "normal", celui qui est fondé sur la castration.

En effet c'est le signifiant phallique qui implique limite, dissymétrie, équivoque et... sous-entendu (car c'est lui qui organise normalement la signifiance).

Il y a chez ces sujets une prévalence d'un mode d'identification imaginaire voire d'unification imaginaire avec l'autre, au détriment de l'identification symbolique, c'est-à-dire à l'identification qui se fait à un trait signifiant de l'autre.

Ainsi ce qu'ils recherchent auprès du thérapeute n'est pas comme dans la position névrotique une garantie de la vérité.

Ces patients manifestent une certaine réticence au transfert sur un analyste vécu comme un supposé savoir.

Ils ne s'appuient pas non plus, en général, sur la foi en un Dieu. La garantie qu'ils recherchent est plutôt celle du maintien du lien totalitaire imaginaire qui les unit à un proche (père, mère, conjoint, enfant..).

Aussi se montrent ils assez souvent avides d'une relation d'affection avec le thérapeute vécu comme un semblable plutôt familier.

Notes
Bibliographie