Théorie psychanalytique

 
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Le corps à la trace (4)

Séminaire de l'année 1969-1970 "L'envers de la psychanalyse"

Auteur : Jean-Louis Chassaing 08/07/2004

Bibliographies Notes

I - Séminaire de l'année 1969-1970 "L'envers de la psychanalyse"

Lacan s'interroge sur la perte de jouissance qui introduit la répétition, celle-ci étant elle-même "fondée sur un retour de la jouissance".

La répétition est répétition d'un échec, d'une perte, où il faut situer l'objet perdu, et elle est moyen du forçage du principe du plaisir qui lui fait limite. "Dans la répétition même, il y a déperdition de jouissance".

Et c'est en s'appuyant sur le masochisme, "cette recherche d'une jouissance ruineuse", que Lacan évoque la répétition comme liée à la "fonction du trait unaire, la forme la plus simple de marque, l'origine du signifiant".

"C'est du trait unaire que prend son origine tout ce qui nous intéresse, nous psychanalystes, comme savoir".

"Le savoir travaillant au niveau le plus élémentaire de l'imposition du trait unaire produit une entropie".

Lacan conjugue ici, il s'agit d'un chapitre extrêmement difficile à comprendre, le savoir, le travail, l'énergétique, le signifiant, la marque et la jouissance.

Il reprend la question de la machine et de l'énergétique, qui ne sont machine et énergétique que parce qu'il y a du signifiant.

Quel est le travail du signifiant, plaqué sur l'énergétique, c'est de produire de la jouissance, à partir de l'émergence, par le signifiant, de l'objet perdu dans cette opération signifiante...

Lacan prend l'exemple du dessin, en tant que travail, comme énergétique, comme base antécédente du travail du signifiant.

"De nos jours (nous sommes en 1969/1970) une machine ça n'a rien à faire avec un outil. Il n'y a aucune généalogie de la pelle à la turbine". "La preuve c'est que vous pouvez très légitimement appeler machine un petit dessin que vous faites sur ce papier"... Il suffit d'une encre conductrice,... "Pourquoi ne serait-elle pas conductrice, puisque la marque est déjà en soi-même conductrice de la volupté ?"

Par la suite il fait retour au masochisme (ainsi qu'au sadisme) et au fantasme : "... radical : l'association, dans ce qui est à la base, à la racine même du fantasme, de cette gloire de la marque... la marque sur la peau, d'où s'inspire dans ce fantasme ceci qui n'est rien d'autre qu'un sujet s'identifiant comme étant objet de jouissance... Dans cette pratique érotique, la flagellation, le jouir prend ici, c'est à son niveau et à nul autre, l'ambiguïté que s'équivaut, que prend là l'identité du geste qui marque, et du corps objet de jouissance"...

C'est par la jouissance, par le trait, par la marque, c'est par le corps... Mais jouissance de qui ? De l'Autre ?

C'est "une voie d'entrée" dit seulement Lacan.

"Mais l'affinité de la marque avec la jouissance du corps même indique que c'est seulement de la jouissance, et nullement d'autres voies que s'établit la division dont se distingue le narcissisme et la relation d'objet".

Là, au niveau de la marque, de l'objet perdu, de la répétition, de la jouissance perdue, là se situent les études concernant les traces du corps.

Ici se connote la relation de l'objet a et de l'image i(a) ; a est ce par quoi "s'introduit la jouissance dans la dimension de l'être du sujet".

"Si la jouissance s'entérine du trait unaire qui l'institue dès lors comme marque, ce ne peut être que d'un faible écart dans le sens de la jouissance que ça s'origine".

"Si la jouissance est remarquable, et si elle s'entérine d'avoir la sanction du trait unaire de la répétition, qui l'institue dès lors comme marque, si cela se produit, ..."

C'est donc dans la dimension de l'entropie que s'institue la jouissance, dans la dimension de la perte, et elle s'institue du fait

1) que quelque chose est à compenser.. Qu'il s'agit notamment du plus de jouir

2) par le fait que "quelque chose, ce je ne sais quoi, est venu frapper, raisonner sur les parois de la cloche, et a fait jouissance, et jouissance à répéter".

Il y a là un savoir qui travaille, et qui travaille à partir du trait unaire, et à sa suite, de tout ce qui va pouvoir s'articuler de signifiant...

Donc : - "L'entropie est le seul point régulier de perte par où nous ayons accès à la jouissance" (cela nous amène donc à la question du a).

- "Avec mes 4 signes il suffit que ce trait unaire nous lui donnions compagnie d'un autre trait S2 après S1 pour situer le signifiant aussi licite" (le savoir en tant que moyen de la jouissance amène donc le travail.

- Ici sollicite-t'on HEGEL avec le maître et l'esclave).

II - Séminaire de l'année 1971 "D'un discours qui ne serait pas du semblant"

A propos du non rapport sexuel, "rapport non parlable", à cette carence il faut pour le parlêtre que s'élabore quelque chose qui rend possible et sous la forme de la castration, la béance qui rend possible, et sous la forme de la castration, la béance laissée dans cet essentiel biologiquement à la reproduction.

Ici Lacan fait à nouveau appel aux rituels d'initiation, avec les incisions, etc,... "Ils impriment leur marque sur cet organe particulier, organe fonctionnant comme symbole, le phallus, phallus qui ordonne en tant que tiers, en tant qu'il met dans l'impasse la jouissance...".

Donc ici : la marque, celle de la castration.

La question des insignes a à voir avec l'identité. La question des insignes a à voir avec l'objet ; mais un objet bien particulier.

Dans le séminaire "La relation d'objet" d'un tableau qui prend le soin de nous établir, Lacan, pour ce qui concerne l'opération réelle de la privation, note que l'agent de cette privation en tant qu'opération réelle, celle qui amène dans le manque d'objet le trou, l'agent en est imaginaire ; quant à l'objet, il s'agit des insignes, il est symbolique.

Ceci est à rapprocher de cet autre aspect symbolique, l'idéal du Moi, où nous pouvons donc situer le trait unaire... Question d'identité, question de sujet, question d'idéal.

Cette identité, Charles Melman dans un article du Bulletin de l'Association Freudienne (Juin 1991, n°43) note qu'il y en a 4 sortes

- L'identité imaginaire, celle qui nous collabe à l'autre.

- L'identité symbolique, justement celle qui a à voir avec le trait, avec le signifiant.

- L'identité qui est liée au lapsus, cet inconscient qui est en nous, identité liée au désir.

- L'identité qui s'effectue par le symptôme, spécifique de votre histoire.

Il nous semble ainsi que sont jetées là des bases psychanalytiques pour aborder des pathologies nouvelles, celle du trait, celle de la trace, celle des usages du corps, ce sont des bases qui demanderaient réflexion et élaboration, notamment l'usage des concepts ici présents, notamment celui de trait, aussi de marque, de trait unaire, de coche, de scarification, d'insigne.

Notes
Bibliographie