Finir son analyse : un rêve ?
Auteur : Virginia Hasenbalg 14/01/2012
Je suis face à la mer lorsque je perçois une vague qui devient soudainement géante prête à m'engloutir.
Ce rêve récurrent et sa série de variantes m'a accompagné tout le long de ma vie.
Or, curieusement, après la lecture récente du texte des Ecrits « Remarque sur le rapport sur Daniel Lagache » ,concernant le schéma optique, est apparue une nouvelle version de ce rêve.
Celle-ci est radicalement différente puisque le point de perception est inversé : je ne suis plus à ma place habituelle devant la mer, mais bien au contraire, je suis cette fois dans la mer, de l'autre côté de la vague que je vois déferler vers la côte où se trouve mon partenaire. Elle emporte un dossier avec des écrits que je vois par transparence sur la surface horizontale de l'eau.
Naturellement je me suis interrogée sur la raison de ce changement de place dans mon rêve récurrent. La lecture du schéma optique aurait-elle inspirée mon inconscient ? Cette question me paraît pertinente dans la mesure où dans cette nouvelle version du rêve je me trouve de l'autre côté du miroir plan que Lacan désigne comme étant l'Autre.
Je suis dans l'eau, je suis dans l'Autre et je vois dans la surface horizontale de l'eau un objet qui revient. Qui me revient ?
Le changement de place dans ce rêve si habituel, que je considérais inhérent à ma nature, m'a incité à abandonner la virtualité du schéma optique au profit de sa construction concrète. La saisie de l'objet dans sa substance est, j'avoue, une vieille faiblesse que je dois certainement à ma passion du tissage.
Il me fallait construire concrètement le schéma optique afin de percevoir le phénomène auquel mon rêve semblait se référer : le franchissement propre à la cure arrivée à sa fin, lorsque le miroir devient horizontal.
Quel ne fut mon émoi en découvrant que l'image sur la surface du miroir plan à 180° est, comme l'avait dit Lacan, une anamorphose... Avec un petit a.

