Théorie psychanalytique

 
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Auteur : Cyril Veken 13/04/2011

Bibliographies Notes

 

Parmi les problèmes rencontrés dans la lecture des séminaires de Lacan se pose inévitablement la question des variantes et de la valeur qu’il convient de leur accorder.

Dans quelle mesure la lecture proposée fait-elle ou non justice au dire de Lacan ? Quand s’agit-il d’une erreur manifeste, d’un contresens, d’une interprétation plausible mais plus ou moins discutable dans le contexte donné ? Il arrive que ces questions concernent des points dont l’élucidation touche au cœur même des problèmes qui donnent consistance au discours psychanalytique et qui, à ce titre, méritent toute notre attention.

C’est ainsi que nous proposons à la discussion de qui voudra bien y prendre part la remarque de Rébecca Majster sur le passage suivant de l’édition récente du séminaire Les non-dupes errent (Leçon du 15 janvier 1974, page 101) :

Le savoir masculin, chez l’être parlant, est irrémédiablement unaire : il est coupure, amorçant une fermeture, justement, celle du départ. C’est pas son privilège, mais il part pour se fermer et c’est de ne pas y arriver qu’il finit par se clore sans s’en apercevoir. Un savoir masculin, chez l’être parlant, c’est le rond de ficelle : il tourne en rond. En lui il y a de l’Un au départ, comme trait qui se répète d’ailleurs sans se compter, et de tourner en rond il se clôt, sans même savoir que de ces ronds, il y en a trois.

Comment peut-il, comment pouvons-nous supposer qu’il y arrive, à en connaître un bout, de cette distinction élémentaire ?

Ben, heureusement, pour ça, il y a une femme.

Je vous ai déjà dit que la femme, naturellement – c’est ce qui résulte de ce que j’ai déjà écrit au tableau – que la femme ça n’existe pas, mais une femme, ça peut se produire, quand il y a nœud, ou plutôt tresse. Chose curieuse, la tresse, elle ne se produit que de ce qu’ELLE IMITE l’être parlant mâle, parce qu’elle peut l’imaginer, elle le voit strangulé par ces trois catégories qui l’étouffent. Il n’y a que lui à ne pas le savoir, jusque-là. Elle le voit imaginairement, mais c’est une imagination de son unité, à savoir de ce à quoi l’homme lui-même s’identifie, et non pas de son unité comme savoir inconscient, parce que le savoir inconscient, il reste plutôt ouvert. Alors avec cette unité, elle boucle une tresse.

pour proposer l’alternative suivante à la phrase notée en caractères gras :

Chose curieuse, la tresse, elle, ne se produit que de ce qu’ELLE LIMITE l’être parlant mâle ; [noter ici le point virgule] parce qu’elle peut l’imaginer, elle le voit strangulé par ces trois catégories qui l’étouffent.

Faut-il alors noter que nous sommes en présence de deux variantes possibles pour ce passage, toutes deux également vraisemblables et consistantes dans le discours analytique, ou bien y a-t-il lieu d’en écarter une comme fautive, et laquelle ?

Qu’en pensez-vous ?

N’avez-vous pas vous-même quelques exemples de ce genre, susceptibles de nous amener à encore plus de rigueur dans notre lecture du discours psychanalytique ?

 

Notes
Bibliographie